Radicalisation en France : un journal français accuse l’alliance des dirigeants avec les pétromonarchies

Radicalisation en France : un journal français accuse l’alliance des dirigeants avec les pétromonarchies

Derrière l’accusation d’« islamo-gauchisme », les classes dirigeantes en France veulent cacher leur propre responsabilité dans le terrorisme islamique, lourde du fait de leurs liens avec les pétromonarchies et leur radicalisation néolibérale, écrit lundi, Reporterre, proche du parti des Verts.

Pour ce médias, « ce qui émerge, en fait, c’est un +capitalo-fascisme+, qui abandonne les idéaux républicains de liberté, d’égalité et de fraternité pour maintenir un ordre inégal, destructeur de la biosphère et écrasant les libertés publiques ».

Le journal qui accuse les dirigeants actuels de « lanceurs de fatwa », qui cherchent à cacher leur propre responsabilité dans la montée de l’islamisme radical en France, pointe du doigt « leur incapacité en tant que responsables de la police à cibler les islamistes, malgré la régression constante des libertés publiques qu’ils ont promu au nom de la lutte contre le terrorisme, leur amitié constante et financièrement intéressée avec les régimes d’Arabie saoudite et du Qatar, qui ont soutenu politiquement et économiquement l’islamisme radical ».

Il pointe aussi  les dirigeants et « leur vindicte constante et anxiogène contre les musulmans, qui ne peut que pousser les esprits les plus faibles de cette religion à tomber dans la haine en retour, leurs complicités douteuses – des proches de Marine Le Pen manifestant en 2009 avec Abdelhakim Sefrioui, mis en examen dans l’enquête sur l’attentat de Conflans, ou le directeur du (journal) le Point – dont un fonds de commerce est la dénonciation de l’islam, Franz-Olivier Giesbert, présentant en 2014 Tariq Ramadan comme « un grand philosophe international ».

Appelant à comprendre ce qui se passe pour « surmonter ces tombereaux de fiel », le média souligne que l’islamisme radical « est intimement entremêlé avec l’évolution du capitalisme des quarante dernières années ».

Il cite pêle-mêle les Etats-Unis qui pour faire pièce à l’invasion soviétique dans les années 1980,  ont armé les factions musulmanes les plus radicales, les aidant à « prendre de l’envergure » et le « tournant rigoriste » pris par l’Arabie saoudite après l’occupation de La Mecque par des extrémistes musulmans en 1980, pour rappeler que les pays occidentaux « ont maintenu les meilleurs liens avec ce pays et les autres pétromonarchies, en raison de leurs fournitures de pétrole, alors qu’ils savaient que ces pays soutiennent le développement d’un islamisme radical ».

S’attaquer aux source du mal

Selon le journal, « l’invasion criminelle » de l’Irak en 2003 par les États-Unis et leurs alliés « a encore contribué à jeter de l’huile sur le feu du terrorisme international ».

Appelant à cibler les causes du terrorisme, à savoir « ces alliances coupables » et la «dépendance au pétrole qui en est le ressort », le journal concède que ceci « n’implique pas qu’il faille minorer la menace que fait peser l’islamisme radical sur la société – et d’autant moins quand les apprentis sorciers qui l’ont aidé à se développer attisent en retour les ferments de la division et de la haine ».

« Plutôt que de se livrer à l’incantation des +valeurs républicaines + dans une société devenue profondément inégalitaire et oligarchique (…), il faut redire que l’enjeu essentiel pour refaire société est de faire reculer l’inégalité et de renforcer les outils intégrateurs que sont l’école, la santé, et l’accès à l’emploi », plaide encore ce média.

Celui-ci dénonce par ailleurs, les milieux qui « reprennent aussi sans barguigner les thèmes d’islamisme, de sécurité, d’immigration, pour détourner vers ces boucs émissaires la colère populaire ».

Ab. M.