Face à l’infiltration de soldats marocains déguisés en civils à Guerguerat : Le  Polisario menace de riposter avec force

Face à l’infiltration de soldats marocains déguisés en civils à Guerguerat : Le  Polisario menace de riposter avec force.

La patience a des limites. Face aux provocations répétées d’un Maroc qui occupe illégalement les territoires du Sahara Occidental depuis 1975, le Front Polisario, ne veut pas se laisser « intimider».

Le Front Polisario a en effet, mis en garde contre l’escalade militaire dans la zone de Guerguerat tenant le Maroc pour responsable de ce que pourrait engendrer cette situation «dangereuse et aggravante».

En raison des violations marocaines de l’accord militaire N°1 et du cessez-le-feu, le Gouvernement sahraoui a affirmé qu’il «répliquera fermement» à toute intrusion d’éléments militaire ou civil de l’occupation marocaine dans les parties libérées du Sahara occidental, mettant en garde que le Maroc qui, a commencé à mobiliser ses forces militaires dans la région.

«Après s’être mobilisées le long du mur de la honte dans la zone adjacente à la brèche illégale dans la région d’El Guerguerat, et en violation flagrante des termes de l’Accord militaire n 1, les forces d’occupation marocaines ont commencé hier soir à déplacer un grand nombre de gendarmes et autres forces de sécurité dans la région», a indiqué le gouvernement sahraoui dans un communiqué.

«Des informations confirmées sur le terrain indiquent que les forces d’occupation marocaines ont commencé à déguiser ces groupes sous les yeux même des observateurs de la MINURSO, dans le but de les introduire dans la zone tampon, afin d’attaquer les civils sahraouis en sit-in, il y a plus de deux semaines, dans le cadre de leur manifestation pacifique contre la brèche illégale à El Guerguerat», a-t-on précisé.

Le Polisario avertit que « l’entrée de tout élément militaire, sécuritaire ou civil marocain « à Guerguerat, qui borde une zone tampon contrôlée par les casques bleus de la Mission des Nations unies au Sahara occidental (Minurso), « sera considérée comme une agression flagrante, à laquelle la partie sahraouie répliquera énergiquement, en légitime défense et en défendant sa souveraineté nationale, ce qui signifiera également la fin de l’accord de cessez-le-feu et enclenchera une nouvelle guerre dans toute la région» .

Le gouvernement sahraoui tient également les Nations unies, et le Conseil de sécurité en particulier, pour responsables de la sûreté et la sécurité des civils sahraouis.

 Le doigt sur la gâchette

Le Maroc qui a toujours fait fi de la législation internationale, ne s’en soucis guère.  D’ailleurs, selon des médias, marocains même, d’importants renforts militaires sont stationnés dans la région.

« Des témoins auraient confirmé qu’un convoi de plusieurs véhicules blindés se serait dirigé, vendredi dernier, vers la zone de Guerguerat, à la frontière entre le Maroc et la Mauritanie, où une poignée de miliciens du Polisario, déguisés en civils « empêchent toujours la circulation des camions dans les deux sens, sous le regard attentif de la Minurso! », écrivait ce mardi Le 7 TV, donnant ainsi du crédit à la thèse marocaine, d’une soi-disant souveraineté sur les territoires libérés du Sahara Occidental.

« Ainsi, un bataillon des Forces Armées Royales aurait reçu l’ordre de se déployer rapidement au niveau de cette zone sensible, et serait actuellement positionné à moins de 2000 mètres de la frontière Sud du Maroc, en attendant le feu vert pour dégager les miliciens du Polisario Manu-militari », affirme le même média, notant que « tous les scénarios restent envisageables, surtout que la fermeture de ce point de passage a causé beaucoup de préjudices aux opérateurs économiques Mauritaniens et Marocains ».

Une « alerte» qui intervient quelques jours seulement après le déplacement de l’Inspecteur général des Forces armées royales (marocaines), le Général de corps d’armée, Abdelfattah Louarak ainsi que de hauts gradés en « Zone sud au niveau du dispositif de défense marocain (Mur de sécurité) » en septembre dernier.

Confirmée par ses sites d’informations marocaine, cette visite « intervient» avaient-il mentionné,  en « riposte à une horde de mercenaires du Polisario en provenance des camps de Tindouf et même plus avec d’autres groupes en provenance de Mauritanie qui se préparent simultanément à grossir les rangs des séparatistes au niveau de Guerguarat et y installer des tentes et imposer un sit-in» .

Hespress, par exemple, s’est autorisé ainsi d’écrire que « nos Forces armées royales sont en alerte et sont prêtes à passer à l’action et défendre notre Sahara marocain si les circonstances l’exigent» .

La situation sécuritaire dans la zone d’El Guergeuerat  au sud du Sahara Occidental «reste de ce fait  tendue.

Les incursions militaires marocaines dans la zone est une violation  de l’accord de cessez-le-feu signé le 6 septembre 1991 entre le Maroc et le Polisario, sous les auspices des Nations Unies.

Et sur place, les militaires des FAR, ne sont assurément pas en « excursion» .

L’irréparable pourrait ainsi survenir à tout instant au vu et su des Nations unies qui n’ose faire bouger le petit doigt y compris, sa Mission, la Minurso.

Autrement dit, les Sahraouis, pour arracher leur indépendance et exercer leur souveraineté sur tout le territoire de la RASD son « prêt» à tout. Le message est aussi clair que précis. Le Maroc le sait bien. L’Histoire en témoigne.

Les raisons d’une hystérie

Habituées à ses affabulations, héritées tout comme son trônes, les mensonges, l’expansionnisme,  et les provocations,  Mohamed VI a, comme à son accoutumée, repris dans son discours, prononcée à l’occasion de ce que les Marocains, appellent « la Marche Verte », une vision dépassée, a dénaturé des vérités concrètes, et repris avec redondance des positions intransigeantes et irréfléchies, tant bien même qu’il sait pertinemment que la communauté internationale ne reconnaît pas la souveraineté marocaine sur le Sahara Occidental.

La communauté internationale ne reconnaît pas en effet, la prétendue souveraineté du Maroc sur le Sahara Occidental, étant propriété exclusive du peuple sahraoui qui est le seul à l’exercer conformément aussi bien à la Charte des Nations Unies, à l’acte fondateur de l’Union africaine (UA) qu’à l’avis même de la Cour internationale de justice, aux arrêts de la  Cour de justice de l’Union européenne (CJUE) et aux avis juridiques émis par l’ONU et l’UA.

Aussi, Mohammed VI, a dénoncé le Front Polisario qui fait « obstacle au mouvement des transports entre le Maroc et la Mauritanie via le passage du Guerguerat depuis deux semaines» .

« Le Maroc restera ferme sur ses positions et ne se laissera nullement fléchir par les provocations stériles et les manœuvres désespérées des autres parties » affirmait-il en effet.

La zone de Guerguerate est pourtant, située en dehors du «mur de défense» érigé par le Maroc entre les territoires qu’il occupe au Sahara Occidental et ceux libérés par le Polisario et jouxtant les frontières mauritano-sahraouies, d’autant qu’elle revêt une importance stratégique et vitale pour l’économie marocaine, pour être le seul passage terrestre exploité actuellement par le Maroc.

En raison de la pandémie de COVID-19, le Maroc a du fermer ses frontières aériennes et la navigation maritime a grandement baissé.

Or, il focalise sur la brèche de Guerguerate pour poursuivre les opérations d’exportation vers l’Afrique en vue de financer son économie confrontée à une véritable crise à cause du recul considérable des revenus des exportations marocaines et l’effondrement de plusieurs secteurs de son économie tels que le tourisme et les transferts de la communauté marocaine établie à l’étranger.

« En moyenne, 150 camions (transportant des marchandises et autres) la traversaient quotidiennement» , indique la même source.

De l’aveu de responsables marocains, qui se sont exprimé sous couvert de l’anonymat, la protestation sahraouie à Guerguerat cause « des difficultés économiques» au royaume de Mohammed VI.