Naftal – Branche GPL, Réchauffer les hivers des algériens

Naftal – Branche GPL

Réchauffer les hivers des algériens

Nous pouvons dire que cette branche d’activité de Naftal est essentielle dans la vie des citoyens, particulièrement ceux habitants les zones non raccordées au réseau de gaz naturel à travers l’ensemble du territoire national. Naftal, Branche GPL est chargée de l’approvisionnement en gaz butane et propane des foyers et des collectivités durant toute l’année, mais la période hivernale est beaucoup plus importante afin de permettre aux familles algériennes de lutter contre le froid.

Lors de notre rencontre avec son directeur, M. Rachid Yaguer, la première chose dont il a parlé est la préparation de la période hivernale : « à la sortie d’une campagne comme celle de l’année passée par exemple, nous faisons une évaluation à la fin du mois d’avril ou au début du mois de mai de cette campagne hivernale. Nous notons ce qui a bien marché, ce qui a bien moins marché pour, éventuellement, corriger les insuffisances constatées », ceci pour démontrer l’importance qu’accorde Naftal Branche GPL à la période hivernale et à l’approvisionnement régulier et suffisant des citoyens en gaz butane et propane.

Après avoir tenu des regroupements régionaux, des plans d’assistance aux unités où des défaillances ont été constatées sont élaborés et des arrêts techniques décidés pour les opérations de maintenance et de réparation. Les arrêts techniques sont réalisés durant les mois de juin, juillet, aout, c’est-à-dire en période estivale où la demande est beaucoup moindre. Début septembre, une évaluation est faite pour savoir où sont arrivés les réparations avec un regroupement national un mois plus tard sous la direction du PDG de Naftal au cours duquel des rapports détaillés sont présentés sur tout ce qui a été fait et sur la situation exacte des zones enclavées devant bénéficier d’un approvisionnement spécial.

Il faut dire que Naftal a déjà dressé une liste des zones enclavées « qui sont appelées actuellement zones d’ombre et qui sont des régions qui étaient complètement coupées du reste du monde durant trois ou quatre jours à cause de la neige. Nous avons donc tracé un programme pour mettre à la disposition du client la bouteille de gaz dans les délais et dans les meilleures conditions possibles », a expliqué le directeur de la branche GPL. Plusieurs scénarios sont arrêtés pour cela, il y a des endroits où des bouteilles ont été entreposées comme stock de sécurité qui ne sera utilisé qu’en cas de fermeture de routes. Dans d’autres régions, des micro-centres ont été réalisés avec un stock permanent renouvelé régulièrement et qui pourra être utilisé, là aussi, en cas de nécessité, pouvant assurer deux ou trois jours d’autonomie.

« Nous avions dénombré, au début 132 communes enclavées auxquelles nous appliquions ces programmes, dont 16 à fort risque d’isolement », nous confie M. Yaguer.

Dans la même optique et toujours pour la période hivernale, Naftal Branche GPL met en œuvre des équipes supplémentaires qui ne sont engagées qu’en cas d’évolution des conditions climatiques vers l’enneigement. « Pour l’année actuelle, nous avons 67 équipes de production permanentes et nous avons engagées, par contrat, 32 équipes supplémentaires, soit un apport de près de 600 agents de production », précise notre interlocuteur.

Ces recrutements ont été réalisés pour répondre à une production de 700 000 bouteilles/jours en période de pointe des besoins nationaux en gaz butane, alors que les capacités de production de Naftal Branche GPL sont d’un million de bouteilles par jours. La même opération est aussi réalisée pour le recrutement de chauffeurs et de convoyeurs afin d’assurer des rotations supplémentaires et assurer ainsi un approvisionnement sans arrêt des centres de distribution situés dans toutes les régions du territoire national. « Cette année, nous sommes à 1200 agents supplémentaires, entre agents de production et personnel itinérant », indique encore le directeur de la branche GPL de Naftal.

Donc, et alors que tout a été dimensionné pour une production quotidienne de 700 000 bouteilles de gaz butane, en prévision de toute situation exceptionnelle, la branche commercialise une moyenne de 350 000 bouteilles/jours, l’Algérie ayant connu quand même un hiver plutôt doux et n’a donc pas occasionné le grand rush sur le gaz butane, sauf en deux pics particuliers. Ces pics ont eu lieu à la fin du mois de novembre et au début de décembre avec un pic de 420 000 bouteilles/jour, puis à la fin de décembre 2020 et la première semaine de janvier 2021, période durant laquelle 520 000 bouteilles ont été commercialisées chaque jour.

En outre, et pour l’année en cours, d’autres zones enclavées ont été identifiées par les pouvoirs publics et qui n’avaient pas encore bénéficié d’un programme de raccordement en gaz naturel et Naftal a prises en charge par la mise en place d’un stock outil, d’une alimentation régulière avec un stock de sécurité allant de 400 à 1200 bouteilles, selon la population, pour faire face à toute éventuelle coupure de routes. « Cette opération est gérée en collaboration avec les présidents d’APC et nous faisons des réapprovisionnements de manière régulière, en fonction de la consommation », explique encore M. Yaguer. Des citernes de propane ont aussi été placées dans certains endroits, entre quatre et six foyers sont raccordés à chacune des citernes et ils ont une autonomie moyenne comprise entre quatre et cinq mois. « Actuellement, nous avons raccordé près de 155 foyers, en plus de 300 écoles en bouteilles de 35 kg ainsi que 255 autres écoles en citernes de propane », indique notre interlocuteur.

Covid19

Dès l’apparition de la pandémie de covid19 et à l’instar de l’ensemble des entreprises algériennes et à travers le monde entier, des mesures préventives ont été prises au sein de Naftal Branche GPL avec la mise à disposition du personnel tous les moyens comme les bavettes, le gel, etc… En plus, toutes les bouteilles qui rentrent au centre passent au lavage avec un jet d’eau javellisée. Concernant la disponibilité du gaz butane et propane, la continuité de la production et de la distribution a été assurée grâce à des mesures prises pour cela. « Nous avons eu à fermer le centre emplisseur de Relizane où un certain nombre de travailleurs avaient été contaminés au mois de mai dernier. Des contrôles médicaux ont été effectués sur les agents et une désinfection des locaux a été opérée, mais nous avons continué à approvisionner le réseau de distribution de Relizane à partir des centres limitrophes », a précisé le directeur de la branche GPL de Naftal.

District GPL Alger

Sidi Arcine, le cœur énergétique de la capitale abrite les installations parmi les plus stratégiques en matière énergétique à Alger et constitue aussi l’endroit le plus sensible. Il abrite le district GPL qui approvisionne une grande partie du centre, du centre-est et du centre-ouest algérien. Le district dispose d’un centre de stockage GPL vrac régional d’une capacité de 7500 tonnes de GPL, approvisionné à 95% par cabotage à partir des sources de l’ouest (Arzew) et à 5% par la raffinerie d’Alger toute proche. Le centre est relié au port d’Alger par pipe. « La sécurité chez nous est un métier », affirme M. Allili, le directeur du district GPL d’Alger, en réponse à une question sur les mesures prises pour assurer la sécurité dans ce lieu où l’atmosphère est hautement explosive.

Il nous informe que les mesures de sécurité sont permanentes et planifiées : « nous n’avons pas le droit à l’erreur », déclare-t-il avant de nous demander d’éteindre nos téléphones portables avant de pénétrer dans la zone de stockage et de chargement où des ‘bras’ alimentaient les gros camions citernes qui attendaient leur tour. Nous sommes pris, aussitôt, d’un étrange sentiment, comme si le danger rodait autour de nous à cause des émanations de gaz que nous suspections plus que nous sentions.

Les travailleurs avaient tous un casque de protection, des gants et personne n’avait de téléphone. Devant notre regard étonné quand nous avons aperçu les talkies walkies, notre interlocuteur nous informa que ces appareils étaient spécialement conçus pour ce genre d’endroit et étaient donc munis de systèmes anti-déflagrants.

Des inspections par les organismes spécialisés accrédités sont menées régulièrement ainsi que des campagnes de maintenance qui sont faites en tout temps et les réserves relevées par les inspecteurs sont levées sur-le-champ. Le mouvement des véhicules et des personnes est réduit à son strict minimum pour éviter tout accident, surtout dans la zone hautement explosive qui est d’ailleurs délimitée de manière exacte et des mesures draconiennes y sont prises en matière de sécurité.

Les agents chargés du remplissage des camions citernes ou de l’entretien et de la surveillance des installations ont tous reçu des formations spécifique qui leur permettent de travailler en toute sécurité en mettant en place toutes les mesures préventives possibles. En cas de danger, ces agents sont aussi formés pour répondre de façon appropriée et de mettre en œuvre les mesures préconisées. Des explosimètres sont installés un peu partout et mesurent la densité du gaz dans l’atmosphère et avertissent quand le risque d’explosion devient probable. « C’est aussi un centre doté d’un système de détection de gaz, si la concentration de gaz dépasse le seuil de normalité dans l’atmosphère un avertissement se déclenche qui peut mener même à l’arrêt du centre », nous explique M. Allili.

Centre d’enfûtage

Juste à côté du district GPL vrac, se trouve un centre d’enfutage. Là aussi, avant d’entrer, nous avons été obligés d’éteindre nos téléphones portables après avoir suivi une présentation succincte des mesures de sécurité, avec la désignation des entrées et sorties et le point de rassemblement en cas de danger.

A l’intérieur, la circulation automobile et piétonne est réglementée pour éviter tout risque et, avant d’arriver au cœur du centre où les camions sont chargés à l’aide de chariots élévateurs, nous nous heurtons à une barrière, symbolique car matérialisée par un large ruban rouge et blanc, mais il faut s’y arrêter. Nous nous étonnons que les chariots élévateurs font tout ce va-et-vient à l’intérieur de cette zone hautement explosive alors qu’on nous oblige à éteindre nos téléphones portables qui dégagent beaucoup moins de chaleur : « nous utilisons des chariots élévateurs spéciaux munis de systèmes anti-déflagrants », explique le chef du centre enfuteur, M. Nechnèche.

Le centre enfuteur de Sidi Arcine a une capacité de production de 2000 bouteilles de gaz butane par heure (B13, B6 et B3), comme il procède au remplissage des bouteilles de propage de 11 kg (600 à 800 par jour) et de 35 kg (500 par jour). Douze camions peuvent être chargés à la fois quand la demande se fait pressante, surtout en hiver. En outre et pour parer à toute éventualité, un stock de 10 000 bouteilles de 13 kg est constitué et peut constituer un apport certain en cas de besoin ou d’un arrêt temporaire d’une ligne de production.

Deux lignes de remplissage sont opérationnelles au sein du centre enfuteur dont une a été rénovée en 2015 et la deuxième le sera dans peu de temps, le matériel nécessaire étant déjà réceptionné, la pandémie de Covid19 ayant empêché les ingénieurs et techniciens étrangers de venir pour le remplacement de la troisième ligne et sa mise en service.

Tahar Mansour