Justice : le syndicat des magistrats monte au créneau

 Justice : le syndicat des magistrats monte au créneau

La déclaration rend compte de la situation des magistrats algériens en mettant en avant plusieurs points qui rendent difficile l’exercice de leur profession, notamment au volet procédural et au délai d’examen des dossiers judiciaires, caractérisé par une célérité « étonnante » d’un côté, et une lenteur ‘inexpliquée’ de l’autre, ce qui met à mal le principe d’équité qui est fondamental dans tout exercice de la justice.

La déclaration du syndicat national des magistrats estime que cette pratique, émanant de deux hautes juridictions de l’Etat, pourrait exposer la justice algérienne « à l’insulte et au sarcasme »,  d’un large pan de la société.

Issaad Mabrouk . Président du Syndicat national des magistrats

La détérioration de la situation socioprofessionnelle des magistrats est aussi mise en avant, victime, avance-t-on de « l’absence de concrétisation des engagements reçus qui oscillent entre les lenteurs et la bureaucratie » et le SNM rappelle que le scénario de 2019 n’est pas loin, d’autant plus que l’Etat est tenu, selon la constitution « d’améliorer la situation socioprofessionnelle des magistrats afin de les mettre à l’abri des besoins ».

Un autre point est cité par le syndicat national des magistrats et concerne le report du mouvement dans le corps de la magistrature pour l’année 2020, l’assimilant à une répression bureaucratique visant les magistrats en ne prenant pas en compte leurs besoins familiaux et personnels.

Le maintien de 53 magistrats sans postes depuis cinq mois est considéré par le SNM comme « une déperdition humaine et financière ».

Un autre point de la déclaration concerne la « privation » des membres du bureau du SNM de leurs droits aux affectations et le refus de mettre des bureaux à la disposition de ces mêmes membres, avant de noter que « le syndicat s’est comporté de manière positive avec tous les efforts allant dans le sens d’une sortie de la crise que traverse le pays ».

Il (SNM) « s’offusque aussi des pressions exercées par la tutelle sur les magistrats qui ont suivi le mot d’ordre du syndicat qui refusait la reprise du travail durant la pandémie, allant ainsi dans le sens des mesures prises par le président de la république et le premier ministre dans le but de limiter la propagation du covid19 ».

Enfin, le SNM annonce qu’il compte saisir le ministère afin de séparer les œuvres sociales des magistrats de celles des autres personnels de la chancellerie car, estime-t-il « les magistrats cotisent plus mais en bénéficient le moins ».

Tahar Mansour