Importations de céréales : vers un changement de  cap

Importations de céréales : vers un changement de cap

L’Office Algérien Interprofessionnel des Céréales (OAIC) étudie ces dernières semaines la piste de la mer noire pour son approvisionnement en céréales en optant pour la Russie ou l’Ukraine en tant que nouveaux fournisseurs de l’Algerie, puisque le marché traditionnel la France s’attend à une chute importante de l’ordre de 25 % de sa production de blé tendre à 29,5 millions de tonnes en 2020/2021. Il s’agit en premier lieu de modifier le cahier des charges essentiellement le taux de grains punaisés exigé qui pourrait être revu à la hausse d’ici la fin septembre, un facteur qui pourrait favoriser l’arrivée du blé russe sur un marché dominé par la France. D’après plusieurs sources non confirmées par le principal concerné, notamment le site Réussir.fr qui cite Thierry de Boussac du Syndicat français du commerce extérieur des céréales (Synacomex), les autorités algériennes envisagent de porter le taux de grains punaisés des cargaisons à 0,5 % d’ici le prochain appel d’offres prévu pour la fin septembre. Ce niveau de tolérance marque une baisse notable par rapport au seuil de 0,2 % actuellement formulé dans le cahier de charges de l’Office algérien interprofessionnel des céréales (OAIC).Si cette modification venait à se matérialiser, elle ouvrirait la porte du marché algérien au blé de la mer Noire notamment celui russe qui souffrait de cette exigence. Face à cette perspective, de nombreux observateurs estiment que la conjoncture plaide actuellement plutôt en faveur de la Russie. Cette probabilité est fortement encouragée par la récolte record de cette année par l’ex-URSS, alors que la France s’attend à une chute importante de l’ordre de 25 % de sa production de blé tendre à 29,5 millions de tonnes en 2020/2021. Selon le responsable, ces conditions pourraient ramener les exportations françaises sur le marché algérien dans une fourchette comprise entre 1,5 à 2,5 millions de tonnes contre 4-5 millions de tonnes habituellement. Certains analystes estiment que la Russie pourrait ainsi profiter de la moindre faille pour prendre des positions sur ce marché qui apparaît comme le dernier bastion à conquérir en Afrique du Nord. De son côté, M. de Boussac affiche sa prudence par rapport à l’effet d’une éventuelle ouverture du marché algérien au blé russe, sur la compétitivité française. « Ce n’est pas parce que la Russie pourra accéder au marché algérien que nous allons perdre d’importantes parts de marché sur cette destination de manière durable. Les meuniers algériens ont l’habitude de travailler du blé français. Les Français respectent historiquement le cahier de charges algérien, permettant d’instaurer un climat de confiance, et nous avons la proximité géographique », confie-t-il à Réussir.fr. Pour rappel, l’Algérie plafonne depuis novembre dernier, ses importations annuelles de blé à 4 millions de tonnes contre 6,2 millions de tonnes auparavant.

Rabah Kourougli