La fermeture du passage de Guerguerat fait mal à l’économie de l’occupant marocain : Blumberg met le doigt sur la plaie

La fermeture du passage de Guerguerat fait mal à l’économie de l’occupant marocain : Blumberg met le doigt sur la plaie

La fermeture, depuis deux semaines, du « trou » de Guerguerat par les manifestants sahraouis donne un coup sérieux à l’économie du Maroc déjà chancelante à cause de la crise du coronavirus.

Cette faille représente la principale « route commerciale » du Makhzen vers l’Afrique de l’Ouest, selon l’agence Bloomberg. Elle était exploitée depuis des décennies. « En moyenne, 150 camions (transportant des marchandises et autres) la traversaient quotidiennement », indique la même source.

De l’aveu de responsables marocains, qui se sont exprimé sous couvert de l’anonymat, la protestation sahraouie à Guerguerat cause « des difficultés économiques » au royaume de Mohammed VI.

Et pour cause, l’occupant pensait, bien avant la propagation de la pandémie de coronavirus, à investir massivement au Sahara occidental pour relancer son économie, en dépit de sa considération comme étant un territoire « non autonome ».

« Le Maroc, qui a connu une croissance économique anémique, avant même la Covid-19, a injecté des investissements dans le territoire. Il prévoyait un projet portuaire d’un milliard de dollars », détaille Bloomberg.

C’était sans compter sur le blocus des manifestants sahraouis qui a eu effet immédiat sur les exportations des produits agricoles marocains.

En représailles, le Maroc, avec l’aide de ses alliés, tente de poursuivre sa politique expansionniste en encourageant l’ouverture de consulats « fantoches » à Laâyoune et Dakhla, les deux plus grandes villes du Sahara occidental occupé.  Quitte à acheter ces reconnaissances…

Un scandale de corruption a d’ailleurs éclaboussé Lesego Makgothi, ancien ministre des Affaires étrangères du Lesotho. Ce dernier a été soudoyé par les services de Mohammed VI pour faire changer la position de son pays vis-à-vis du conflit au Sahara occidental.

« Makgothi est soupçonné d’avoir reçu des pots-de-vin de la part du gouvernement marocain pour changer unilatéralement la position inébranlable du Lesotho en faveur du droit du peuple sahraoui à l’autodétermination », a révélé mercredi dernier le journal Lesotho Times.

Droits dans leurs bottes, les manifestants sahraouis continuent de manifester quotidiennement en face des soldats marocains. Les thèses propagandistes du makhzen, cherchant à faire croire que le Maroc est souverain dans « son sahara », s’effondrent tel un château de cartes.

Skander Boutaiba