Rapport annuel sur les droits de l’homme au Maroc : Des dépassements en cascade

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Rapport annuel sur les droits de l’homme au Maroc : Des dépassements en cascade

Le moins que l’on puisse dire c’est que l’Organisation marocaine des droits humains a jeté un véritable pavé dans la mare en présentant à Rabat son rapport annuel pour l’année écoulée.

Il en ressort des données tout simplement accablantes pour le palais royal et ses forces de la répression.

D’entrée de jeu, il est question, dans cet accablant rapport d’une farouche répression, et d’un total musèlement de l’ensemble des mouvements agissants en faveur de la défense de la dignité humaine à travers tout le territoire du royaume chérifien.

Ce n’est pas tout. Tant s’en faut. Le rapport en question déplore en effet la poursuite des condamnations à mort.

Pis encore, il est également révélé pas moins de 32 décès constatés dans le centre de détention de sa majesté Mohamed VI.

La plus célèbre, et sinistre prison marocain est la « carcel negra, ou prison noire, où des dizaines de détenus, morts sous la torture monstrueuses et inhumaine des bourreaux de Mohamed VI ont directement été secrètement enterrés dans la cour de cette prison.

Le Polisario, à simple titre d’exemple, fait état d’un nombre considérable de cas de « disparitions » non élucidées.

Quant à la détérioration du niveau de vie des sujets marocains, il est fait état, durant cette période couverte par le rapport en question, de pas moins de 22 décès, sur mille naissances d’enfants âgés de moins de 5 ans, ce qui représente un taux énorme.

Quant aux femmes qui meurent en couche, elles, sontselon des chiffres officiels et accablants fournis par le ministère de la santé marocain lui-même au nombre de 72,6 sur 10.000, ce qui est tout simplement énorme et inacceptable.

Loin de s’arrêter là, le rapport évoque également pas moins de 120 cas de suicides, causes dans la plupart des cas par les conditions de vie sociale déplorable de la plupart des sujets marocains, où les structures de soins font cruellement défaut.

Ainsi, les cas dépressifs, particulièrement nombreux, ne sont jamais pris en charge au royaume chérifien.

Le rapport parle aussi de 83 prisonniers sahraouis qui luttent pour leur indépendance, mais aussi 34 détenus d’opinion, ce qui n’est franchement ne pas peu dire.

Le scandale lié à l’espionnage d’un journaliste à l’aide d’un programme fourni par l’entité sioniste est également évoqué dans ce rapport.

Plus grave encore, le rapport évoque également l’existence de pas moins de 172 détenus politiques, bien lire « détenus politiques » en rapport avec le hirak riffin.

Les cas de procès expéditifs, de harcèlements judiciaires et d’instrumentation de la justice sont légions eux aussi.

Quant aux atteintes à la liberté de la presse, le Maroc, durant cette période, n’a pas bougé du mauvais classement qui est le sien, à savoir 135ème sur les 180 pays évalués.

Les droits fondamentaux des sujets marocains, loin d’être en reste, sont eux aussi foulés aux pieds, à travers, notamment, les entraves bureaucratiques et administratives déployées pour empêcher toute action politique, associative ou syndicale.

Mohamed Abdoun