SARPI (Société Algérienne de Réalisation de Projets Industriels) : Un savoir-faire et une maîtrise au service des hydrocarbures

ENERGIE

Groupe Sonatrach

SARPI (Société Algérienne de Réalisation de Projets Industriels)

Un savoir-faire et une maitrise au service des hydrocarbures

« Sarpi est une société qui a été créée en 1992 entre Sonatrach et ABB Italie », dans une période particulière et difficile de notre histoire récente et à un moment où l’Italie était l’un des pays qui a apporté un soutien à l’Algérie. Sonatrach avait besoin de renforcer les moyens de réalisation et de maintenance de ses infrastructures par la création d’entreprises spécialisées dans la réalisation de projets industriels afin de développer ses activités d’extraction, de transport et de traitement des hydrocarbures.

M.Abderrahmane Bouchelarem, PDG de SARPI

M.Abderrahmane Bouchelarem, PDG de SARPI, a encore précisé que « cette société a été créée pour réaliser des projets industriels, car l’Algérie avait besoin de cet apport et elle n’avait pas les moyens, ni les compétences pour réaliser, seule, ses propres investissements dans le domaine des Hydrocarbures ».

Sonatrach et ABB se sont associées pour créer cette joint-venture spécialisée dans la réalisation des projets industriels propres au secteur des hydrocarbures, c’est d’ailleurs l’une des rares sociétés mixtes crée sous la forme 50/50.

En mars 2018, après avoir réalisé de grands projets depuis sa création et au terme de 25 années de la JV, Sarpi est devenu une filiale 100 % Sonatrach, relevant du Holding-SIP, après le rachat des 50 % des parts d’ABB Italie.

Sarpi est une société d’un dynamisme remarquable, implantée de manière exceptionnelle dans le marché de réalisation de projets industriels et dont l’expertise est reconnue par les grandes entreprises nationales et activant en Algérie dans le domaine des hydrocarbures et de l’énergie.

SARPI dispose de deux unités opérationnelles au niveau des principaux pôles pétroliers et gaziers en Algérie (Hassi Messaoud et Hassi R’Mel). Ces unités sont dotées de plusieurs ateliers de préfabrication, d’assemblage et de montage d’une superficie totale de 3 600 m².

Une troisième unité opérationnelle permanente est en cours de réalisation à Touat (Adrar) qui permettra à Sarpi d’étendre l’aire géographique de son intervention en se rapprochant de ses clients, participant ainsi au plan de développement des gisements de la région Sud-Ouest, région très prometteuse.

Aujourd’hui Sarpi compte un effectif de 2 500 personnes opérant dans plusieurs champs d’intervention                               (Montage Mécanique, Electrique & Instrumentation, Génie Civil, la Préfabrication,  Etudes et Engineering, Management et Supervision de projets, Procurement, HSE ….etc.).  Ce personnel d’une expérience et d’une technicité reconnue va atteindre les 4 000 agents à la fin de cette année.

Domaine d’activité

SARPI a réalisé plus de 120 projets, seule ou en consortium, pour le compte de Sonatrach, de ses associations, du Groupe Sonelgaz et pour les grandes entreprises internationales activant dans les domaines de la production, du transport du pétrole, et du gaz et  des installations énergétiques (centrales électriques).

Ainsi, Sarpi possède plus de 28 années d’expérience et de savoir-faire dans divers domaines liés aux hydrocarbures et aux installations énergétiques tels que :

  • Oil and Gaz: installations de surface, réseaux de collecte, transport (station de compression, pompage, pipelines), Unités de traitement (CPF,  huiles, eaux..).
  • Energies classiques et renouvelables : génération électrique (centrales électriques), renouvelables (solaires, photovoltaïques, hybrides),
  • Réhabilitation & Maintenance des installations d’hydrocarbures et énergétiques.

Projets réalisés

Depuis sa création, Sarpi a participé dans le développement des plus grands champs pétroliers et gaziers en Algérie (Hassi Messaoud , Hassi R’Mel , EL Merk , MLE , In Amenas, Berkine, El Gassi …etc.) et cela  par la réalisation de grands projets pour le compte de Sonatrach et de nombreuses compagnies pétrolières internationales implantées en Algérie, à l’instar  de la réalisation du CPF MLE, la réalisation des installations de surfaces pour le méga projet EL MERK, et aussi la réalisation de plusieurs stations de pompage et de compression pour le compte de Sonatrach TRC (GEM, NK1, TFT, GPDF,ELR1).

Dans le domaine de l’Energie, Sarpi a participé aussi dans la réalisation des centrales électriques de M’Sila, de Batna, de Naama et de la station hybride  (turbines à gaz & photovoltaïque)  de Hassi R’Mel, la première de ce type qui produit 150 mégawatts.

Pour le compte Sonelgaz, SARPI a aussi réalisé 800 postes de détente sur skid de différents débits et différentes pressions, postes importés auparavant.

Parmi les grands projets réalisés, « qui constituent une véritable fierté pour SARPI, il y a le Projet Boosting 3 Station Sud à Hassi R’Mel, qui est déjà en exploitation depuis début novembre 2020, qui vise à augmenter la production de gaz et permettre à l’Algérie de continuer à honorer ses engagements internes et internationaux », a expliqué M. Bouchelarem.

L’autre projet réalisé qui a constitué un véritable défi relevé par Sarpi, est la réhabilitation du Train 3 de Tiguentourine très touché lors de l’attaque terroriste de 2013 et qui a été complètement réhabilité et remis en marche avant les délais impartis.

C’est, aussi, le cas du Train 200 GPL de Rhourde Nouss touché par un incendie et qui a été réhabilité et remis en exploitation. Pour rappel l’usine de Rhourde Nouss est considéré comme l’un des principaux pole de production de GPL en Algérie avec une production de 16 Millions m3/ jours.

Il y a lieu de noter que ces deux derniers projets ont été réalisés dans des installations en pleine exploitation.

Actuellement, SARPI est en cours de réalisation des projets dans plusieurs régions du pays, notamment dans la région Sud-Ouest (Wilaya d’Adrar) à l’instar de la réalisation en EPC du projet de développement des Champs Huile phase 2 au niveau de la région Touat en partenariat avec la société SAFIR, une autre filiale de Sonatrach, un projet qui permettra d’alimenter la Raffinerie d’Adrar.

Covid 19 

Comme toutes les institutions, les entreprises et les collectivités, Sarpi a pris des mesures radicales dès l’apparition de la pandémie de covid19 : « nous avons été très stricts pour la mise en place de mesures barrières édictées par le gouvernement dès l’annonce de la pandémie. Nous avons été certainement la première entreprise à demander à notre personnel qui réside dans la wilaya de Blida de ne plus venir pour éviter la propagation du COVID -19 dans la Société. Nous avons aussi respecté les instructions de M. le président de la république de mettre en congé au moins 50% de notre personnel, cela nous a quelque peu perturbés car nous étions très engagés dans beaucoup de projets mais nous nous sommes conformés aux instructions. Ces mesures nous ont affectés comme toutes les entreprises pour la réalisation de notre chiffre d’affaires et notre résultat, car beaucoup de dépenses ont été engagées pour protéger notre ressource humaine qui constitue notre richesse. Nous avons signé de nombreuses conventions avec des cliniques pour faire les tests, nous avons acquis beaucoup de produits comme les masques, les gels, tout notre personnel y est doté régulièrement. Nous avons aussi transporté nous-mêmes notre personnel à travers le territoire nationale, cela a un cout et a affecté notre trésorerie, mais nous sommes toujours là et nous nous en sommes sortis plus forts », nous a confié le PDG de Sarpi.

Perspectives

Se tourner vers les projets en EPC

« Il y a une décision très louable du PDG de Sonatrach, qui concerne le développement du contenu local de sa nouvelle stratégie de développement, c’est-à-dire que tous les projets en EPC de petite et moyenne envergure, des projets clés en main englobant l’engineering, le procurement et la construction, devaient être confiés à des filiales de Sonatrach ou à des sociétés nationales », déclare le PDG de Sarpi. Il faut dire qu’auparavant, Sarpi ou les autres entreprises algériennes ne se voyaient confier qu’une partie de la réalisation, les autres parties, l’engineering et le procurement notamment étaient confiées à des multinationales. « Nous le remercions pour cela », continue M. Bouchelarem.

« SARPI et dans son optique de se hisser à un niveau supérieur en matière de management et de réalisation des projets de petites et moyennes envergures en EPC , qui reste son  principal défi, envisage un réaménagement  de son mode de fonctionnement afin de renfoncer sa compétitivité concurrentielle et développer ses capacités en matière d’engineering et de procurement.

Pour concrétiser cet objectif, Sonatrach est à la recherche d’un partenaire associé dans le capital de SARPI qui dispose de compétences en matière d’engineering et d’expériences dans la réalisation de projets en EPC, afin de permettre l’émergence d’un véritable outil national d’engineering et de réalisation de grands projets industriels », annonce  le PDG de SARPI.

La stratégie de Sarpi à court terme sera donc orientée davantage vers la réalisation et la réhabilitation en EPC des pipelines, réseaux de collecte et les stations de pompage, au vu du plan de développement lancé par SONATRACH pour une enveloppe de 40 milliards de dollars sur cinq ans, dont 51% en dinars, qui sera axé sur la mise en production et la montée en cadence de plusieurs gisements à travers le territoire national.

Réalisation de Modules sur Skids

Avec son expérience dans le domaine de la préfabrication et du montage des manifolds, des postes de détente et des skid, Sarpi a inscrit aussi dans son programme de développement, à moyen terme, son insertion dans une industrie locale capable d’assurer la réalisation des modules de production sur Skid à l’instar des EPF (Early Production Facilities) ; modules personnalisés en clé en main (conception, préfabrication, montage, mise en service et montage sur site).

Les futurs modules seront réalisés avec l’intégration maximale de fabricants et fournisseurs Algériens.

Dans le même contexte, une opération de modernisation des unités opérationnelles de SARPI, notamment, les ateliers de préfabrication de l’unité de Hassi R’Mel est lancée.

Parmi les autres objectifs, Sarpi compte mettre en œuvre le plan de relance des activités de la société après la crise sanitaire et économique due à la pandémie de covid19, tout en s’adaptant à son nouvel environnement. Elle compte aussi rationnaliser ses ressources humaines et matérielles, réorganiser, renforcer et développer les capacités de la société en matière d’EPC et, enfin, instaurer l’utilisation des nouvelles technologies dans la gestion des structures.

Quand les textes de loi deviennent des blocages économiques

Au cours du reportage que nous avons effectué au sein de Sarpi, filiale à 100% Sonatrach et après avoir appris quelles étaient ses attributions, force était de constater que l’entreprise manquait cruellement de certains matériels spécifiques à ses métiers. Il s’agit particulièrement des grues de très gros tonnage nécessaires aux levages spéciaux dans le cadre de la construction de grandes stations de pompage ou autres, de la pose de pipelines, etc… Les pickups avec lesquels les équipes d’intervention et de réalisation de Sarpi se déplacent à travers les pistes et les dunes dans des endroits très difficiles d’accès, font aussi défaut et gênent grandement la liberté de manœuvre et les déplacements de ces équipes.

Sarpi, ni d’ailleurs d’autres entreprises qui ont les mêmes besoins, ne peuvent importer ce matériel spécifique qui n’est pas construit en Algérie car il est assimilé à du matériel roulant qui fait l’objet d’une interdiction d’importation depuis quelques années.

Les textes d’application du décret concernant l’interdiction d’importation de matériel roulant aurait dû être plus explicites pour éviter à Sarpi et aux autres entreprises dans le même cas qui sont obligés de perdre un temps précieux pour obtenir des dérogations auprès du premier ministère pour pouvoir importer ce genre de matériel vital pour leurs activités.

Les responsables concernés lancent un appel pressant aux hautes autorités du pays afin de pallier à ce manque de précision et de leur permettre d’importer l’équipement nécessaire à la poursuite de leurs travaux sans retard, c’est-à-dire sans perte d’argent et de temps.

 

Par Tahar Mansour