Le document l’attestant est signé de sa propre main : Mohamed VI reconnaît officiellement la RASD

Le document l’attestant est signé de sa propre main : Mohamed VI reconnaît officiellement la RASD

La bombe que voici, à double fragmentation, cristallise à merveille l’histoire le célébrissime et indémodable gag de l’arroseur arrosé. Un peu d’histoire d’abord pour les tenants et aboutissants de cette affaire abracadabrante.

Continuellement vexé par le soutien indéfectible de l’ex OUA (organisation de l’unité africaine), le Maroc avait décidé de ne plus en faire partie en novembre 2008. Mal lui en prit. Au fil des semaines et des années, il s’est vite rendu compte que sa « politique de la chaise vide », qui lui avait été soufflée par ses alliés et amis de l’entité sioniste, s’était avérée particulièrement contre-productive.

De guerre lasse, Rabat – sans jeu de mot aucun- Rabat ne s’est donc résolue à formuler une demande « d’intégration » de l’UA (union africain). Bien lire intégration, et non pas réintégration, car c’est là que de nouveaux, et très sérieux soucis avaient surgi pour le roi Mohamed VI.

L’UA, en effet est une guilde transnationale, bien différente de l’ex-OUA que le Maroc avait décidé de quitter. Mieux, ou pire sans doute pour le souverain marocain, la RASD (république arabe sahraouie et démocratique), en est même membre fondateur. Manque de pot pour ce royaume qui perpétue la présence de l’ultime colonie africaine en Africaine, n’importe quelle nouvelle demande d’adhésion doit faire l’objet de l’accord préalable de l’ensemble des membres fondateurs.

In fine, les choix malheureux de Mohamed VI lui feront boire son humiliation jusqu’à la lie en quêtant le quitus de ses « ennemis » du Polisario, mais en plus, pour finaliser sa démarche d’adhésion, et non pas de réintégration, il a été forcé de reconnaître formellement et officiellement la RASD.

En témoigne le décret royal que Mohamed VI a personnellement signé, officialisé de son sceau, portant explicitement la mention « république arabe sahraouie et démocratique

. Cela s’est produit en janvier 2017.Aujourd’hui, le Maroc a beau soustraire aux regards cette éclatante reconnaissance, rien n’y fera jamais. C’est signé, et bel et bien signé. C’est aussi publié sur le journal officiel marocain. L’ironie du sort, risible ‘il en fut, voudra que l’accès au journal officiel marocain soit libre et gratuite en son format PDF. Mas pas celui de janvier 2017 les faits n’en sont pas moins là.

Accablants et irrévocables. Le Maroc officiel a reconnu, officiellement aussi, cette « RASD » avec laquelle il vient d’entrer en guerre pour préserver les intérêts bassement matériels de ses proches et affidés cette reconnaissance sera un lourd soumises au conseil de sécurité de l’ONU et produite sous le nez de sa majesté Mohamed VI. Car les « erreurs » de l’histoire ne pardonnent pas. Non, elles ne pardonnent pas.

 

Mohamed Abdoun