Nous irons vers un régime semi-présidentiel

 

Slimane Laradj,  doyen de la faculté de sciences politiques   et des relations internationales d’Alger:

 «Nous irons vers un régime semi-présidentiel»

La  mouture de l’avant projet de révision de la Constitution a été largement décortiquée et analysée par  Slimane Laradj, professeur et doyen de la faculté de sciences politiques   et des relations internationales d’Alger, dans un entretien accordé au quotidien l’Expression.

Pour lui, le projet de la révision constitutionnelle constitue un des principaux outils à travers lesquels « on peut réaliser un changement et opérer les réformes exigées, que ce soit par rapport au système politique ou aux mécanismes de fonctionnement de ce système, et ce dans le but d’accéder à la nouvelle République qui consacre les principes de la déclaration du 1er Novembre 1954 et conforte les principes démocratiques ainsi que d’autres principes garantissant la continuité de l’Etat-nation et l’intérêt général.

« La chose la plus importante qu’il convient de souligner est la réaffirmation du principe que la volonté populaire soit la source de tout pouvoir et la source d’inspiration de toutes les orientations des politiques intérieures et extérieures de l’Etat algérien et les défis qu’elle doit relever », a-t-il noté à ce propos notant un peu plus loin que la volonté populaire a été et continue à être la variable principale dans la construction du présent et de l’avenir de l’Etat algérien.

« L’affirmation du respect de la volonté populaire dans les dispositions de différentes Constitutions précédentes et sa réaffirmation dans le préambule de l’actuelle mouture de la Constitution dénotent de l’importance et du rôle de la volonté populaire dans l’édification de l’avenir et la consécration des réformes », a-t-il relevé dans ce contexte rappelant que l’amendement de la Constitution intervient pour satisfaire les revendications du Mouvement populaire né le 22 février dernier, mettre un terme aux vides juridiques et dysfonctionnements existants, restaurer l’autorité de l’Etat et réaffirmer le respect de la volonté populaire, source de tous les pouvoirs.

« La Constitution traduit la philosophie générale de l’Etat, définit sa référence et les principes essentiels qui le fondent, quant aux autres détails, ils sont du ressort des lois organiques et des textes d’application. Ne pas truffer la Loi fondamentale de détails participe de sa longévité et de sa valeur », a noté Slimane Laradj.

Aussi, à ses dires, la première mouture de la Constitution instaure un régime semi-présidentiel, une catégorie qui correspond au mieux à la situation politique en Algérie et qui permet au président de la République de jouer le rôle d’un arbitre et d’un garant du fonctionnement régulier des pouvoirs publics et la continuité de l’État. Quelles sont justement les dispositions symboliques dans la révision constitutionnelle, prétendant bâtir une nouvelle République? Á ce propos, le doyen de la faculté de sciences politiques   et des relations internationales d’Alger s’est montré aussi clair que catégorique soulignant que la réaffirmation de l’importance de la référence à la déclaration du 1er Novembre qui consacre un projet de l’Etat national aux normes universelles constitue une disposition symbolique forte dans ce sens.