Face au juge, Toufik, Tartag et Saïd Bouteflika ont nié tout « complot » contre l’armée

Face au juge, Toufik, Tartag et Saïd Bouteflika ont nié tout « complot » contre l’armée

Mohamed Mediène, alias « le général Toufik, Athmane Tartag et Saïd Bouteflika ont été acquittés hier samedi par la Cour d’appel militaire de Blida dans l’affaire dite du « complot contre l’autorité de l’armée ».

Face au juge, chacun d’eux a plaidé son innocence. « Je suis là pour des accusations très graves. Dieu m’en est témoin. Je suis innocent de tous les faits qui me sont reprochés. Je n’ai jamais comploté contre mon pays, mon peuple ou mon armée », a attesté Saïd Bouteflika dans une lettre qu’il a tenu à lire devant le juge.

« Je ne veux pas revenir sur les détails et les faits, que je laisse à l’histoire. Il n’y a qu’un seul responsable, qui est le président de la République, le moudjahid Abdelaziz Bouteflika, qui a consacré sa vie à son pays et à son peuple », a-t-il ajouté.

Très amaigri, selon El Watan, le frère de l’ancien président a révélé que ce dernier était assigné à résidence sans donner, toutefois, davantage de détails. « Aujourd’hui, lui et les membres de sa famille se retrouvent qualifiés de ‘‘issaba’’ (bande). Il se retrouve assigné à résidence, emprisonné, injustement et illégalement pour cette affaire et d’autres, préfabriquées et imaginaires. Mon frère n’a jamais parlé », a-t-il regretté.

Le général de corps d’armée à la retraite, Mohamed Mediène, ancien patron du renseignement, a aussi rejeté en bloc toutes les accusations. « Ce qui est certain, c’est que cela n’a pas été fait dans le cadre d’un complot. On dit complot contre l’Etat et l’autorité militaire. Contre l’Etat ? Saïd Bouteflika, le frère conseiller du Président était présent. Contre l’armée ? Nous étions à Dar El Afia, une résidence qui appartient à l’armée. Moi-même j’ai dit à Saïd Bouteflika qu’il faut parler avec le chef d’état-major, Gaïd Salah. Pour moi, tout cela était normal », s’est-il défendu.

Quant à Athmane Tartag, également ancien patron du renseignement, il a assuré que l’unique complot c’est celui qui « les a ciblés  (les quatre accusés) », toujours selon El Watan.

 « Comment puis-je accepter qu’à la fin de ma carrière on m’accuse de complot ? Le traître, c’est celui qui en a décidé ainsi. Lorsque l’Algérie avait besoin de nous, on a donné tout ce qui était possible pour ne pas la laisser tomber durant les années 90’. Qui a parlé de complot ? Pensez-vous que le général Toufik puisse comploter ? Le vrai traître, c’est celui qui l’a dit… », a-t-il asséné.

Et d’enfoncer le clou, « Saïd Bouteflika en tant que conseiller du Président m’avait demandé de préparer la villa Dar El Afia, qui n’a jamais été une résidence secrète. Nos agents sont postés là-bas 24 heures sur 24 pour assurer la sécurité. Le conseiller devait rencontrer des gens, il fallait donc préparer les lieux. Saïd Bouteflika peut voir qui il veut. La garde a préparé la maison pour y recevoir Louisa Hanoune et le général Toufik, où est le problème ? »

Enfin, Louisa Hanoune, la secrétaire générale du Parti des travailleurs, a tenu les mêmes déclarations que Saïd Bouteflika et les généraux Toufik et Tartag. Autrement dit, « il n’y a eu aucun complot ».

« Ce n’est pas la première fois que je rencontre des hauts responsables de l’Etat. J’ai rencontré tous les présidents sauf Boumediene, les responsables de la sécurité nationale, et j’ai aussi rencontré Ahmed Gaïd Salah en janvier 2014. Aussi, j’ai rencontré à maintes reprises des ministres, des walis et des chefs de gouvernement », a-t-elle déclaré devant le juge, d’après El Khabar.

Skander Boutaiba