Tunisie/ dix ans après la révolution : Retour à la case départ ?

Tunisie/ dix ans après la révolution : Retour à la case départ ?

Rien ne va plus en Tunisie voisine. Dix ans après la « révolution du Jasmin », le pays semble se « retrouver » encore une fois à la croisée du chemin. Les rues s’embrasent à nouveau.

Le cas Bouazizi bis, est fort à craindre alors que les affrontements citoyens-forces de l’ordre,  sont quasi-quotidiens depuis prés d’une semaine.

Le son des sirènes hurlantes ne couvre pas celui des explosions des feux d’artifice jetés depuis des toits de maisons, d’où des jeunes visaient dès la nuit tombée, à coups de pierres, un important dispositif de police et de la garde nationale (gendarmerie).

« Rentrez chez vous ! «, lance avec un haut-parleur de l’un des gendarmes, au moment où les forces de sécurité tiraient massivement des gaz lacrymogènes pour disperser les groupes présents.

En effet, des heurts ont éclaté pour la quatrième nuit consécutive dans plusieurs villes de Tunisie, où des jeunes ont pris pour cible la police mobilisée pour faire respecter le couvre-feu lié à la pandémie de coronavirus et qui a répliqué avec des gaz lacrymogènes, a indiqué l’agence de presse TAP.

A Tunis, quelques centaines de jeunes ont jeté des «pierres et quelques cocktails Molotov» sur des policiers déployés notamment dans plusieurs quartiers populaires dont la vaste cité d’Ettadhamen située en périphérie de la capitale. Les forces de l’ordre ont répliqué par des gaz lacrymogènes.

A Sfax, deuxième plus grande ville du pays, des protestataires ont incendié des pneus et coupé des routes, selon des médias.

Des heurts ont également eu lieu à Gafsa, où les habitants protestaient contre la destruction par les autorités d’un point de vente informel, selon les mêmes sources.

Des échauffourées ont également éclaté au Kef, à Bizerte (nord) et Kasserine (centre-ouest), à Sousse et Monastir (centre-est), selon des médias locaux.

Dans la foulée, le  procureur général près le tribunal de première instance de Bizerte a émis, lundi, des mandats de dépôt à l’encontre de 36 personnes pour avoir participé à des actes de vandalisme dans la région durant les derniers jours, a indiqué le porte-parole du tribunal, Walid AchBelleh.

Dans une déclaration à l’Agence TAP, la même source a ajouté que six mineurs ont été également différés devant le juge des enfants pour le même délit.

Sur les réseaux sociaux, certains Tunisiens attribuaient ces violences à l’échec de la classe politique à améliorer la situation ? D’autres accusaient des groupes d’instrumentaliser ces troubles pour « créer le chaos »

Une économie « en berne »

En Tunisie de 2020, le  taux de chômage parmi les  jeunes notamment, dépasse les 35%. « Ainsi, la croissance économique n’est pas assez forte pour absorber cet afflux de jeunes (diplômés ou non) qui arrivent sur le marché du travail chaque année », estiment des analystes.

Pour des raisons d’équilibre budgétaire, ajoute-t-on, l’État ne peut plus avoir recours aux classiques expédients des embauches massives dans la fonction publique. Plus généralement, depuis la révolution, les Tunisiens ont vu leur revenu par habitant fondre de 30 %… le dinar a vu sa valeur baisser de 40 %.

Principale ressource en devise de la Tunisie, le tourisme est fortement ralenti par une crise sanitaire sans précédent, due au coronavirus, d’où les revenus ont baissé de 66 %, et le nombre de nuitées a chuté de 71 %.

« Le tourisme se trouve dans une situation financière sans précédent en raison de la suspension quasi totale de l’activité touristique «, expliquait récemment  le ministre tunisien du Tourisme. Ce son aussi quelques  50 000 emplois qui ont été supprimés et plusieurs établissements qui ont dû fermer à cause de la crise financière.

D’ailleurs d’autres établissements vont fermer prochainement, ne pouvant plus assumer les retombés de la crise.

Pour les agences de voyages, la situation est critique. Le président de la Fédération tunisienne des agences de voyages (FTAV) a déclaré que 98 % des agences pourraient faire faillite.

Autre chiffre : 28 % des employés exerçant dans ce domaine ont déjà perdu leur emploi. C’est tout simplement « l’effondrement » du  secteur du tourisme qui est redouté.

La reprise n’est pas pour demain

Outre les crises,  économique et sécuritaire, la Tunisie  est l’un pays les plus durement touchés par le Covid-19 : 1.795 nouveaux cas d’infection au coronavirus et 58 décès durant les dernières 24 heures,  selon le dernier bilan du ministère de la santé publié lundi soir.

Le ministère   également fait état d’un total de 18.1885 cas confirmés et 13.1019 guérisons dans le pays. En revanche, 58 décès supplémentaires liés au Covid-19 ont été constatés, portant le bilan à 5.750 morts.

Selon la même source, 1.925 malades atteints du Covid-19 étaient hospitalisés dont 385 en soins intensifs, avec un total de 31 patients supplémentaires en 24h. Le pire est à craindre…..