Libye : des manifestants incendient le siège du «gouvernement» de Benghazi

Libye : des manifestants incendient le siège du «gouvernement» de Benghazi

Des manifestants ont mis le feu tôt ce dimanche 13 septembre, au siège du «gouvernement» installé à Benghazi, deuxième ville de  la Libye, provoquant d’importants dégâts matériels, ont rapporté des  médias, citant une source sécuritaire.

« Aux premières heures de dimanche, un groupe de manifestants a attaqué le bâtiment du conseil des ministres et l’a incendié avant de prendre la fuite », a indiqué une source du ministère de l’Intérieur du gouvernement installé dans l’Est du pays, citée par l’AFP.

Les policiers et les pompiers sont rapidement arrivés sur les lieux pour tenter de maîtriser les flammes qui ont ravagé l’entrée principale de l’immeuble, selon cette source.

Á El Marj, une centaine de kilomètres à l’est de Benghazi, des policiers  sont intervenus pour disperser des manifestants qui ont forcé l’entrée de  la direction de la police de la ville.

Au moins cinq personnes ont été blessées, selon des témoins cités par des  médias et l’hôpital central de la ville.

Le ministère de l’Intérieur du gouvernement parallèle a exhorté les manifestants dans les villes de l’Est à « ne pas porter atteinte aux biens de l’État » et à « respecter le droit de manifester pacifiquement », selon un communiqué dont l’AFP a reçu copie.

Deux pouvoirs rivaux

La Libye, qui dispose des réserves de pétrole les plus abondantes d’Afrique, est déchirée par un conflit entre deux pouvoirs rivaux : le Gouvernement d’union nationale (GNA) reconnu par l’ONU et basé à Tripoli et un pouvoir incarné par le maréchal Khalifa Haftar, qui règne sur l’Est et une partie du Sud.

Depuis janvier, des groupes pro-Haftar bloquent les champs et ports pétroliers les plus importants du pays pour réclamer une répartition équitable, selon eux, des recettes pétrolières gérées par le GNA.

Ce blocage, qui a engendré plus de 9,6 milliards de dollars (8,1 milliards d’euros) de pertes de revenus, selon les derniers chiffres de la Compagnie nationale du pétrole, a exacerbé les pénuries d’électricité et de carburants dans le pays.

Il y a deux semaines, des centaines de personnes avaient manifesté à Tripoli contre la corruption et les conditions de vie difficiles dans leur ville qui a été, durant plus de 14 mois, la cible d’une offensive militaire meurtrière du maréchal Haftar.

Les deux parties rivales ont annoncé le 22 août, séparément, un cessez-le-feu et des élections.

M.M.H

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