USA : quelle équipe pour Joe Biden en politique étrangère ?

USA : quelle équipe pour Joe Biden en politique étrangère ?

Pour l’ensemble de la planète, les dernières élections présidentielles aux Etats-Unis revêtent une importance particulière, chacun selon son point de vue, ses intérêts, ses visions futures. Au vu des cinq années de frasques inédites de Donald Trump, Joe Biden était attendu comme un sauveur de l’Amérique et de son statut mondial, vraiment écorché par son prédécesseur. Les espoirs sont donc grands qu’il y ait des changements importants dans la manière de gouverner, mais ces changements iront dans quel sens ? La question est d’une importance capitale pour tous les peuples du monde car les USA s’invitent partout, rarement pour faire une B.A. Si l’élection de Joe Biden est perçue par les américains comme un retour à la normale, qu’en est-il pour les autres pays ? Particulièrement en matière de politique étrangère ?

S’il est encore un peu tôt pour être fixé définitivement, de nombreux analystes se sont déjà penchés sur la question, pour essayer de savoir quelle sera cette politique vis-à-vis des autres pays.

Un blog américain, Moon of Alabama, a publié une analyse assez réaliste en se basant sur la personnalité des membres de la prochaine équipe chargée de la politique étrangère étasunienne.

Il commence par Susan Rice, qui s’est fait connaitre à Benghazi en Lybie et est devenue célèbre par ses positions guerrières. Conseillère à la sécurité nationale sous Obama, elle est pressentie pour devenir secrétaire d’Etat.

Il y aurait aussi Michèle Flournoy, co-fondatrice du Centre pour une nouvelle sécurité américaine (CNAS), deviendrait secrétaire à la défense. Le CNAS est financé par les pontes du complexe militaro-industriel américain. La même personne est aussi co-fondatrice du WestExec Advisor qui aide les entreprises à obtenir des contrats avec le Pentagone. Un autre nom, celui de Tony Blinken est cité pour faire partie de l’équipe en qualité de conseiller à la sécurité nationale, il est aussi actif au sein d’Advisor.

Ce que nous rappelle le rédacteur de Moon of Albama, c’est que ces trois personnages, ont poussé à la guerre, avec Joe Biden justement, en 2003 contre l’Irak ! Ils ont aussi soutenu les guerres que l’administration Obama a lancées contre sept pays.

L’analyste avance que cette équipe permettra aux faucons libéraux d’exercer une forte pression pour relancer la guerre contre la Syrie et la terminer. Ils pourraient même réintroduire les programmes d’approvisionnement des djihadistes en Syrie, programmes que Trump avaient arrêtés.

En Afghanistan, les risques sont grands aussi pour une augmentation des troupes américaines, l’accord conclu entre Trump et les Talibans ayant été critiqué par Susan Rice.

La guerre menée actuellement par l’Arabie Saoudite contre le Yémen pourrait aussi être utilisé contre Mohamed Ibn Salmane pour l’amener à abandonner son poste de prince héritier, les démocrates ne l’aimant guère et Joe Biden ayant juré de l’avoir à cause de l’assassinat du journaliste dissident Jamal Kashoogi. C’est cette même équipe qui a soutenu la tentative de coup d’état au Venezuela, tentative qu’ils voudront certainement reprendre à leur manière, la première ayant échoué.

L’analyste estime que l’Asie pourrait être la partie du monde où la politique étrangère de Joe Biden pourrait être la moins belliqueuse.

Après avoir énuméré toutes ses histoires du trio qui mènera la politique étrangère des USA et du nouveau président, le rédacteur de Moon of Alabama est arrivé à la conclusion que ce régime sera la continuation de celui d’Obama et elle aura donc des conséquences terribles pour beaucoup de gens sur cette planète.

Nous savons tous que, quel qu’il soit et de quelque camp qu’il émane, le nouveau président des Etats-Unis d’Amérique ne peut que suivre la politique étrangère de ses prédécesseurs, en soutenant l’entité sioniste contre vents et marées, en poussant les pays progressistes à s’autodétruire, en fournissant (contre monnaies sonnantes et trébuchantes) aux antagonistes dans les pays où il aura joué un rôle important pour allumer la mèche de la guerre.

L’analyste a, en décortiquant le passé de chacun des membres de la prochaine équipe menant la politique étrangère des USA sous la présidence de Joe Biden, mis la lumière sur ce que sera la politique étrangère du gendarme mondial, qui continuera toujours à se comporter comme tel.

Tahar Mansour