L’autre visage des camps des refugiés sahraouis à Tindouf

Malgré l’exil et des conditions de vie difficile

L’autre visage des camps des refugiés sahraouis à Tindouf

Dans le monde, vous ne verrez pas de réfugiés aussi organisés.

Depuis, 1976 année durant laquelle les Sahraouis ont fui les exactions et toute sorte de violations de leurs droits par les Marocains, les choses ne sont plus les mêmes dans ces campements.

Les habitués de ces campements vous diront que malgré le caractère traditionnellement nomade de la société sahraouie, les réfugiés ont appris à se sédentariser dans un environnement aride et désertique, où les opportunités d’autosuffisance sont quasi-inexistantes.

La chaleur extrême – jusqu’à 55 degrés Celsius lors des mois de juillet et d’août – les tempêtes de sable, la sècheresse permanente et les très rares mais dévastatrices pluies torrentielles ne sont que quelques exemples de l’inhospitalité de la nature dans cette partie désertique du Sahara.

Chacun de ces camps, appelé wilaya ou région, est divisé en six daïras ou municipalités, regroupant chacune quatre quartiers d’habitations et dotées de services communs : le dispensaire, l’école et la mairie. Nul ne pourra le nier : l’organisation  sociale dans les  campements des réfugiés sahraouis, s’est nettement améliorée depuis 1976 à ce jour. Elle n’est plus en tout cas, celle que j’avais connue au début des années 1990, à mes premiers déplacements dans les campements », a poursuivi notre interlocuteur.  Selon lui, les  réfugiés sahraouis ont réussi à survivre depuis quarante ans grâce à l’aide de la communauté internationale et à leur bonne organisation interne. Les autorités des réfugiés ont ainsi pu mettre en place plusieurs services de base. Il y a actuellement 49 écoles maternelles, primaires et intermédiaires, et plusieurs centres de formation. « Cela dénote de la bonne gestion des campements acquise au fil des jours », a soutenu confrère.  Que ce soit à Boudjedour, Aousserd, El Ayoun, ou à Dakhla, les  petits commerces se sont multipliés ces dernières années. Tout, ou presque y est vendu.

 

La monnaie utilisée est le Dinar algérien.  Les transferts monétaires des migrants de la diaspora et le développement d’une micro-économie, à travers la faible émergence d’initiatives socioprofessionnelles privées – principalement des petites échoppes – « ont progressivement changé le paysage des camps. Une partie de la population a ainsi pu acquérir des biens matériels nouveaux, comme des téléphones portables, des télévisions, des panneaux solaires, ou des frigidaires à gaz », lit-on dans un document d’OXFAM (une confédération composée de 17 organisations indépendantes de même sensibilité qui agissent contre les injustices et la pauvreté).

Dans les campements des réfugiés sahraouis, une autre « évolution » ne peut passer inaperçue : les « taxis Mercedes ». Les « station », se situent généralement à la sortie de chaque campement. Á Boudjedour à titre illustratif, c’est un terrain vague qui est transformé en une « station taxi ». La majorité des véhicules sont d’une marque allemande. Immatriculés SH (Sahara occidental), leur propriétaires, des jeunes dans la plupart des cas, assurent les dessertes entre les cinq campements, Hassi Rabouni mais et aussi Tindouf.  C’est une autre évolution qu’on ne peut omettre.

Auparavant, dans les camps (des refugiés),  les déplacements étaient assurés uniquement par des véhicules gouvernementaux appartenant à la Direction des Protocoles dépendant de la présidence de la RASD.   Autre évolution significative dans le mode de vie des réfugiés sahraouis : l’Internet. Aussi l’électrification qui se tend à se généraliser prochainement dans tous les campements.

L’accès à ces outils existe au sein des camps, même s’il reste encore limité. Le degré d’information d’une partie de la population a ainsi atteint un niveau jamais vu. Internet incarne, en effet, autant un espace d’information que d’expression grâce aux réseaux sociaux.

L’Internet, « constitue une nouvelle source d’informations pour des sahraouis avides de reprendre leur vie en main, qui discutent et débattent autour d’un thé rituel. Ils sont particulièrement attentifs à leur situation au niveau international, aux positionnements des Nations unies, et à toute éventuelle implication dans le processus de décolonisation et la résolution du conflit », note-t-on encore dans le même document d’OXFAM.

le travail journalistique de plus en plus facilité

Tout comme la position officielle algérienne, claire et inchangée envers la question sahraouie, les journalistes algériens, eux aussi, tentent bien que mal de faire parvenir au monde entier « les souffrances » d’un peuple pris entre les griffes du colon marocain.  Les expériences vécues avec des Sahraouis,  les longs moments partagés avec ces derniers que ce soit dans les territoires libérés ou dans les camps des réfugies nous en enseignés que le» soutien « de la presse algérienne « a largement contribué, du moins à alléger les maux «.  Les sahraouis sont conscients de cette réalité. Ils sont surtout reconnaissants. Une reconnaissance, affichée au plus haut niveau de la société sahraouie. Qu’ils soient ministres, ou autres responsables sahraouis,  y compris, feu  Mohamed Abdelaziz, le président sahraoui décédé le 31 mai 2016, ils  n’ont jamais tardé à rendre un grand hommage à cette presse. Une presse qui a été souvent cible de critiques de la part des marocains. Pas besoin de rappeler que bon nombre de sites de quotidiens algériens ont été piratés par des hackers marocains.  Quoi qu’il en soit, la presse algérienne demeure l’unique presse arabe à soutenir la cause sahraouie. Si d’autres quotidiens sont venus enrichir le champ médiatique national depuis 1989, d’autres, par contre ont suivi l’évolution du conflit depuis les premiers instants de l’invasion marocaine. « Il m’est arrivé d’avoir suivi, des jours durant les combattants de l’Armée sahraouie pendant le conflit armée l’opposant aux forces armées royales marocaines. Moi, et beaucoup d’autres de mes anciens collègues, avons réalisé un tas de reportages, d’entretiens et de couvertures sur le front ainsi que dans les territoires libérés après le cessez-le feu de 1991 », en témoigne M.B, ancien journaliste à (…) sans citer là, aussi d’anciens journalistes  de El Moudjahid, Horizons, Ech Chaab et El Massa. Surtout de la télévision algérienne. Pour les « nouveaux », c’est tout simplement la relève. « Notre travail actuel au sein de la corporation consiste en premier lieu à assurer la relève des anciens journalistes algériens ayant suivis de trop près la question sahraouie depuis les premiers instants de l’invasion marocaine illégale des territoires du Sahara occidental. Nous somme le porte flambeau de cette cause noble et juste », a assuré dans ce contexte une consœur  qui a affirmé par ailleurs que le travail journalistique s’est « nettement amélioré » à partir des camps des réfugiés sahraouis. « Les anciens », journalistes se souviennent assurément de toutes ces peines éprouvées notamment s’agissant de l’envoi des articles. A cette époque-là, il fallait faire un déplacement jusqu’à Tindouf afin de faire parvenir, à chacun sa rédaction, le « papier » écrit à la main, via le fax. De nos jours, « tout a changé » avec l’internet. Avec l’émergence des chaînes TV, leurs besoins sont également pris en compte.

Farid Houali

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