Tunisie : un « Sidi Bouzid » bis, évité de justesse

Tunisie : un « Sidi Bouzid » bis, évité de justesse

Alors qu’il dormait paisiblement dans son kiosque anarchique, « un cinquantenaire a trouvé la mort, alors qu’un bulldozer appartenant à la municipalité de Sbeïtla (Gouvernorat Kasserine) l’a démoli », rapportent des médias. Les faits remontent à l’aube de ce 13 novembre.

Le  porte-parole du Tribunal de première instance de Kasserine qui confirme l’information a précisé,  également, que le Ministère public a ordonné l’ouverture d’une enquête. Ainsi, la Brigade des enquêtes judiciaires relevant de la Garde nationale est saisie de l’affaire.

L’enquête déterminera les responsabilités. D’après les premières informations disponibles, les agents de la municipalité de Sbeïtla ne se sont pas rendu compte de la présence de la victime dans son kiosque.

De ce fait, cet incident tragique a provoqué des émeutes dans la ville. Les manifestants ont mis le feu à une voiture et renversé un tracteur appartenant à la municipalité. En outre, les protestataires ont barré des routes et ont fait intrusion dans un certain nombre d’espaces publics et privés.

« Par conséquent, suite à la dégénération de la situation, l’armée tunisienne  est intervenue pour endiguer la propagation des émeutes dans la ville », précise-t-on de même source.

Par ailleurs, le gouvernorat de Kasserine enregistre, en général, annuellement des nombres élevés de protestations sociales. La majorité de ces protestations est violente. Et encore une fois, la colère des habitants gronde…

Dans ce contexte, suite à l’incident tragique, le chef du gouvernement Hichem Mechichi a démis de ses fonctions: le gouverneur de Kasserine; le délégué de Sbeïtla; le chef du district de la sûreté nationale; et le chef du poste de la police municipale de Sbeïtla.

Enfin, le chef du gouvernement a chargé le ministre de l’Intérieur et le ministre des Affaires locales de se déplacer dans la région, pour accompagner moralement et matériellement la famille de la victime.

Par M.M.H