Reportage de Noureddine Khelassi, Azru Nthor: L’ascension et l’ascèse !

L’ascension et l’ascèse !

(Reportage de Noureddine Khelassi)

Noureddine Khelassi
Noureddine Khelassi

« Le pèlerinage au sommet de la montagne kabyle est un rite séculaire maraboutique et mi-païen »

 

Des noms et des lieux, aurait dit l’inspiré Mustapha Lacheraf. Mieux qu’un simple nom et plus qu’un lieu-dit, Azru N’Thor, dans la commune d’Illilten, à moins de 80 km au Sud-Est de Tizi Ouzou, à mi-distance des cols de Tirourda et Chellata, dans le Parc national du Djurdjura, est une évocation, un vocable, et même un vœu pieux. Encore mieux, un voyage initiatique, un pèlerinage, un ressourcement et finalement un accomplissement.

Azru N’Thor, c’est à la fois le nom d’un cône de montagne, d’une localité bucolique, d’un sanctuaire spirituel et d’un oratoire qui couronne un pic de 1884 mètres d’altitude. C’est, physiquement, l’aboutissement d’un défilé et d’une procession. Et, philosophiquement, la célébration d’un culte syncrétique fruit d’une dévotion séculaire. Au final, une ascension et une ascèse.

 

Et, Bonté divine, le voyage, tant de fous accompli par le reporter, vaut toujours le détour ! Celui de la vue vertigineuse au-dessus d’un abîme envoûtant. Un vide impressionnant et une immensité dominant un vaste panorama qui révèle au regard émerveillé un relief assez tourmenté, particulièrement accidenté, comme si une main géante et invisible avait dessiné ses contrastes et creusé ses vallons. Splendeurs d’une géologie chaotique qui s’étendent et se dégagent jusqu’à Azazga, au Nord, et à Larbâa Nat Irathen, au Sud-Ouest, à Akbou ; à l’Est, et, bien au-delà, jusqu’aux alentours de Bouira, au Sud-Est.

Ici, ce sont les chemins qui montent de Mouloud Feraoun, le fils du pauvre de Tizi Hibel. C’est le regard qui porte au loin sur les hauteurs et qui embrasse des villages par grappes entières, à flanc de montagnes accrochés. Treilles urbaines sur des crêtes plantées, tels des nids dignes de l’aigle royal et du faucon pèlerin de céans pour lesquels les cieux et les cimes sont le royaume depuis les temps immémoriaux. Commence alors le voyage renouvelé. Et c’est toujours un vendredi saint d’août. Souvent un vendredi d’enfer estival.

Sur la route, à Tizi Ouzou, le matin même, la ville des genêts, cuvette morose devenue étuve et étouffoir, est généralement caniculaire à cette date. Poisseuse, comme si Vulcain, le dieu romain du feu, de la forge et des volcans, la chauffait au chalumeau ou s’amusait à coiffer ses arbres à l’aide d’un séchoir survolté ! Déjà l’autocuiseur ! Mais la promesse d’une montée pastorale vers les hauteurs de Lalla Khedidja et La Main du juif adoucissait l’atmosphère, mieux que la clim asthmatique de la brave Peugeot 207 d’Abdelkader Essmina qui avalait goulûment l’asphalte surchauffé.

Des noms et des lieux, aurait redit le regretté Mustapha Lacheraf. Tels les grains d’un chapelet, les noms des villages et des villes du parcours s’égrènent comme autant d’invitations à l’excursion : Taksebt, Larbâa Nath Irathen, Aïn El Hammam, Béni Yenni, Iferhounène, et tant et tant de haltes en des lieux-dits sur les chemins qui montent dans la terre immémoriale kabyle. Et la terre berbère est une montagne où, comme l’écrivait Mouloud Feraoun, «les villages minuscules qui se terrent au pied du Djurdjura ou s’égrènent sur les sommets de massifs plus modestes, ont l’air d’une multitude apeurée qui se prosterne devant un dieu sévère». Alors, au fil des kilomètres ascensionnels, la route serpentine de plus belle et le thermomètre s’affole encore plus dehors. Le soleil se fait de plomb mais l’altitude tempère un peu les ardeurs du mercure déchaîné. Dans l’habitacle de la Peugeot, la voix délicieusement gutturale et divinement chaleureuse de Dahmène El Harrachi berce les occupants, un chauffeur sémillant et deux vieux routiers du journalisme tout enthousiastes à l’idée de faire leur énième «assensi» vers Azru N’Thor.

Mouloud Feraoun et le Mon Ferratus des Romains

A l’approche du lieu de la vénération collective, les villages aux alentours sont autant de noms musicaux pour cartes postales champêtres : Tirourda, Tizit, Aït Aïssa U’Yahya, ou encore Azru, Iguefilen, Aït Sider, Ihaddaden, Taghzout, en passant par Tifikult et Taourirt Amrous. Sans oublier bien sûr Zouvga, Ikhlidjen et Aït Adella, les trois villages les plus concernés par le rituel d’Azru N’Thor. Puis, comme un cadeau céleste, le col de Tirourda, à 1 753 m d’altitude et au carrefour des trois principales wilayas de la Kabylie : Tizi Ouzou, Bouira et Béjaïa. Tirourda, nom dérivé de yagrured, le verbe kabyle descendre, dévaler, dégringoler, ou encore issu de tirurda, l’avalanche de neige qui couvre presque tout le temps une montagne de granit et de roches métamorphiques à partir de laquelle on voit la ligne de crête majestueuse du Djurdjura. Le Mons Ferratus des Romains, avec ses sommets dentelés et ses murailles abruptes où trônent majestueusement Lalla Khedidja (2 308 m), L’Aoueker (2 305 m) et le Haizer qui culmine avec La Dent du Lion à 2 133 m.

Dans son roman «La Terre et le sang», Mouloud Feraoun décrit cette crête comme un «squelette de dinosaure», tableau saisissant et bien vrai quand on l’observe à partir des versants sud. La queue de ce saurien serait la ligne allant en pente douce de Tizi Larbaâ à Tizi N’Djaâboub, ses «vertèbres dorsales et lombaires» seraient les massifs de Haïzer et Lalla Khedidja, et sa tête se situerait à Azrou N’T’hor, orientée vers le Nord.

Au col de Tirourda, une halte s’impose alors pour admirer les paysages grandioses de territoires cisaillés par les avalanches, tailladés par les précipitations et finalement ravinés par les eaux. Succession de pics et de crêtes isolées, de précipices abrupts qui les coupent dans différents sens, avec, ça et là, des déclivités vertigineuses. Arrêt nécessaire pour se désaltérer à la source cristalline du lieu et, surtout, pour se régaler de cailles grillées. Volatiles servis par un adolescent au geste vif et au regard d’azur qui, en dix minutes chrono, et tout en vous faisant la causette, sacrifie, déplume, éviscère, lave et nettoie une caille vivante de votre choix. Bref temps d’attente avant de la mettre à rôtir sur des braises ardentes. Régal prodigieux au goût de noisette et d’olive verte, à moins de 200 DA, c’est-à-dire pour à peine un peu plus d’un euro pièce pour un étranger, et l’air pur et la majesté du Djurdjura en primes providentielles, s’il vous plaît messieurs-dames !

Après le bonheur furtif de la sustentation ornithologique, la route se poursuit sur quelques kilomètres à partir du même col, en direction du Nord-Ouest. Vers l’aiguille conique d’Azrou N’Thor où trône El Djamaâ Ufella, la Mosquée d’en haut aux allures d’hublot à partir duquel il est loisible de contempler les dépressions des deux vallées de la Soummam et du Sebaou. A l’orée du massif de l’Akfadou qui commence à quelques encablures de l’endroit. On est donc le premier, le second ou le troisième vendredi du mois d’août, acte spirituel d’un pèlerinage organisé, trois vendredis de suite et alternativement, par les trois villages environnants, Zouvga, Ikhlidjen et Aït Adella.

Et voilà la piste de la quête de la sérénité, de la rédemption, du salut et du bonheur individuel ou collectif. A l’approche des lieux de la sanctification, de jeunes éléments du comité d’organisation villageois vous accueillent, souriants et diligents, pour mieux vous indiquer l’emplacement de votre stationnement. Ici, rien n’est laissé au hasard : tout est prévu, géré, sécurisé : camion-citerne, infirmerie, relais par talkie-walkie, et pas un seul gendarme ou le moindre garde-champêtre, la sécurité étant assurée par le comité d’organisation et facilitée par la discipline collective et individuelle citoyenne. D’ailleurs, et ce n’est guère un hasard, les membres du comité d’organisation, préposés à la sécurité des lieux, s’appellent les twamen, pluriel de tamen, les «assureurs».

On débouche alors sur un plateau traversé par une piste carrossable et entourée d’une maigre végétation où il y a, ici ou là, quelques tavawalite, des cèdres rabougris, et ailleurs des pins parasols, des genévriers et des chênes-lièges. Au bout du chemin, et avant même la montée des pèlerins de tous les âges et des deux sexes vers le pic sacré, apparaissent deux maisons où est préparé et servi un couscous géant. Réjouissances d’une waâda, une offrande collective. Et, avant même la grimpée du pic du rocher, on s’agglutine autour d’Asselgu, la source d’eau fraîche à laquelle on prête des vertus magiques et salvatrices. Une eau bénite, une zemzem kabyle.

Commence alors l’assensi, l’ascension entreprise déjà, de bon matin, par des centaines d’ivghassen, des courageux venus de toute la Kabylie, de nombreuses autres régions du pays et de l’immigration en Europe et même d’Amérique du Nord. Telle une longue chenille, la procession se poursuit vers El Djamaä Ufella pour y allumer des cierges, accomplir des prières, se confesser, faire des vœux. Les pèlerins font des invocations et allument bougie après bougie. On dépose également des tissus de différentes couleurs sur le bord des fenêtres et que les jeunes filles, en âge de se marier, récupèrent tels de bons présages pour la fin d’un veuvage ou d’un long célibat. Sur le chemin de l’ascension vers le mausolée, d’autres pièces d’étoffes ornent les arbres en autant d’ex-voto. Au sommet, à l’intérieur du cénotaphe, qui a servi naguère de poste d’observation à l’armée coloniale française, un trou servant de confessionnal et un autel pour accueillir offrandes et bougies. Tel un carrousel, les va-et-vient se poursuivent jusqu’au coucher du soleil. La multitude bigarrée et heureuse défile sur un chemin pierreux de 300 mètres vers Azru N’Thor, le rocher de la prière du zénith.

L’agraw, assemblée des génies, anges gardiens

Ce point culminant est un mélange éclectique de survivances païennes et de croyances maraboutiques. Pourtant, ici, ni saint patron, ni marabout. Juste un lieu-dit mais un haut-lieu de la baraka. Seulement un rite qui tire ses origines mystérieuses de la culture locale et d’une mémoire spirituelle Kabyle commune. Pendant ce temps-là, et alors même que la foule accomplit son assensi, en bas, sur la plate-forme, à l’ombre bienfaitrice d’un sapin de bonne futaie, des femmes répètent des chants liturgiques et des talebs psalmodient le Coran, lisent des hadiths du Prophète, disent des oracles et dispensent une baraka appréciée parfois à coup de dinars en billets. Vers treize heures, instant où le soleil est à son zénith, commence alentours l’agraw, le moment du grand rassemblement des esprits surnaturels. De même, celui, plus terre à terre, des agapes couscoussières sur le replat. Dans les résidus de la mythologie berbère relevés en Kabylie, agraw désigne «l’assemblée des génies», «l’assemblée des puissances surnaturelles», soit l’agraw iεessassen, l’agraw lleγwat qui se réunit régulièrement en certains haut-lieux pour décider du sort du lieu où l’on vit et des individus qui le peuplent. C’est l’assemblée des anza, les mânes bénis des ancêtres. Leurs réunions se tiennent donc en des endroits écartés et généralement impressionnants : éminences rocheuses, cimetières, rochers, comme c’est le cas d’Azru N’Thor. Il convient de saluer très respectueusement ces assemblées si d’aventure on passe à proximité de l’endroit de leur cénacle. Se crée ainsi une ambiance particulière, mélange heureux d’une foire foraine, d’un rite folklorico-religieux, d’une addition de convivialité et de mysticisme. Le tout créant les noces légitimes de l’ici-bas éphémèrement heureux et de l’au-delà rêvé comme le lieu de la félicité éternelle.

Là-haut, à la pointe du pic, à l’intérieur même de la sainte demeure, qui comprend trois petites pièces, dont l’une est à l’état de ruine à cause des intempéries, mais aussi du fait des tremblements de terre, fréquents dans ces montagnes, les femmes chantent «ô Azru N Thor, lion des forêts, nous te rendons visite pour avoir ta bénédiction». Elles clament aussi : «Akrath a lakhwen, anrouh U lama ikkath wedfel, adenzur Chikh Muhend, layoun el vaz imkehhal ; win isswen edh guraweniss ur ittssuggued adh yahssal». Sans que l’on sache donc si ces pèlerines font référence à Chikh Muhend U L’Hocine, religieux et poète de grande renommée, grand-père latéral de Hocine Ait Ahmed, elles disent donc «allons ô frères, ô khouans, même s’il neige, allons en pèlerinage au Mausolée de Chikh Muhend, l’homme au sourcil de faucon embellis de khol ; celui qui boit ici de l’eau pure dans les paumes de ses mains réunies, ne craindra aucun mauvais sort».

Cet instant liturgique rappelle aussi que Azru Uzal, azru N’tazwit, Azru N’Tmedith, autres dénominations d’Azru N’Thor, a été célébré d’autre part par la chanson jabyke, au même titre que les autres hauts lieux de la ziara, le pèlerinage aux Saints Esprits gardiens des lieux vénérés. Il s’agit notamment de la chanson de Lounis Aït Menguellet et d’Idir qui ont formé en 1992 un duo occasionnel pour chanter les Imssevriden, les passagers d’Azru N-Thor. Pour ces imssevriden, ulach ibrid iwaâren, il n’y a pas de chemin qui soit difficile d’accès. Et les deux bardes d’entonner «zluth tikhssi, arnouth awrane, lembat ghurwène, adenzur analhou thikli uzarzur, adhenhoudj anelhou thikli u farrudj». Dans la langue de Voltaire, nos deux troubadours-philosophes auraient dit, avec un goût prononcé pour la symbolique, «sacrifiez une brebis, ramenez de la semoule, on passera la nuit chez vous ; allons ensuite en pèlerinage, avec la démarche de l’étourneau, et, chemin faisant, empruntons l’allure du perdreau.».

Mais qu’à cela ne tienne, à pied, et même à cheval, en voiture ou à moto, à Azru N’Thor, on y va allégrement, le cœur déjà moins lourd à l’arrivée et plus léger encore après le rituel. En bas, à son pied, au moment de la prière du d’hor, à la minute où le soleil est le plus généreux, et à l’ombre du grand sapin de la place, s’installe l’assemblée des taleb pour sonner l’heure du banquet autour d’assiettes collectives de couscous. Et, surtout, pour prêcher la bonne parole et donner la bénédiction aux généreux donateurs. Bon an, mal an, quelques milliers de pèlerins donnent en effet quelque chose comme un milliard de centimes. Argent qui servira à l’entretien des lieux et à financer les efforts d’organisation du rite annuel. Ou encore pour réaliser des travaux d’utilité publique dans les trois villages organisateurs du pèlerinage.

Azru N’Thor et l’Ahellil de Gourara

Le pèlerinage d’Azru N’Thor rappelle par maints aspects le Moussem de Tan Tan au Sahara occidental sous occupation marocaine. Comme il évoque l’Ahellil du Gourara dans le Sud-Ouest algérien. Tout comme le Moussem de Tan Tan, l’Ahellil a été proclamé chef-d’œuvre du patrimoine oral et immatériel de l’humanité, grâce notamment au colossal travail de Mouloud Mammeri qui l’a sorti de l’anonymat du sable du désert et de l’oubli humain. L’Assensi, le Moussem ou l’Amouguer d’Azru N’Thor, répond à tous les critères pour bénéficier de la même classification. D’autant plus que ce haut-lieu de la spiritualité kabyle se trouve dans une région de sainteté. Aux Ylilten, au pied du massif Azru N’Thor, trois sanctuaires sont dédiés à Sidi Hend Belkadi. L’un deux se trouve à l’entrée du village de Tifilkout, l’autre se dresse sur un piton de Ykefillen au hameau de Tizits, au lieudit Bou-Taqa, alors que le troisième se situe dans le cimetière du même hameau. Azru N’Thor est de ce fait plus visité que le mausolée de Chikh Muhend U L’Hocine (1836-1901) à Assqif N’Tmana. Chikh Muhend U L’Hocine est originaire du village de Thakaba dans la région d’Aït Yahya. Homme de foi, poète émérite et grande figure de la résistance anticoloniale menée par la confrérie Rahmaniya, c’est un sage et un Kabyle de savoir traditionnel. Un Amussnaw devant l’Eternel, contemporain du plus grand poète kabyle de tous les temps, Si Mhend U Mhend dont les Issefra ont été traduits par Mouloud Mammeri.

Chaque année, et depuis des temps indéterminés, on vient à Azru N’Thor en quête de sérénité, de paix de l’esprit, de salut de l’âme ou à la recherche de quelques satisfactions terrestres. On y vient de tous les horizons, du pays comme de la diaspora kabyle. Du point de vue du contenant (mausolée) et du contenu (liturgie), Azru N’Thor est un lieu saint qui n’abrite pas la tombe d’un saint spécifique mais parait-être le lieu de confluences d’esprits de divers saints hommes à travers le temps. Il évoque initialement la pierre et ce qu’elle représente en termes de manifestations cultuelles immémoriales. Depuis l’aube des temps, la pierre a été l’objet de manifestations cultuelles chez les Berbères. On a adoré des pierres, sous forme de blocs ou d’idoles, mais aussi de sanctuaires en pierre. En Kabylie, dans la région d’Aïn El Hammam précisément, on connaît donc les cérémonies d’Azru N’Thor. Selon la légende, un saint homme, parmi d’autres saints, serait mort au sommet de la montagne, alors qu’il accomplissait la prière du d’hor. Serait né de ce fait le mausolée du saint inconnu qui aurait accueilli d’autres saints vers lesquels converge l’assensi.

Dans l’espace touareg, on connaît aussi Azrou. Dans l’Aïr (Niger), rocher en pain de sucre qui culmine à plus de 1 500 mètres, c’est un véritable lieu de pèlerinage des Touareg du cru. Le rocher accueille une petite mosquée. Les pèlerins suivent un itinéraire précis qui les conduit à la mosquée où ils font leurs prières et des invocations. Dans le mihrab se trouvent deux pierres, dont l’une, par frottement, produit une poudre dont on se frotte les sourcils, les paupières et la poitrine. Cette poudre passe pour prodiguer la santé. Selon la tradition, la mosquée aurait surgi miraculeusement. Comme à Azru N’Thor d’ailleurs. L’idée que la montagne est le refuge du sacré vient des temps lointains et se retrouve même durant la période chrétienne. Saint-Augustin le Berbère, dans un de ses sermons, fustige ces chrétiens qui croient adorer Dieu en montant sur les plus hautes cimes ou en descendant dans les souterrains (sermon XLV, 7).

Chemin du retour vers la banalité citadine

Au crépuscule, le pèlerinage du jour décline avec le soleil qui se couche, enveloppant la montagne d’un manteau d’or qui aggrave la sérénité céleste des lieux. Une à une, les voitures et les motos prennent alors le chemin de la descente vers la vallée. Pour nous, journalistes, c’est le chemin du retour vers la banalité de la vie citadine et de ses diverses nuisances. Une vie presque pénible dans un Alger, certes ville de beauté sublimée par une baie de toutes les splendeurs, mais ville sursaturée par ses multiples dommages environnementaux. Mais l’assensi est toujours pour nous aussi, une ascension vers un bonheur fugace mais ô combien, mon dieu, compensateur de tant d’avanies des mois durant subis. Surtout en ces temps incertains de Covid-19 qui perdure

 

 

Alors «zluth tikhssi, arnouth awrane, lembat ghurwène, adenzur analhou thikli uzarzur, adhenhoudj anelhou thikli u farrudj.»

Thanmirt, grâce et louanges à Dieu !

N.K.