Entre doutes et espérances populaires : un référendum caractérisé par un fort taux d’abstention

Entre doutes et espérances populaires : un référendum caractérisé par un fort taux d’abstention
Hassen Kacimi
Pour la première fois de l’histoire de l’Algérie indépendante , la volonté populaire du peuple Algérien a été renforcée et respectée  .
La marche de l’Algérie vers son nouveau destin, ne se fera pas dans le désordre et dans le chaos.
Les partisans d’une Algérie dévastée et à genoux, sont surpris et désappointés, parce qu’ils n’auront plus suffisamment de matières, pour étaler, en public, le trucage des élections, dans le but d’assombrir encore plus le paysage politique de notre pays.
Le complot du trucage des élections a été évité, grâce à la sagesse des hommes qui président aux destinées de notre pays.
Le fort taux d’abstention, durant ce scrutin, n’a pas pas été un motif pour céder aux vieux démons, consistant à gonfler les taux de participation, dans le but de donner plus de crédibilité aux gouvernants.
Les pouvoirs publics ne doivent pas avoir honte de ces résultats; bien au contraire, on doit se réjouir, parmi les nations modernes , du respect de la volonté populaire qui n’a pas été altérée, par l’intervention de l’administration, qui a gardé sa neutralité, comme l’exige la loi du pays.
Le temps de la langue de bois est passé . Nous devons apprendre à nous dire la vérité , pour éviter d’alimenter la rumeur et d’aller chercher la vérité à l’étranger, sur les plateaux de télévision qui ne savent que distiller leur poison,  pour mieux nous égarer et nous opposer,  sur des querelles marginales.
Se dire la vérité n’est pas une offense, ni un manque de respect . Souvent, la vérité blesse ou dérange et les gouvernants en mal de légitimité apprécient très mal qu’ils soient sous le feu de la critique.
La culture du dialogue est bienfaitrice. Elle nous met à l’abri du pouvoir tyrannique.
Si le Covid 19 peut expliquer pourquoi certaines personnes ont refusé de se déplacer dans les centres de vote , cela n’est pas suffisant. il ne peut à lui seul expliquer ce fort taux d’abstention qui est révélateur de tant de carences de gouvernance, et d’un profond malaise politique et social.
Les chiffres n’ont pas été triturés, pour dire à l’opinion nationale et internationale que la volonté populaire a été respectée , même si le peuple n’est pas sorti massivement.
Le fort taux d’abstention doit être aussi décodé . Il exprime la persistance du mécontentement  de la population qui défit les pouvoirs publics , par l’exigence de plus de transparence et de plus de démocratie .
Les analystes en sociologie politique doivent allez au fond des préoccupations du citoyen, pour comprendre l’abstention des 19 millions des électeurs Algériens qui n’ont pas accompli leur devoir électoral.
Certains pensent que le calendrier du vote a été mal choisi .Nous sortons d’une situation de crise, au cours de laquelle les défiances envers les pouvoirs publics sont intacts et plus importantes.
La population, dans sa majorité, pense que même si elle vote, rien ne changera . Le défi en matière de réhabilitation du crédit des pouvoirs publics est immense et non insurmontable, pour peu que la volonté politique soit mobilisée, en ce sens .
Les prémices du changement sont la. Mais ceux qui pensent que le changement doit être  immédiat se trompent fortement.
Ce qui a été détruit pendant plus d’un demi siècle, ne se répare pas en quelques jours, ni en une année. Ceci est la voie de la raison et du bon sens.
Pour nous préserver contre la déraison et le désordre , on doit tous nous reaclimater aux bonnes vertus de la démocratie qui nous inculque l’art d’écouter les autres .
Le défi est dans le camp des pouvoirs publics qui doivent prouver que  le changement aura lieu. Mais pour cela, il faut du temps,  des résultats et une volonté de changement.
L’adoption de la constitution,  avec un taux de participation aussi faible, ne risque pas de dissiper, de sitôt, les malentendus.
L’appel aux vieux caciques et ténors, ainsi qu’aux petits partis satellites, de l’ancien système, ayant servi de caisse à raisonnance,  pour faire campagne pour le compte de ce scrutin, a été très mal apprécié par la population et par la jeunesse.
La Kabylie a boycotté le scrutin . C’est un message fort, adressé aux pouvoirs publics, qui doivent assainir un contentieux, au niveau de cette région, vieux de plusieurs décennies, pour apaiser le climat et fermer la porte à tous le aventuriers, prônant l’autonomie ou un séparatisme, sponsorisé par certaines capitales  étrangères  .
La défiance des pouvoirs publics ne doit pas être interprétée comme une désobéissance civile, mais comme une exigence légitime, tant les maux et les fractures sont importants, à l’origine d’une crise de confiance profonde, entre les gouvernants et les gouvernés.
Les hommes politiques qui président aux destinées de l’Algérie, sont conscients de la responsabilité historique,  dont ils doivent faire preuve, pour éviter tout dérapages ou  un détournement de la volonté populaire .
Les conclusions que nous devons tirer, de cet événement national, sont là et nous devons les décoder rapidement , pour continuer notre marche vers le salut.
Le changement radical doit intervenir au plus vite et sans attendre , même si ce processus irréversible, fait l’objet de tentatives de sabordages successifs .
Il est absolument vital de renforcer la volonté populaire qui a exprimé le désir d’un changement profond et radical, devant éviter le retour à la case de départ, mortel , pour le devenir de la nation.
Des pratiques, d’une autre époque, encore vivaces, attestent de la difficulté du passage à une gouvernance, où le personnel politique est comptable de ses actes , et doit partir, ou démissionner, si son action n’est pas concluante.
Le peuple refuse qu’on ne l’écoute pas, qu’on lui manque de respect ou qu’on recycle un personnel politique qui traine des casseroles, et qui tente de revenir au devant de la scène politique, pour narguer ,de manière ostentatoire, le hirak .
Ce moment historique, à la croisée des chemins de notre pays, est un autre défi que nous devons relever, pour nous consacrer à la prise en charge urgente des enjeux économiques, sociaux et politiques, fondamentaux ,de notre pays .
Notre pays est passé de la légitimité historique à la légitimité des urnes . La démocratie ne se décrète pas. Elle est un long processus de combats politiques, de la société civile et politique, contrariés par de fortes réticences au changement, émanant de forces occultes et extra constitutionnelles.
La justice , la presse et la société civile sont incontournables, dans la construction de l’Etat de droit .
Ce sont des contre pouvoirs que nous devons renforcer, pour mettre notre pays à l’abri du pouvoir personnel et monarchique.
La peur d’une vacance du pouvoir ,suite à la maladie subite de notre Président , à qui on souhaite un prompt rétablissement, a laissé planer, ces jours ci, de vives inquiétudes de la population, qui a encore le souvenir des affres de la décennie des années 1990, où le pays a sombré dans une vacance et une violence terroriste, destructrice.
Pour éviter le retour des vieux démons, les gouvernants sont appelés à tenir un discours rassembleur, pour renforcer l’unité, la cohésion et la résilience de la nation.
Les menaces régionales, n’ont jamais été été aussi fortes et imminentes que maintenant.
L’avenir de l’Algérie se construit aujourd’hui , en mettant tous les atouts de notre côté , pour un redressement national, par la consécration de l’Etat de droit , qui doit mettre l’Algérie à l’abri de la tentation de tout gouvernant, qui caresserait le rêve interdit, de s’ériger en monarque absolu .
Les débats et querelles, d’un niveau marginal , doivent être prohibés . Nous ne doutons pas de notre identité . Nous sommes un peuple Amazigh, arabisé par l’Islam, qui est notre religion.
Le débat est clos et nous devons passer à la reconstruction de notre pays, panser les plaies, réunir notre peuple, dans l’amour et la fraternité, pour le bien être de nos enfants.
Faire face aux défis des années à venir est une question vitale . Pour cela, nous devons faire appel aux meilleurs de nos enfants, dont le patriotisme est toujours au rendez vous, quand la nation nous réclame.
Que dieu protège l’Algérie et son peuple

 

Hassen Kacimi