Longtemps fournisseur exclusif : La France a-t-elle perdu le marché algérien du blé ?

Longtemps fournisseur exclusif : La France a-t-elle perdu le marché algérien du blé ?

 

La France est-elle en voie de perdre son marché juteux d’exportation de blé vers l’Algérie ? L’intérêt de l’Algérie pour le blé russe a, en tout cas, suscité un vent de panique chez son partenaire historique.

Les exportateurs français de blé craignent en effet, pour leur statut de premier fournisseur de l’Algérie.  Il faut savoir que le blé français a longtemps eu la faveur de l’Algérie, sauf que notre pays  se prépare à importer plus de blé de la mer Noire, en revoyant à la baisse ses exigences de qualité pour le prochain appel d’offre.

En réalité, selon des sources très au fait du dossier, la France n’a pas beaucoup de blé à vendre après la mauvaise récolte de cet été. L’Hexagone préservant au maximum son marché intérieur, les exportations devraient, selon France Agrimer, chuter de 13% vers l’Europe et de 51% vers les pays tiers. Une bonne partie est déjà commandée par la Chine. Les ventes à l’Algérie pourraient ainsi passer de 5 millions de tonnes lors de la dernière campagne à moins de 2 millions de tonnes sur la campagne en cours. Ceci étant un autre motif de ce revirement de situation.

Le cahier des charges pour les importations de blé en Algérie est revu à la baisse pour les origines de la mer Noire. La tolérance de grains piqués ou punaisés dans les cargaisons est relevée à 0,5% contre 0,2% maximum auparavant.

C’était le principal frein aux achats de blé russe ou ukrainien par l’Office algérien des céréales. Et c’est une révolution dans la politique d’achat de l’Algérie. Premier client du blé français, elle accueillait généralement un tiers à la moitié des exportations françaises hors d’Europe.  Pour rappel, l’Algérie a importé de l’Union Européenne 3,2 millions de tonnes de blé tendre durant la dernière campagne, selon le dernier bilan de France Agrimer.

Près de 98% de cette quantité est importée de France. Durant la campagne 2016-2017, la quantité importée de l’UE était de 3,5 millions de tonnes selon la même source.


 Ferhat Zafane (avec agences)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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