Lutte contre la violence et bandes de quartiers : La GN met en garde

Lutte contre la violence et bandes de quartiers : La GN met en garde

La violence sous toutes ses formes règne dans les quartiers, les marchés et les espaces publics menaçant la vie des individus. Beaucoup n’en sont peut-être pas conscients, mais notre société est de plus en plus violente. Cette violence est exercée à tous les niveaux et dans tous les milieux : dans la rue, à l’école, dans la famille et au travail.

Certaines de nos  villes ont même la mauvaise réputation de capitale de crime au point où, nul n’osait un déplacement dans certains quartiers y compris en plein jour sans se faire accompagner par des policiers ou autres services de sécurité.

Face à ce constat que nul ne peut nier, les pouvoirs publics se sont décidés d’employer les « grands moyens ». Outre une mobilisation accrue des effectifs de la police notamment dans le milieu urbain, le commandement de la Gendarmerie nationale, a, de son côté « avertis ».

« Si ces délinquants et  bandes de quartiers croient que le citoyen serait abandonné et laissé à son triste sort  entre leurs griffes, ils se font des illusions. L’Etat est capable de protéger nos concitoyens où qu’ils soient », a en effet mis en garde le Lieutenant colonel Boussif Sayeh, du commandement de la Gendarmerie nationale lors de son intervention sur le plateau d’El Bilad Tv.

Pour ce faire, le même officier, n’a pas écarté de faire appel au redoutable DSI (détachement d’intervention spécial) appelé communément « Sa3ika ». « Notre intervention face aux criminel ne se  ferait plus de manière classique comme ce fut le cas dans le passé. Aucun dépassement quel que soit sa nature ne serait toléré. Pour faire régner la quiétude, nous pourrons même faire appel aux forces spéciales de l’ANP si c’est nécessaire», a ajouté le représentant de la GN, un corps, reconnu pour « ses unité  d’interventions » formées et préparées, aptes à faire face dans de meilleures conditions de sécurité à la violence même armée de ces bandes de malfaiteurs..

 Outre le DSI, la Gendarmerie peut également « compter » sur les SSI.  Les sections de sécurité et d’intervention sont des moyens développés par le Commandement de la Gendarmerie Nationale pour consolider le dispositif de lutte contre l’insécurité et la violence. Ces Sections, sont déployées au niveau des groupements de wilayas de la GN. Le rôle assigné aux sections de sécurité et d’intervention est de mener des actions de sécurisation permanentes et continues dans les zones où sévit l’insécurité et prolifère la délinquance et le banditisme, y maintenir l’ordre et entretenir par leur présence un effet de dissuasion. A voir les éléments SSI à l’œuvre sur le terrain, il est aisé de constater la rapidité avec laquelle ses « gendarmes peu communs » agissent.

Le dispositif juridique renforcé

L’Ordonnance relative à la prévention et à la lutte contre les bandes de quartiers, promulguée par le président de la République, Abdelmadjid Tebboune, a été publiée, début septembre dernier,  dans le dernier numéro du Journal Officiel.

Au sens de la présente ordonnance est considéré comme une «bande de quartiers», «tout groupe, sous quelque dénomination que ce soit, composé de deux personnes ou plus, appartenant à un ou à plusieurs quartiers d’habitation, qui commet un acte ou plus dans le but de créer un climat d’insécurité, à l’intérieur des quartiers ou dans tout autre espace, ou dans le but d’en assurer le contrôle, en usant de violences morales ou physiques, exercées à l’égard des tiers, en mettant en danger leur vie, leurs libertés ou leur sécurité ou en portant atteinte à leurs biens, avec port ou utilisation d’armes blanches apparentes ou cachées».

Selon le texte, la violence morale «comprend toute agression verbale susceptible de causer la crainte ou la panique chez autrui, telles que la menace, l’injure, la diffamation, la terreur ou la privation d’un droit», et une «arme blanche» comprend «toutes machines, tous instruments ou ustensiles tranchants, perçants ou contondants et tous objets susceptibles de porter un préjudice ou des blessures au corps humain ou qui peut constituer un danger à la sécurité publique, tels qu’ils sont fixés par la législation et la réglementation en vigueur, relatives aux armes». 

Concernant les dispositions pénales, l’ordonnance indique qu’il «est passible d’une peine d’emprisonnement de trois (3) ans à dix (10) ans et d’une amende de 300.000 DA à 1.000.000 DA, quiconque crée ou organise une bande de quartier, s’enrôle ou participe sous quelque forme que ce soit dans une bande de quartier, tout en connaissant son objectif, recrute une ou plusieurs personnes pour le compte d’une bande de quartier».

«Est puni d’un emprisonnement de dix (10) ans à vingt (20) ans et d’une amende de 1.000.000 DA à 2.000.000 DA, quiconque dirige une bande de quartier ou y exerce un commandement quelconque», selon le texte de l’ordonnance qui ajoute qu’il est puni aussi «d’un emprisonnement de deux (2) ans à cinq (5) ans et d’une amende de 200.000 DA à 500.000 DA, quiconque encourage ou finance, sciemment, par tout moyen une bande de quartier (…)».

M.M.H