Relations secrètes entre le Mossad et le Makhzen : une longue succession de trahisons (vidéo)

Relations secrètes entre le Mossad et le Makhzen : une longue succession de trahisons

Les relations (secrètes) entre les dirigeants marocains et l’entité sioniste remontent pratiquement à l’indépendance du royaume chérifien, en 1956.

C’est la raison pour laquelle, sans doute, Rabat suit le même mode opératoire dans son plan de colonisation du Sahara Occidental que le fait l’entité sioniste en Palestine. Cela va de la politique du fait accompli, jusqu’au mur de séparation et d’apartheid, en passant par les colonies illégales.

Derrière l’annonce que l’entité sioniste et le Maroc établiront leurs « premières relations diplomatiques formelles », il y a près de six décennies de coopération étroite et secrète sur les questions de renseignement et militaires entre deux « nations » qui, paradoxalement, ne se sont officiellement pas reconnues.

De nombreux médias spécialisés dans le renseignement révèlent en effet que l’entité sioniste « a aidé le Maroc à obtenir des armes et du matériel de collecte de renseignements et à apprendre à les utiliser, et l’a aidé à assassiner un chef de l’opposition.

Le Maroc a également aidé I’entité sioniste à accueillir des Juifs marocains, à monter une opération contre Oussama Ben Laden – et même à espionner d’autres pays arabes, au prix de viles et innommables trahisons.

La collaboration – découverte dans une série d’entretiens menés et de documents découverts pendant de nombreuses années – met à nue une politique sioniste suivie de longue date de construction de liens secrets avec des régimes arabes où des intérêts communs – et des ennemis – pourraient être trouvés.

C’est ce choix, puéril et aveugle, qui semble expliquer les pas franchis par Ryad et ses satellites, uniquement guidés par leur haine aveugle à l’égard de Téhéran avec sa doctrine chiite, ennemie jurée du salafisme saoudien.

Il faut dire que la relation maroco-sioniste découle en partie du grand nombre de Juifs au Maroc avant la naissance de cette entité et la « nakba de 1948, dont beaucoup y émigreraient, constituant l’une des plus grandes parties de la population israélienne.

Quelque un million d’Israéliens sont originaires du Maroc ou descendent de ceux qui l’étaient, assurant un intérêt profond et constant pour ce pays situé à plus de 2 000 kilomètres.

Majoritairement concentrés dans la région d’Achdod, non loin de la bande de Ghaza, les juifs marocains, dont les plus célèbres sont André et Audrey Azoulay, contrôlent les faits et gestes du roi marocain. Ils ont également réussi à accaparer des pans de pouvoir non négligeables en Occident, plus précisément en France. Pour la petite histoire, Mohamed VI appelle « tonton » André Azoulay.

Said Ayachi, dans un entretien qu’il nous a accordé ce jour, est allé jusqu’à révéler que ce juif pro sioniste jouit même d’un accès libre aux incommensurables richesses du royaume chérifien. Le roi Hassan II a autorisé l’émigration massive des juifs et a permis au Mossad d’établir une station au Maroc.

L’entité sioniste a fourni des armes et formé les Marocains à leur utilisation. L’assassinat, dans d’atroces souffrances de l’opposant Mehdi Ben Barka, dont sont coupables les généraux Oufkir et Dlimi, n’a été rendu possible qu’avec la précieuse aide des agents du Mossad. Un moment crucial est survenu en 1965, lorsque les dirigeants arabes et les commandants militaires se sont rencontrés à Casablanca, et le Maroc a permis au Mossad de mettre sur écoute leurs salles de réunion et leurs suites privées.

L’écoute a donné à l’entité sioniste un aperçu sans précédent de la pensée, des capacités et des plans arabes, qui se sont révélés vitaux pour le Mossad et les Forces de l’armée sioniste, certes secondée par un pont aérien militaire américain, dans la préparation, et la réussite hélas, de la guerre de 1967.

« Ces enregistrements, qui étaient vraiment une réalisation extraordinaire du renseignement, ont établi notre sentiment, du haut des FDI, que nous gagnerons la guerre contre l’Égypte », a déclaré le général Shlomo Gazit, qui deviendra plus tard le chef du renseignement militaire, dans une interview en 2016.

Pendant des années, le successeur de Hassan II, le roi Muhammad VI, a demandé l’aide d’Israël pour obtenir l’acquiescement américain à l’annexion du Sahara occidental par le Maroc, qui s’est finalement concrétisée dans l’annonce de Trump, le président US sortant. Depuis 2006, Serge Bardugo, un leader de la petite communauté juive restée au Maroc, a été l’ambassadeur du roi dans cet effort, rencontrant des responsables israéliens et des dirigeants juifs américains.

Occasionnellement, ces réunions ont été suivies par Yassin Mansouri, un ami de longue date du roi qui dirige l’agence de renseignement externe du Maroc. M. Mansouri, à son tour, a rencontré directement son homologue israélien, Yossi Cohen, le chef du Mossad, menant certaines des négociations qui ont conduit à l’accord de normalisation de ces relations honteuses.

Ali Oussi