France : expulsion d’un Algérien qui refusait de « livrer des juifs »

France : expulsion d’un Algérien qui refusait de « livrer des juifs »

Gérald Darmanin, ministre français de l’Intérieur, a annoncé ce samedi l’expulsion d’un Algérien. Ce dernier, qui exerçait le métier de livreur, avait refusé au de livrer des clients juifs de deux restaurants.

« Comme je m’y étais engagé, le ‘livreur’ de repas à domicile qui avait déclaré ne pas vouloir servir des clients juifs a été expulsé aujourd’hui du territoire national, après avoir purgé sa peine de prison », a-t-il souligné sur Twitter.

L’histoire s’est transformée en affaire d’opinion publique en France. Début janvier, deux restaurateurs de la ville de Strasbourg constatent l’annulation de deux commandes par le même livreur, au motif « qu’il ne livre pas les juifs ».

Avec le consistoire israélite du Bas-Rhin (région strasbourgeoise) et le bureau national français de vigilance contre l’antisémitisme (BNVCA), ils décident de porter plainte quelques jours plus tard. Le livreur est arrêté, puis jugé en comparution immédiate le 14 janvier.

Le verdict tombe : il est condamné à quatre mois de prison ferme en sus d’une expulsion du territoire français. Lors de ce procès, « le tribunal a suivi exactement les réquisitions du parquet », indique France 3.

De son côté, Raphaël Nisand, avocat des deux restaurateurs, a affirmé que le renvoi du mis en cause avait été rendu possible grâce à une coopération internationale entre la France et l’Algérie. Car, selon lui, les fameuses OQTF (Obligation de quitter le territoire français) sont rarement appliquées.

« Il faut pour cela que les autorités françaises soient sûres que, au moment où la personne expulsée arrive dans son pays d’origine, elle sera acceptée par les autorités de son pays, ce qui est loin d’être le cas dans la plupart des affaires d’expulsion. C’est généralement cet accord qui fait défaut dans les autres cas. Là il y a donc eu une coopération internationale sur le cas de ce jeune homme, entre la France et l’Algérie », a-t-il expliqué à la même source.

Skander Boutaiba