Sahara Occidental : la communauté scientifique internationale s’investit de plus en plus

Sahara Occidental : la communauté scientifique internationale s’investit de plus en plus

Aussitôt après avoir été rendue publique, la décision de Trump, prise au mois de décembre 2020, reconnaissant la souveraineté du Royaume du Maroc sur le Sahara Occidental, a suscité une levée de boucliers de très nombreux pays soucieux de la légalité internationale, d’institutions internationales, d’ONG et de moult personnalités de divers horizons. Le mouvement ne s’est pas arrêté pour autant et, le 20 janvier courant, jour de l’investiture de Joe Biden comme 46ème président des Etats-Unis d’Amérique, un groupe d’universitaires originaires de plusieurs pays (USA, France, Royaume Uni, Canada), se sont réunis pour écrire une lettre au nouveau président.

Dans cette missive, les signataires informent Joe Biden qu’ils « expriment leurs plus vives objections à la décision du président Trump de reconnaitre l’annexion illégale du Sahara Occidental par le Maroc », et lui demande d’annuler cette décision aussitôt sa prise de fonction à la tête des Etats-Unis.

Ils rappellent dans leur lettre que le Sahara Occidental est reconnu par les Nations Unies, la Cour Internationale de Justice, la Cour de Justice de l’Union Européenne et un large éventail de juristes et d’hommes de sciences internationaux comme étant un territoire non autonome.

Les universitaires estiment donc qu’il est tout à fait légitime au peuple sahraoui de faire prévaloir son droit à l’autodétermination et à l’indépendance, par le biais d’un référendum comme stipulé par les différentes résolutions de l’ONU. ‘Les Etats-Unis n’ont pas le droit de déterminer le sort du peuple sahraoui simplement en déclarant qu’il fait partie d’un autre pays’, ont-ils fait remarquer de manière très sensée, d’ailleurs.

Outre cela, les auteurs de la lettre relèvent que la République Arabe Sahraouie Démocratique a été reconnue par de nombreux pays et est un Etat Membre fondateur à part entière de l’Union Africaine dont la charte interdit ‘les changements unilatéraux des frontières’.

Ils continuent pour dire que si les Etats-Unis permettaient et approuvaient la prise de contrôle d’un Etat reconnu par la communauté internationale par un autre Etat, tous deux membres d’une même organisation continentale, cela nuirait grandement à la réputation des Etats-Unis sur le continent et encouragerait d’autres pays à annexer des territoires d’autres pays sans que cela tire à conséquence.

Les universitaires ont aussi rappelé le rôle des Etats-Unis lors de l’invasion du Koweit par l’Irak en 1990, en faisant cesser cette invasion par la force car elle était contraire au droit international et une violation flagrante de la charte des Nations Unies, la même situation qui prévaut actuellement au Sahara Occidental. La décision de Trump vient donc à contrecourant des positions historiques des USA en pareilles circonstances et ‘envoie un très mauvais signal faisant que les Etats-Unis considèrent désormais un tel irrédentisme illégal comme légitime’, ont-il argumenté.

Enfin, les signataires de la lettre rappellent au nouveau président des Etats-Unis, Joe Biden, la nécessité, qu’il a rappelée, pour les USA, de donner l’exemple en respectant la Charte des Nations Unies et les principes internationaux connexes reconnaissant le droit à l’autodétermination et l’inadmissibilité de l’expansion des territoires par la force. Et de signaler ensuite : « les Etats-Unis ont été fondés avant tout sur le principe de l’autodétermination », donc revenir sur ce principe à l’égard du peuple du Sahara Occidental est aussi immoral que dangereux.

Pour terminer, les universitaires demandent à Joe Biden : « d’annuler la reconnaissance par les États-Unis de l’annexion du Maroc, insister sur un mandat des droits de l’homme pour la MINURSO, annuler les projets d’ouverture d’un consulat américain à Dakhla, au Sahara occidental, et soutenir l’autodétermination au Sahara occidental ».

Tahar Mansour