Médias : le Pr Belhimer s’exprime sur les chantiers d’assainissement du secteur et autres  actualités  

Médias : le Pr Belhimer s’exprime sur les chantiers d’assainissement du secteur et autres  actualités  

Le ministre de la Communication porte-parole du gouvernement, le Pr Ammar Belhimer, s’est exprimé dans un entretien à France 24, sur les chantiers portant assainissement du secteur des médias en Algérie, mais aussi sur les ingérences d’ONG étrangères à travers ce qu’on a appelé « l’affaire Drareni »

A propos des chaînes de TV privées fermées et le devenir des salariés dont   journalistes qui y travaillaient, le ministre a indiqué qu’elles faisaient l’objet d’un « chantier de rapatriement juridiques et technologiques », rappelant que ces chaînes privées, sont nées en 2012/13, « sans fondement juridique ».

« Il y avait un appel à candidature, un cahier de charges et des droits requis, qui ont été mis en place mais aucune chaîne n’a senti le besoin de  retirer ce cahier des charges, l’appel à candidature, les droits requis, a-t-il dit, soulignant qu’il y avait eu « un acte de non droit ».

Ces chaîne « ont exercé dans le cadre de bureaux à l’étranger », qui ne doivent pas recruter au-delà de 14 salariés, a-t-il rappelé, précisant qu’il en a qui ont eu 600 et 700 salariés ».

Le ministre a ajouté que les propriétaires de ces chaînes sont pour la plupart en prison et l’affaire de ces chaînes est entre les mains de la justice qui a désigné des administrateurs. Je me suis réuni avec deux administrateurs de ces chaînes à propos du devenir de leurs salariés, nous avons dissocié le côté commercial du côté social. On a convenu de les affecter en fonction des entreprises qui vont être créées pour alléger la situation sociales de leurs familles, a-t-il expliqué, en citant les chaînes publiques en voie de lancement.

Le ministre a indiqué qu’il avait hérité d’un « secteur de non droit », en citant la presse électronique, les agences de communication, de la publicité, les chaînes TV privés, les instituts des sondages, et l’autorité de régulation de la presse écrite.

« Pour sortir de l’informel, virer les intrus au secteur, assainir la situation pour éliminer l’argent sale, éliminer les abus de position de domination, les tentations de monopole, les prête-noms, nous avons ouvert des chantiers pour chacun de ces objectifs, en associant directement les professionnels », a-t-il dit.

Evoquant la presse électronique, le ministre a indiqué qu’ « en association avec l’institut supérieur de journalisme, nous avons réuni les animateurs de ces sites  pour préparer un projet de décret qui sera prochainement signé par le Premier ministre ».

A ce sujet, il a révélé que la consommation du papier a baissé de 80 % depuis 2010. « Cela veut dire que les algériens lisent le journal sur leur portable ou tablette », a-t-il souligné, estimant nécessaire  d’aller au numérique, en créant des sites électroniques.

« La création de sites électroniques  relève de la création de contenu notamment, en langue arabe en tamazight si on veut avoir une position stratégique sur le Net », a-t-il indiqué.

A une question sur « l’affaire Drareni », le Pr Belhimer a rappelé qu’en tant que ministre et ancien  enseignant de droit à l’université, mais aussi en tant que « fervent défenseur de l’Etat de droit »., il refusait de « commenter une décision de justice » et de « se prononcer sur une institution indépendante qui est séparée du pouvoir ».

« N’attendez pas de moi de commenter les décisions de justice encore mieux de les combattre ou de les critiquer, s’agissant du cas d’espèce (en allusion à Drareni),  je suis rassuré par le fait que les faits qualifiés par la chambre d’accusation de première instance n’ont aucun rapport avec le métier de journaliste », a fait remarquer le ministre.

Drareni « peut être journaliste, mais il n’a rien fait pour formaliser cette qualité de journaliste », a-t-il affirmé, ajoutant que « pour être correspondant d’un média étranger il faut un agrément, or, comment qualifier le travail de quelqu’un qui assure tous les jours les couvertures d’événements d’importance nationale, envoie des images à des médias étrangers, perçoit une rémunération en contrepartie et vous dit que ce qu’il fait n’est pas un travail de correspondant », s’est-il demandé.

Et d’ajouter : « Pour moi, c’est un exercice illégal de la profession de journaliste. Ce n’est pas nécessaire de le faire de la sorte, parce que l’article 50 de la Constitution protège de manière irréfragable le métier de journaliste puisque la dépénalisation du délit de presse empêche le juge de prononcer des peines privatives de liberté contre les journalistes ».

« Autre élément d’appréciation, en tant que juriste très sensible aux questions du droit, j’ai invité la défense de l’intéressé à se prévaloir de la sérénité, en exerçant l’appel contre le jugement de première instance, afin que règne un climat de sérénité, loin de toute manipulation, de toute politisation et de toute ingérence notamment étrangère », a-t-il confié.

Evoquant le rôle des ONG dans cette affaire, il a estimé que leur intervention était « une ingérence inadmissible, d’autant plus que les Algériens sont très attachés par patriotisme, à leur souveraineté fraîchement acquise et qu’ils ne tolèrent aucune voix venant d’outre mer ».

A une question sur l’accusation d’ONG selon laquelle après ce procès, la liberté d’expression serait plus ou moins menacée par l’Etat algérien, le ministre a indiqué que « ceux qui tiennent ce genre de discours, rêvent de revenir à l’ancien système, qui a réduit la presse à un champ de ruines et de mines avec des intrigues, des étrangers à la profession, des oligarques qui se sont accaparé du secteur ».

Ab. M.