Situation économique en Algérie : les précisions du ministre délégué chargé de la prospective

Situation économique en Algérie : les précisions du ministre délégué chargé de la prospective

‘L’Algérie n’a pas été et n’est pas en situation de faillite’

C’est l’affirmation par laquelle, M. Mohamed Cherif Belmihoub : ministre délégué auprès du Premier ministre chargé de la prospective, a entamé son intervention sur la situation économique en Algérie.

« L’Algérie n’a jamais été en situation de faillite contrairement à ce que rapportent certains milieux mal intentionnés, a-t-il indiqué, elle avait des ressources et si nous nous penchons sur la structure de l’économie algérienne, nous constaterons que le niveau de compétitivité dans les marchés mondiaux est très faible ».

Par contre, le ministre délégué estime que c’est l’administration algérienne qui bloque le développement économique, de même que le système monétaire national qui n’a pas changé, les produits financiers sont restés les mêmes et nous vivons toujours par le biais des crédits bancaires : « nous avons mis l’investisseur face au banquier et nous les avons laissés se débattre dans une situation conflictuelle qui ne profite à personne », a-t-il dénoncé.

Le même responsable déclare qu’une enquête sera lancée début décembre avec un financement du PNUD (Programme des Nations Unies pour le Développement) afin de cerner l’impact de la crise sanitaire sur les institutions et sur les ménages : « je pense qu’en janvier 2021, nous aurons des données très proches de la réalité car ce sera une enquête menée sur le terrain », a-t-il aussi précisé.

Il rappelle qu’en avril, mai et juin 2020, des facilités ont été accordées aux entreprises, tels que les abattements sur les impôts, le report du paiement des impôts jusqu’à septembre, puis à décembre.

Concernant les réserves de change, il déclara que : « Au début, nous avions 60 milliards de dollars, en fin d’année nous serons à 48 ou 50 milliards comme réserves de change, nous avons donc encore une marge pour éviter le recours aux emprunts de l’étranger, mais si nous ne nous engageons pas dans les réformes assez rapidement, cela risque d’être la voie obligatoire.

Mais je suis optimiste, si nous entamons les réformes, en 2021 nous nous en sortirons », a déclaré en substance le ministre qui continue néanmoins en rappelant que : « ou bien ce sont les réformes, ou bien c’est l’effondrement, je maintiens et je confirme ».

Le plan de relance doit être participatif, toutes les franges de la société doivent y prendre part et donner leurs avis, pour protéger l’indépendance de la décision, surtout la décision politique car, si nous nous engageons dans la voie des enprunts étrangers, nous allons perdre une partie de cette indépendance.

« Dans ce cadre, nous devons aussi penser à exploiter toutes nos ressources naturelles nationales, d’autant plus que la volonté politique existe, il ne reste donc que, peut-être, le courage de chaque responsable pour y arriver », a conclu le ministre.

Tahar Mansour