Stratégie des consulats marocains dans les territoires occupés du Sahara Occidental: Chronique d’un échec annoncé

Stratégie des consulats marocains dans les territoires occupés du Sahara Occidental: Chronique d’un échec annoncé

Finalement, et tel que suggéré par nous dans un articule daté de plus d’une semaine, la stratégie des consulats marocains dans ses « provinces du sud » est en train de tourner à la totale débâcle.

Et c’est le site payant « Africa Intelligence » qui nous en a administré la preuve formelle et irréfutable.

Celui-ci révèle en effet, tel que nous le supposions, du reste, a ouvert des consulats fantômes uniquement pour faire diversion, brasser de l’air et faire accroire que d’autres pays et royaumes soutiendraient sa stratégie colonialiste et criminelle au Sahara Occidental.

Or, dans les faits, il n’en est absolument rien. Le site en en question rapporte en effet, que «l’inauguration du consulat des Emirats arabes unis à El Ayoune, par le ministre des affaires étrangères Nasser Bourita et l’ambassadeur d’Abou Dhabi El Asri Saeed Ahmed El Dhaheri, le 4 novembre, est tombée à point nommé pour Mohammed V ».

Trois jours plus tard, le souverain chérifien a dûment souligné cette victoire diplomatique dans son discours célébrant les 45 ans de la Marche verte sur les «provinces du sud». Seulement, un discours aussi triomphaliste ne pouvait tromper aucun observateur avisé qui suit de près ce genre de questions sensibles.

Dans les faits, ce que rapporte ce site est accablant pour la diplomatie de Mohamed VI.

« Quinzième antenne diplomatique – et première non africaine – à ouvrir dans le territoire contesté, elle est située juste en face du consulat de Côte d’Ivoire et à proximité immédiate de celui du Gabon, alliés indéfectibles du Maroc, qui avaient ouvert leurs représentations mi-2019 et en janvier 2020 ».

La plupart des six autres pays africains les ayant suivis à Laâyoune ont eux aussi jeté leur dévolu sur ce même quartier, leurs plaques en bronze frappées des armoiries nationales donnant au lotissement Sakia El-Hamra, des allures de petit quartier diplomatique.

Et, brusquement, c’est la douche froide : « Mais voilà : tous ces bâtiments – des villas d’habitation pour la plupart – demeurent vides. Aucun de ces pays n’a encore nommé de consul, et les rares numéros de téléphone disponibles renvoient directement vers les chancelleries, à Rabat ».

Seule la Côte d’Ivoire dispose d’un consul honoraire, l’homme d’affaires Mohamed el-Imam Maelainin, représentant d’un des plus puissants clans sahraouis, les Maelainin. Celui-ci a mis à disposition l’une des demeures familiales.

Les «petits» pays-Comores, Guinée-Bissau, Burundi, Sao Tomé-et-Principe, etc. – ont quant à eux vu, selon nos sources, leurs loyers et frais annexes pris en charge par… la diplomatie marocaine.

Ce n’est pas cher payé : la Gambie et la Guinée-Bissau, qui ont préféré Dakhla pour ouvrir leurs consulats pour les «provinces du sud», comme cinq autres Etats africains, vont carrément bénéficier d’une aide marocaine afin de construire un nouveau siège pour leur ministère des affaires étrangères, comme l’a révélé le site d’information marocain.

Le Desk… cela confirme au passage que le Makhzen ne s’est pas non plus départi de sa propension à verser de copieux pots de vin pour acheter les soutiens et les consciences de plusieurs diplomates et/ou représentants affichant de graves déficits dans leurs trésoreries.

Mohamed Abdoun