Signe que la crise y a atteint des proportions intolérables : Des ouvriers de la fonction publique tunisienne demandent l’asile à l’Algérie

Signe que la crise y a atteint des proportions intolérables : Des ouvriers de la fonction publique tunisienne demandent l’asile à l’Algérie

Pour protester contre un accord signé entre le gouvernement et la principale centrale syndicale du pays, environ soixante-dix ouvriers de chantiers de la fonction publique tunisienne se sont déplacés hier jeudi à la frontière entre l’Algérie et la Tunisie.

Ces ouvriers, originaires de Kasserine, une wilaya tunisienne frontalière avec Tébessa, ont émis le souhait de demander l’asile aux autorités algériennes, rapportent plusieurs médias locaux.

Sur la page Facebook de la Coordination nationale tunisienne des ouvriers de chantiers, une publication a affirmé cette démarche. « L’Histoire témoignera qu’un jour une frange des ouvriers de chantiers s’est orientée vers l’Algérie sœur pour se plaindre auprès d’elle de l’injustice de ses gouverneurs (tunisiens) », déplore ledit post.

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Fin octobre, un accord a été signé entre le gouvernement tunisien et l’Union générale tunisienne du travail (UGTT). Il porte sur la régularisation de la situation de quelques 31 000 ouvriers de chantiers.

Cependant, la convention concerne uniquement les ouvriers âgés de moins de 45 ans. « Ceux âgés entre 45 et 55 ans, poursuivront leurs activités jusqu’à la fin du mois de février 2021 et bénéficieront d’un montant de 20 mille dinars à la fin du mois de mars 2021 et d’une couverture sociale », selon un média tunisien.

« Les personnes âgées de plus de 55 ans pourront, en revanche, poursuivre leur travail jusqu’à l’âge de 60 ans et bénéficier de la prime attribuée aux familles démunies et du bulletin de soins gratuits », ajoute le même média.

Un accord que beaucoup ont décrié. Depuis, plusieurs protestations ont été organisées dans plusieurs villes du pays. Les ouvriers de chantiers de la fonction publique tunisienne ne décolèrent pas, en somme.

Sur fond de crise politique et socioéconomique amplifiée par la pandémie de coronavirus, la Tunisie connaît des heures très difficiles.

Skander Boutaiba