Tunisie : des « takfiristes » ont alimenté les affrontements

Tunisie : des « takfiristes » ont alimenté les affrontements

Le ministre de la Défense nationale a annoncé, ce mercredi, lors de son audition à l’ARP, que l’armée disposait d’informations quant à la présence d’éléments takfiristes qui ont suscité des émeutes et les ont alimentées en armes et en cocktails Molotov. Il a ajouté qu’il a été confirmé que des groupes de terroristes ont profité de ces troubles pur commettre des actes qui visent la stabilité du pays et l’appareil sécuritaire.

Le ministre de la Défense nationale, Brahim Bartagi, s’est défendu « de tout usage excessif de la force, lors des derniers troubles sociaux, ayant secoué différentes régions de Tunisie ». « L’intervention sécuritaire a été marquée par la retenue, il n’y a pas de blessés parmi les contestataires, mais plutôt parmi les sécuritaires, » a-t-il dit.

Le ministre a fait état d’informations, selon lesquelles ces troubles pouvaient être exploités par des éléments terroristes. « Le fait que les forces sécuritaires et militaires soient occupées à affronter les actes de vandalisme et la protection des biens publics et privés, aurait pu inciter ces éléments à perpétrer des opérations terroristes dans une tentative d’attenter aux attributs de la sécurité et de la stabilité dans le pays, » a-t-il souligné, faisant savoir que « des éléments takfiris et des extrémistes ont été surpris au milieu des agitateurs, des armes et des bouteilles de cocktail Molotov ont été saisies ».

Le ministre a, par ailleurs, imputé ce qui s’est passé ces derniers jours à deux raisons : « une raison structurelle, liée à la situation vulnérable des jeunes, aux prises avec le chômage, le manque d’horizons, suite à une accumulation de longues années qui demandent du temps pour être traitée ».

La deuxième est « une raison conjoncturelle liée au confinement, des jeunes dont des mineurs sont loin de l’école, du café, du restaurant et de la rue, ce qui a donné lieu à une telle tension », a-t-il dit. Bartagi a évoqué des actes de vandalisme et de pillage, ayant donné lieu à l’intervention des forces sécuritaires, avec l’appui de l’armée, et en coordination avec le parquet. « Ce qui a été commis par les jeunes représente de point de vue légal, des actes criminels en violation du couvre-feu, et une atteinte aux biens publics et privés, mais on ne peut qualifier ces jeunes de criminels ou voleurs », a-t-il indiqué, faisant constater que « certains délinquants ont exploité ces circonstances pour semer le chaos ».

R.I.