Rencontre Tebboune/représentants de médias : une discussion à bâtons rompus avec le peuple

Rencontre Tebboune/représentants de médias : une discussion à bâtons rompus avec le peuple

C’est une rencontre très attendue par l’ensemble du peuple algérien, après les marches commémoratives du 22 février et après les importantes décisions prises dernièrement.

En entamant sa rencontre avec les représentants des médias, le président Tebboune a réitéré son engagement à être transparent avec le peuple : « ce qu’il y a, nous le communiquons, c’est le peuple qui m’a placé ici et je travaille pour le peuple ».

Rumeurs et fausses nouvelles

« J’espère que cette rencontre sera bénéfique pour le simple citoyen qui ne sait plus qui ni quoi croire, on l’a rendu fou avec toutes ces rumeurs », a-t-il aussi affirmé. Pour sa santé, le président Tebboune déclare qu’il est passé par une situation très grave mais « le président de la république est un être humain et il est touché comme le sont l’ensemble des citoyens dont il est d’ailleurs issu. Oui, j’ai été très malade mais, maintenant je vais très bien et j’en remercie Dieu, le Tout-Puissant ».

Abordant les rumeurs qui ont circulé lors de son absence et de sa maladie, le président Tebboune a tenu à rappeler que ce n’était finalement que des rumeurs, très méchantes, qui tentaient de saper le moral du peuple algérien. Ce sont des personnes sans foi ni loi qui faisaient circuler ce genre de messages et nous savons d’où viennent ces rumeurs, 97% de celles-ci viennent de l’étranger, et vous savez de qui je parle », a-t-il précisé. Il annonce que 98 sites qui distillent ces rumeurs et qui sont basés chez nos voisins et ils émettent leur venin de France et d’Espagne, mais « nous avons tous les moyens pour connaitre la source réelle de ces sites », confirme le président.

Un remaniement gouvernemental profond juste après les législatives

Abordant le récent remaniement du gouvernement, le président Tebboune rappelle qu’il n’a pas voulu opérer un changement complet du gouvernement par respect au peuple car il y aura un nouveau gouvernement juste après les élections législatives qui se tiendront dans deux ou trois mois. Malgré tout, le dernier remaniement a vu quand même un changement à la tête de plusieurs départements ministériels qui n’ont pas réussi à mener à bien leurs missions, comme l’énergie, l’industrie, « surtout ceux qui ont failli dans leurs missions surtout pour ce qui concerne directement la vie des citoyens », a-t-il précisé.

Il rappelle, dans le même sillage, que les membre du premier gouvernement ont été nommés pour répondre aux revendications du Hirak authentique qui demandait un changement institutionnel. Pour honorer ses engagements électoraux, Tebboune déclare que : « j’ai essayé dans la mesure du possible de nommer de nouveaux responsables, il y a même cinq ministres issus du Hirak, j’ai nommé aussi des jeunes qui commenent quand même à donner d’excellents résultats, mais il faut dire qu’il y a aussi l’expérience qui manque, mais j’ai donné leurs chances à beaucoup ».

La plupart des revendications du hirak satisfaites

Le président de la réplique rappelle aussi que la plupart des revendications portées par le Hirak authentiques ont été satisfaites, comme l’annulation du 5ème mandat, le changement du gouvernement et la dissolution du parlement. Concernant le slogan ‘Etat civil et non militaire’, Tebboune note que ce slogan existe depuis 15 années, depuis que ces personnes se sont mises à suivre ces slogans dans des pays étrangers où on leur apprend comment renverser les systèmes de l’intérieur.

« Mais le régime algérien est bien défini aujourd’hui, c’est le peuple qui a voulu ces changements et nous les avons réalisés, il ne faut pas oublier qu’il y a quand même 10 millions d’électeurs qui se sont dirigés vers les urnes lors de la présidentielle pour sauver la république algérienne », a-t-il déclaré. Enfin, le président s’est encore engagé à honorer ce qui reste des 54 engagements pris lors de la campagne électorale.

L’ANP loin de la politique

Concernant l’Armée Nationale Populaire (ANP), le président Tebboune affirme que cette institution névralgique dans tous les pays a atteint un niveau de professionnalisme qui la tient loin de la politique. « C’est une armée disciplinée, elle protège la Patrie, la Constitution, les frontières et, surtout, le peuple dont elle est issue. Sans elle, les terroristes auraient pu infiltrer les marches et les saisies d’armes blanches dangereuses lors des dernières marches en sont une preuve », déclare-t-il. Il réfute aussi tout conflit avec l’institution militaire, comme le laisse entendre les rumeurs malveillantes qui sont distillées à ce sujet.

L’Algérie peut faire face à ses besoins vitaux

Situées actuellement entre 42 et 43 milliards de dollars US, les réserves de changes algériennes, qui étaient de près de 60 milliards de dollars, ont accusé une baisse à cause des revenus pétroliers qui se sont amoindris et de la facture des importations, a annoncé le président de la république. « L’Algérie ne se trouve pas dans une aisance financière remarquable mais le pays est en mesure de faire face à ses besoins en engageant une politique de régulation des importations », rassure quand même le président Tebboune.

Il estime qu’un budget d’environ 8 milliards de dollars suffirait largement à couvrir nos besoins en semoule et en huile de table, tout en rappelant que l’Algérie produit ses propres légumes et fruits et peut même rattraper les 20% de ses besoins en blé, importés actuellement : « il suffit d’utiliser les techniques modernes pour augmenter la rentabilité, et nous avons les moyens de notre politique, il faut faire confiance en nos propres capacités », a-t-il ajouté, en mettant à l’index les voix qui essaient de prouver le contraire et de semer le désespoir au sein de la population.

Il rappelle d’ailleurs que si la facture des importations avait dépassé par le passé plus de 60 milliards de dollars par an, c’est du fait de la surfacturation et de l’importation de produits que nous pouvons fabriquer localement. « Maintenant, nous devons comprendre que nous n’importons que ce dont nous avons besoins », a-t-il asséné.

L’Algérie n’enverra pas ses enfants se faire tuer pour autrui

Un sujet brulant aussi et qui a fait couler beaucoup d’encre, c’est celui de l’envoi de troupes algériennes au Sahel ou ailleurs : le président Tebboune a été catégorique « nous n’enverrons pas nos troupes au Sahel ni ailleurs, je ne suis pas disposé à envoyer les enfants de notre peuple se faire tuer pour autrui », a-t-il affirmé pour clore définitivement ce dossier qui a alimenté beaucoup de rumeurs et de tentatives de déstabilisation.

Il rappelle que l’Algérie est une véritable force de frappe en Afrique mais qu’elle n’enverra jamais ses enfants se faire tuer en-dehors de ses frontières, sauf, nuance-t-il, quand il s’agit d’un besoin pressant de dissuasion.

« Nous n’avons aucun complexe d’ancien colonisateur avec la France »

En parlant de la France, le président Tebboune, affirme : « nous n’avons aucun complexe d’ancien colonisateur avec la France, nos relations sont d’égal à égal ». Mais il ne manque pas de citer l’existence de lobbies, dans l’Hexagone, qui « cherchent à saper les bonnes relations entre les deux pays ».

Le président réaffirme aussi ses ‘relations cordiales’ avec le président Macron, relations qui permis de réduire la crispation dans les positions réciproques des deux pays.

Pour ce qui est des dossiers en rapport avec l’ère coloniale, comme ceux de la reconnaissance par la France de ses crimes coloniaux ou les explosions nucléaires de Reggane, Tebboune est catégorique : « nous ne renoncerons jamais à notre mémoire, elle ne peut faire l’objet d’aucun marchandage ou recul, mais nous devons régler tout cela de manière intelligente et sereine ». Avant d’ajouter que l’Algérie avance résolument dans la solution de ces problèmes de mémoire.

Possible organisation des élections législatives et locales en même temps

Enfin, en abordant la tenue des élections législatives, le président Tebboune n’écarte nullement l’organisation en même temps des élections législatives et locales : « c’est une revendication légitime des algériens », rappelle-t-il. Il déclare aussi que toutes les facilitations ont été données aux jeunes afin de participer à ces élections et de participer à l’édification de leur pays grâce à la nouvelle loi électorale qui devrait permettre « l’émergence de compétences, loin de l’argent sale qui a toujours gangrené les élections ».

Tahar Mansour