Ramtane Lamamra : «Ne pas mettre fin à la colonisation au Sahara Occidental est de plus en plus inquiétant»

Ramtane Lamamra : «Ne pas mettre fin à la colonisation au Sahara Occidental est de plus en plus inquiétant»

L’occupation illégale de ce territoire par le Maroc, depuis, près de 50 ans, fait du Sahara occidental, la dernière colonie de l’Afrique.

Depuis 1991, date à laquelle le Maroc et le Front Polisario, représentant légitime du peuple sahraoui,  ont accepté le plan de paix de l’ONU incluant un cessez-le-feu et la tenue d’un référendum, toutes les tentatives pour organiser la consultation référendaire ont échoué.

Le Maroc s’est toujours opposé à l’intégration de l’option d’indépendance et à tout processus référendaire basé sur l’autodétermination.

L’ONU, de son côté, peine toujours à mettre en application les clauses de l’accord et mettre un terme aux entraves marocaines pour la tenue du référendum, laissant le peuple sahraoui subir au quotidien de multiples exactions et dépassement en matière des droits de l’Homme et de libertés.

Ceci dit, « les sempiternelles tergiversations autour de la décolonisation du Sahara Occidental ainsi que la persistance des conflits armés en Afrique est plus qu’inquiétant»,  l’on reprenait l’analyse du diplomate algérien, Ramtane Lamamra, le Haut représentant de l’UA pour faire taire les armes et néanmoins membre du Conseil de suivi et de recherche pour la paix, basé à Stockholm.   « La décolonisation tardive au Sahara Occidental devient inquiétante», a-t-il soutenu, dans un article publié par le Centre africain pour l’arbitrage constructif des conflits, repris par la chaîne III de la Radio nationale.

Selon l’ancien chef de la diplomatie algérienne,  « les conflits armés ont fait saigner à l’Afrique 1000 milliards de dollars depuis la guerre froide», déplorant qu’ «outre le plus grand nombre de morts dans le monde, des crises alimentaires, des crises humanitaires, le continent souffre de la dislocation sociale à côté de l’effondrement total des économies, la destruction du cadre politique et le paysage environnemental».

Toujours sur le plan diplomatique, le Conseil de paix et de sécurité de l’Union africaine (CPS) engage sa première action depuis la réinscription de la question du Sahara occidental à son agenda en préparant un sommet, prévue dans quelques jours, pour étudier la question du droit du peuple sahraoui à l’autodétermination.

Sur la base des résultats du dernier sommet africain, le CPS « tiendra un sommet sur le Sahara occidental, tandis que la troïka pourrait se réunir au cours des prochains jours pour trouver des idées et faire des suggestions », a annoncé, en effet, le commissaire à la paix et à la sécurité de l’Union africaine, Smail Chergui à la Radio nationale.

Le chef du CPS a expliqué, à l’occasion, que la retour à la guerre entre le Maroc et la République arabe sahraouie démocratique (RASD), suite à l’agression militaire menée par les forces marocaines à El Guerguerat contre des civils qui manifestaient contre la brèche illégale créée dans cette zone tampon, «confirme la fragilité de la situation et la nécessité d’agir, de sorte que les discussions reprennent afin de parvenir à une solution mutuellement satisfaisante permettant au peuple sahraoui d’exercer son droit à l’autodétermination via l’organisation d’un référendum».

M.M.H