France : ces Algériens qui vont « à l’improviste »  à l’aéroport, espérant embarquer

France : ces Algériens qui vont « à l’improviste »  à l’aéroport, espérant embarquer

Depuis la fermeture des frontières, le 17 mars 2020, à cause de la progression de la pandémie de coronavirus partout dans le monde, les Algériens, qu’ils soient bloqués ou résidents à l’étranger, galèrent pour rentrer au pays. Aucune solution à court terme ne semble se profiler.

En France, où une forte communauté algérienne est établie (la plus forte d’ailleurs), de nombreux ressortissants se rendaient chaque jour à l’aéroport d’Orly, situé à dix kilomètres au sud de Paris, « pour tenter d’embarquer dans un avion ». Devant la porte 42D, ils s’entassaient.

France Info a interrogé un certain nombre d’entre eux. « J’ai dormi à l’hôtel, j’étais déjà ici la veille et je suis encore là aujourd’hui », explique Hakim. Ce ressortissant a pris la décision de d’aller directement à l’aéroport pour acheter un billet et tenter d’aller voir son père, dont le pronostic vital est engagé. « J’habite à Lyon. Mon père a 92 ans, il a eu un AVC et après une semaine à l’hôpital, on le renvoie à la maison parce qu’il n’y a plus rien à faire », ajoute-il.

De son côté, Nabilla se montre acerbe. Cette ressortissante a emmené sa mère à Orly dans l’espoir de lui trouver une place dans un avion pour « accompagner le cercueil de son mari et l’enterrer dans son village en Algérie ».

Pour elle, l’organisation est nulle. « Le consulat de Metz nous avait garanti que nous étions inscrits pour le départ de notre maman », précise-t-elle.

Et de tonner, « C’est n’importe quoi. Il faudrait dire aux personnes de partir à telle ou telle date, mais ce n’est pas la peine de venir s’entasser devant une porte d’aéroport. Il y a zéro communication en fait et zéro organisation ».

En raison de la fermeture des frontières, de nombreux Algériens, détenteurs d’un visa, sont toujours bloqués en France, d’après la même source. « Ils sont loin de chez eux, loin de leur famille, livrés à eux-mêmes », déplore Badis Khenissa, fondateur de Touisa, une plateforme solidaire qui essaie de leur trouver des solutions d’hébergement.

« Ils se retrouvent à vivre au jour le jour dans des situations psychologiques et sociales alarmantes », se désole-t-il.

Depuis hier mardi, les vols de rapatriement s’effectuent au départ de l’aéroport Roissy Charles De Gaulle, situé au nord-est de Paris. Selon une estimation de M. Khenissa, « sur les 25 000 Algériens bloqués à l’étranger, 18 000 ont été rapatriés ».

Skander Boutaiba