Maroc : l’activiste Jawad Amghar condamné à deux ans de prison ferme

Maroc : l’activiste Jawad Amghar condamné à deux de prison ferme

Décidément, les droits de l’homme n’ont pas ‘droit de cité’ dans le royaume chérifien et être activiste des droits de l’homme n’y est pas vu d’un bon œil. Jawad Amghar, militant du ‘Hirak de Tamassinte’ en sait quelque chose puisqu’il vient d’être condamné à deux ans de prison ferme sous le coup de plusieurs charges assez lourdes, par le tribunal de première instance d’El Hacima.

Des titres de la presse marocaine rapportent, selon un membre de sa famille, que Jawad fait l’objet de charges assez lourdes comme insultes à l’égard de la force publique et de fonctionnaires dans l’exercice de leurs fonctions, incitation à la désobéissance, incitation à manifestation sans préavis et attroupement sur la voie publique. Ce n’est pas tout puisqu’il est aussi poursuivi pour participation à manifestation non autorisée, incitation à commettre des crimes et délits, entrave à la liberté du travail par la menace, incitation d’autrui à désobéir aux décisions émanant des autorités publiques durant l’urgence sanitaire, non-port du masque de protection et non-respect de la distanciation sociale. Une liste plutôt longue pour une seule personne !

Jawad Amghar avait été arrêté le 13 janvier écoulé par les autorités de Tamassinte, ville proche d’El Hacima. Plusieurs organisations marocaines des droits de l’homme avaient réclamé sa libération immédiate ainsi que tous les détenus politiques et ceux d’opinion ainsi que la levée de toute poursuite judiciaire contre les activistes.

Ces mêmes organisations marocaines estiment que la longue liste de charges retenues contre l’activiste des droits de l’homme a une liaison directe avec son activité au sein du mouvement de protestation dans la ville de Tamassinte qui réclame depuis plusieurs années des droits économiques et sociaux, la levée de la marginalisation de la ville, ainsi que son utilisation des réseaux sociaux pour faire part de son opinion.

De son côté, le tribunal de Marrakech avait déjà condamné le président du Centre National Marocain des Droits de l’Homme, Mohamed El Madimi, à 4 années de prison ferme et à une amende de 30 000 Dirhams, dans le sillage du rapport de ce centre pour l’année 2019 dans lequel il était affirmé que ‘Le Maroc est un pays colonisateur du Sahara Occidental’.

Outre ces deux affaires, l’ancien activiste du mouvement du 20 février, Adel El Bedahi, a aussi été arrêté à Casablanca, selon des médias marocains, et qu’il a été condamné à 3 ans de prison ferme et à une amende de 500 000 dirhams, décision unanimement condamnées par des organisations marocaines et internationales.

Il y a lieu de rappeler que les services de sécurité marocains mènent depuis longtemps des campagnes de restrictions et de répressions contre les activistes des droits de l’homme ainsi que contre les spécialistes des médias qui font l’objet de tortures systématiques, selon le témoignage enregistré du détenu politique, Nacer Ezzefzafi, fuité à partir de son lieu de détention.

D’ailleurs le journal britannique ‘The Economist’ rapporte que le Maroc utilise la diffamation et les fausses rumeurs pour nuire aux activistes, donnant pour exemple ce qui est arrivé à Fouad El Moumini qui a été victime d’une féroce campagne de dénigrement de la part de proches du roi Mohamed VI pour faire taire les activistes et les empêcher de dire la vérité sur la situation au Maroc.

Tahar Mansour