Normalisation des pays arabes avec « Israël » : Rabat sur les pas de Dubaï

Normalisation des pays arabes avec « Israël » : Rabat sur les pas de Dubaï

La normalisation avec « Israël »,  par certains pays arabes n’est plus un tabou. Bien au contraire. Tournant le dos à la question palestinienne, certains de ces pays sont allés jusqu’à qualifier cette normalisation d’ « historique ».  

Ainsi, après les Émirats arabes unis (EAU) qui viennent d’annoncer la normalisation de leurs relations diplomatiques avec les Israéliens, c’est au tour du Maroc de suivre le pas. En effet,  le Royaume Chérifien, « pourrait être un des prochains pays arabes à normaliser ses relations diplomatiques avec l’Etat hébreu », selon  le radiodiffuseur israélien Kan, citant des responsables américains.

« Le Maroc est un candidat potentiel en raison notamment des relations commerciales entre les deux pays et de la présence d’une communauté juive sur son territoire », souligne le média précisant dans la foulée que l’établissement de relations diplomatiques entre Rabat et (Tel Aviv) pourrait « permettre au Maroc d’améliorer ses relations avec les Etats-Unis, mais également d’obtenir la reconnaissance de la souveraineté marocaine sur le Sahara occidental par Washington ».

Laquelle « normalisation » qui n’est pas un fait nouveau d’autant que le Maroc ait déjà accueilli des dirigeants israéliens dans le passé, et les citoyens de l’Etat hébreu peuvent visiter le royaume.  En février dernier, la chaîne Channel 13 rapportait déjà que le Premier ministre Benyamin Netanyahou avait tenté de conclure un accord tripartite entre Israël, les États-Unis et le Maroc, en vue de normaliser les relations entre Rabat et (Tel Aviv).

Quand la traîtrise est…innée

Dans les faits, la traîtrise marocaine ne date pas d’aujourd’hui.

Á remonter dans l’Histoire, l’on se rendrait tout de suite compte, que l’ « amitié » entre le Maroc et « Israël » ne daterait pas d’aujourd’hui.  Elle est enracinée. C’est d’ailleurs cette « amitié » qui fait perdre la Guerre des six jours aux Arabes en 1967. Deux ans auparavant, en 1965, c’est Hassan II, roi du Maroc, alors, qui a transmis à Israël des enregistrements d’une rencontre cruciale entre les dirigeants arabes où ils discutaient de leur préparation à la guerre contre Israël.

Cette rencontre a non seulement révélé que les rangs arabes étaient divisés – d’importantes disputes ont éclaté, par exemple, entre le président égyptien Gamal Abdel-Nasser, et le roi Hussein de Jordanie, mais aussi que les pays arabes étaient mal préparés à la guerre. En se fondant sur ces enregistrements, ainsi que d’autres renseignements rassemblés dans les années précédant la guerre, Israël a lancé une frappe préventive au matin du 5 juin 1967, bombardant les aérodromes égyptiens et détruisant presque tous les avions de chasse de l’Egypte.

Il avait initialement autorisé une équipe commune des renseignements intérieurs et extérieurs israéliens, le Shin Bet et le Mossad, connue sous le nom des « Oiseaux », à occuper un étage entier du luxueux hôtel de Casablanca où se déroulait la conférence. Cependant, craignant que les agents ne soient remarqués par les invités arabes, le roi leur avait demandé de partir à la veille de la conférence.

Pendant la guerre, qui a pris fin le 10 juin, Israël a saisi la bande de Gaza et la péninsule du Sinaï à l’Egypte, la Cisjordanie et Jérusalem Est à la Jordanie, et le plateau du Golan à la Syrie.

Le Sahara occidental en toile de fond

Soutien indéfectible de la thèse marocaine  portant sur sa souveraineté su le Sahara occidental, Israël s’est à maintes fois, invité  dans le dossier. D’ailleurs, comme rapporté par des médias, « Benjamin Netanyahu était en passe de convaincre Donald Trump de reconnaître la souveraineté marocaine sur le Sahara occidental comme il l’a fait sur le Plateau du Golan ».  En échange, le royaume chérifien aurait dû reconnaître Jérusalem comme capitale de l’Etat d’Israël, y installer une ambassade et adouber le plan de paix de Donald Trump pour le Moyen Orient.

Pour ce faire, « une réunion secrète se serait déjà tenue entre Nasser Bourita, le chef de la diplomatie marocaine, et des responsables israéliens, en marge de l’Assemblée générale de l’ONU, en septembre 2018 ». Mais l’ancien conseiller américain à la Sécurité nationale, John Bolton, aurait fait capoter le deal.

Les israéliens avaient été également associés pour ériger le plus long mur de sable dans le monde (2600 kms), coupant en deux le territoire du Sahara occidental, dernière colonie en Afrique.

M.M.H