Profession du Commissaire aux comptes : pour une nouvelle loi plus rigoureuse

Profession du Commissaire aux comptes : pour une nouvelle loi plus rigoureuse

La loi 10/01 relative aux professions d’expert-comptable, de commissaire aux comptes et de comptable agréé est-elle désuète ?

«Malgré son indéniable contribution à l’organisation de la profession de commissaire aux comptes, à travers l’instauration d’un nouvel organisme, à savoir le Conseil national de comptabilité, qui est chargé d’identifier et promouvoir les bonnes pratiques professionnelles, elle ne lui a pas permis de se donner les moyens de jouer son rôle notamment la formation et le contrôle qualité», commente Sassia Messahel, maître de conférence en économie à l’Université de Sétif.

Elle précise que «les résultats des recherches laissent penser que les contrôles externes de la qualité de l’audit en Algérie ne sont pas effectués, surtout en ce qui concerne le respect des normes professionnelles d’audit».

Quant à la formation des commissaires aux comptes, la loi 10/01, argumente le Dr. Messahel, «a omis la formation des commissaires aux comptes en activité». A ses yeux, «il est temps de penser à une nouvelle loi plus rigoureuse sur les deux aspects : formation et contrôle qualité».

Dans un autre registre, il convient de souligner que la réglementation de l’audit en Algérie encourage la pratique du co-commissariat aux comptes sur une base volontaire.

N’est-il pas temps d’aller vers l’obligation d’un audit conjoint ou co-commissariat aux comptes ? A cette question, l’universitaire précise que pour l’Algérie, «l’obligation du co-commissariat aux comptes ne concerne que les sociétés financières». Pour les autres formes de sociétés, «le législateur algérien a laissé le choix pour nommer deux commissaires aux comptes ou plus».

L’obligation du co-commissariat aux comptes, enchaîne-t-elle, «ne représente pas un grand problème. Donc, il faut d’abord une relance du marché financier pour parler sérieusement du ‘‘joint audit’’ en Algérie».

Maya Merzouk