Inondations de Bab El oued, 19 ans déjà !

Inondations de Bab El oued, 19 ans déjà !

Il était 7 h 30 ce vendredi 10 novembre 2001 quand les crues commençaient à dévaler les voies express du quartier du Frais Vallon.  Les enfants s’apprêtaient à rejoindre les écoles, leurs parents s’orientaient vers leurs préoccupations mais les pluies n’ont pas cessé de s’abattre depuis la veille.

L’orage, qui n’avait duré que quelques minutes, devait « ressusciter » un oued, à l’origine de l’hécatombe, qui était endormi depuis des lustres. Charriant dans sa folie des milliers de tonnes de boue, l’oued M’kessel, descendant des « gorges » du Frais Vallon qui séparent des hauteurs d’El Biar et ceux de Bouzaréah.

La scène est apocalyptique, des vies sont perdues, le deuil s’installe pour durer, suite à cette catastrophe naturelle, et en moins de trois heures, Bab-El-Oued et les quartiers mitoyens sont pris au piège, de la force et de la vitesse des crues, de la route de Frais Vallon, pour finir tout en bas, dans les vagues de la mer, hautes de pas moins de quatre mètres. Des cris, des pleurs, des appels au secours, et des centaines de véhicules, camions, bus et voitures avançaient, par la force des crues.

Et c’est dans cette ambiance apocalyptique, que la bravoure et le courage des jeunes des quartiers populaires de Bab-El- Oued, s’est illustrée, encore une fois, ils étaient les premiers, on se souvient à braver le danger, risquant souvent leur vies pour en sauver d’autres.

Des balcons, des couvertures tombaient pour atterrir dans les mains des citoyens, des quartiers moins touchés, par cette avalanche de boue, pour ne citer que ceux situés à l’entrée de Bab-El-Oued, pour être vite transportée là où des espaces ont été envahis par les sinistrés, ceux qui ont été tirés des griffes d’une mort certaine, par le geste d’un inconnu, qui était là au bon moment.

L’usine mythique de fabrication de tabac, des ateliers de confection, les Hamams, des écoles, des magasins, le marché de Triolet, des immeubles et les maisons individuelles de la commune de Oued Koriche étaient engloutis et envahis par des tonnes de boue.

Plus de 800 morts, selon les autorités, ont été victimes de ce drame, outre une centaine de disparus et des dégâts matériels considérables, au terme duquel, on a commencé à penser à la gestion des drames et des risques majeurs, mais bien avant cela, comment prévenir et se prémunir des conséquences causées par les catastrophes naturelles.

 Ferhat Zafane