La fermeture de routes par les citoyens est un constat de carence de la gouvernance locale

La fermeture de routes par les citoyens est un constat de carence de la gouvernance locale

Par Hacene Kacimi

Les fermetures de routes sont une forme de protestation qui prend en otage les citoyens qui font de ces derniers les premières victimes .
La fermeture de la route par les citoyens est le constat de carence de la médiation locale qui n’arrive plus à mettre en place les canaux et les passerelles de communication , entre l’administration et les gouvernés .
La médiation doit être sur le terrain et non sur les écrans de télévision. Elle doit être à l’écoute permanente des populations, pour éviter des dysfonctionnements grave du service public .
La Télévision publique , même si elle fait des efforts notables , depuis peu, elle ne doit pas faire uniquement le compte rendu des activités gouvernementales. elle doit être aussi à l’écoute des citoyens, en leur donnant une place de choix, pour exprimer aussi l’état des lieux , sans complaisance et sans langue de bois, devant éviter les turbulences sociales que nous avons vécues dans le passé .
Bloquer une route , comme forme de revendication populaire , est un acte extrême , condamnable et inacceptable, qui atteste de l’intensité des difficultés, du désarroi des populations , et de l’absence de partenaires locaux, décentralisés ou déconcentrés, crédibles , en mesure de prendre en charge les doléances et la misère du citoyen.
De tels actes constituent une atteinte aux libertés publiques . Ils ne doivent pas être tolérés par les pouvoirs publics . Dans ce domaine , la tolérance zéro doit être de mise .
Les routiers , avec leurs familles , bloqués dans le tunnel de Kherata, parce que la route a été fermée par d’autres citoyens, ont été en danger de mort .
Quelque doit le motif d’une revendication , même si elle est légitime , celle ci ne doit pas s’exprimer en menaçant la sécurité du citoyen .
Manifestation de Kherrata
L’Etat , en pareilles circonstances, est garant de la protection des citoyens . A ce titre , Il doit intervenir , réouvrir la route, sans attendre , avec toute la rigueur de la loi.
La fermeture des routes , comme phénomène de protestation est un signe d’affaiblissement de l’Etat et de la collectivité locale.
La wilaya de Bejaia est en tête du nombre de fermeture de routes , où on enregistre , parfois , 395 fermetures de route par an.
Il faut reconnaître que les fermetures de routes sont souvent au cœur d’intérêts et d’enjeux politiques locaux ,où chaque partie tente de se repositionner politiquement, pour faire pression sur les pouvoirs publics, en prenant en otage les populations et le développement local .
La fermeture de route est acte organisé et prémédité , qui fait intervenir des milices violentes , comme celles qui sont intervenues au niveau du siège de sonatrach , qui atteste d’un état des lieux préoccupant , où les comptes sont réglés en marge de la loi .
La fermeture de route est un acte de violence , commis à l’égard des usagers de la route , qui menace sérieusement l’avenir de la collectivité décentralisée, qui est ainsi privée , dans ces conditions, de projets stratégiques, devant améliorer le quotidien des citoyens .
Si la fermeture de route prend de l’ampleur , cela doit interpeller les pouvoirs publics , pour aller au delà de la médiation , en renforcent la démocratie participative , au sein de la commune , en réformant radicalement la wilaya et la commune , en tant qu’échelons décentralises , en vue d’en faire des partenaires crédibles, des acteurs économiques et politiques , en mesure de créer de la richesse , pour influer de manière significative , sur le développement local .
Le mode actuel de gouvernance de la collectivité décentralisée, par des élus au sein des assemblées, a atteint ses limites . C’est pourquoi, une réflexion profonde doit être menée par des spécialistes de haut niveau , dans un cadre collégial, où tous les acteurs seraient associés .
Les affaires de la commune doivent être gérées par de nouvelles instances professionnelles , dotées des compétences et de l’expertise nécessaires, en matière de développement et de gestion de la ville , pour rétablir, au plus vite , les passerelles avec les citoyens , de plus en plus désemparé, même si l’Etat fournit de grands efforts dans le volet social.
Si on connaît qui construit les logements, on ne connaît pas qui gère la ville, où nous enregistrons une profusion d’acteurs, sans chefs d’orchestre, dans une cacophonie généralisée, affichant une gouvernance médiocre et coupable du service public.
Dans le cadre de cette réforme, les missions délibérantes de l’assembles seront préservées , mais la gouvernance ne sera plus de son ressort, pour que les conflits au sein de cette institution , ne pénalisent plus le citoyen et le développement de la collectivité.
Hacene Kacimi