« Par quel droit tenir le Net ? », dernier essai du professeur Ammar Belhimer

« Par quel droit tenir le Net ? », dernier essai du professeur Ammar Belhimer

 

Professeur de droit économique, diplômé de l’Université René Descartes, Paris V, essayiste et journaliste depuis plus d’un demi-siècle, l’enseignant de droit public à l’Université Alger1, sort aux éditions publiques ANEP son dernier opus « Par quel droit tenir le Net » consacré, comme son titre le suggère clairement, au droit devant réguler l’univers de la Toile.

Le joli titre du livre, qui a une certaine saveur poétique, renvoie les amoureux de la poésie à un poème de son confrère et compagnon de route des combats progressistes Abdelmadjid Kaouah, exilé depuis un certain temps sur les bords de la Garonne. Le titre de son poème, qui est également celui d’un recueil de poésie intitulé « Par quel main retenir le vent » dit, entre autres vers : « toi qui cherches le sens des mots, la beauté dans les lignes des mains et l’espoir dans les chiffres, tu iras par des chemins difficiles des poings et des sangsues des murs et des aiguilles ; tu iras par des chemins durs pour prouver que les mots ont souvent un sens ».

Et justement, dans cet essai, dont la rédaction de la Patrie News vous en parlera plus amplement, les mots de l’actuel ministre de la Communication, porte-parole du gouvernement, ont du sens. Notamment celui du concept de « capitalisme de surveillance » que le ministre reprend à son propre compte pour mieux appuyer ses thèses. Concept novateur et évocateur que l’on doit, à la base, à Shoshana Zuboff,  professeure émérite à la Harvard Business School, sociologue et femme de lettres américaine que l’auteur de « Par quel droit tenir le Net » connait à travers son œuvre monumentale consacrée à l’information sur L’Internet et les nouveaux modes de sa consommation, notamment la dialectique automatisation/Information.

Le professeur Ammar Belhimer écrit notamment que « prospérant hors de toute légalité, le « capitalisme de surveillance », par ailleurs qualifié de « capitalisme voyou », mérite qu’on lui oppose une grande vision réglementaire et législative émanant des guerriers d’une démocratie menacée à l’échelle planétaire : législateurs, spécialistes et citoyens ».

En parcourant le livre, on note également qu’en dépit de l’existence de lois sur la protection de la vie privée et la concurrence, « cruciales mais insuffisantes », le droit universel n’a pas encore dit son dernier mot. « Les capitalistes de surveillance sont riches et puissants, mis ils craignent les législateurs. Ils craignent les citoyens qui exigent une trajectoire alternative. Ces deux groupes sont liés dans l’œuvre de sauvetage de l’avenir numérique de la démocratie ».

Le ministre Ammar Belhimer est l’auteur de plusieurs essais dont « la Dette extérieure de l’Algérie : une analyse critique des politiques d’emprunt et d’ajustement » ;  « Les Dix commandements de Wall Street »,  et « 2049, l’année du serpent de terre », qui jette de la lumière sur l’avènement de la Chine en tant que superpuissance planétaire. Dans cet essai sobre et producteur de sens, l’auteur souligne notamment que même si ces les différents contrepoids géopolitiques à l’hégémonie américaine ne parviennent pas encore à dégager une alternative consolidée comme une troisième voie mondiale– comme ambitionnait de le faire les pères spirituels de la Conférence de Bandung au milieu des année cinquante, ils marquent toutefois des limites importantes à la puissance unilatérale et à l’arrogance américaine. Et s’il faut bien accepter que la suprématie mondiale n’est plus tout à fait occidentale, sinon américaine, c’est bien d’abord parce la Chine s’est bel et bien réveillée et que l’Empire du milieu, sur la nouvelle route de la soie, ambitionne d’être la première puissance mondiale à l’horizon 2049, l’Année du Serpent de Terre.

 Tahar Ouchiche 

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