Discrimination envers certaines minorités : la Haut-commissaire aux droits de l’homme de l’ONU épingle la France

Discrimination envers certaines minorités : la Haut-commissaire aux droits de l’homme de l’ONU épingle la France

Les spécialistes de la question sont unanimes à affirmer que la France est un des pays d’Europe où les discriminations sont les plus importantes.

« Lorsqu’on demande aux Français si la discrimination fondée sur la couleur de peau, l’origine ethnique ou la religion est répandue, près de huit sur dix répondent par l’affirmative, contre à peine six Européens sur dix «, déploraient en juin dernier, deux économistes français.

Et ce n’est pas l’unique question qui inquiète la  Haut-commissaire aux droits de l’homme de l’ONU, Michelle Bachelet, qui a interpellé les autorités françaises sur les discriminations de certains groupes et «minorités raciales et ethniques».

Interrogée spécifiquement sur la France pendant une conférence de presse, et en particulier sur la loi de sécurité globale et les violences policières,Mme Bachelet a, en effet, dressé une liste de sujets d’inquiétude et de recommandations aux autorités françaises, rapportent plusieurs médias.

« Nous exhortons les autorités françaises à éviter de prendre des mesures qui résultent dans la stigmatisation de groupes entiers et nous les exhortons à prendre activement des mesures pour que des groupes ne soient pas stigmatisés ou ne voient pas leurs droits de l’homme violés parce que certains individus ont fait des choses qu’il ne fallait pas faire», a déclaré Mme Bachelet.

La Haut-commissaire a rappelé qu’en termes de violences policières, elle avait déjà fait part de ses inquiétudes durant les manifestations du mouvement de protestation des «gilets jaunes», lancé fin 2018 en France, et elle «encourage les autorités à mener des enquêtes rapides, complètes, indépendantes, impartiales et transparentes pour toute violation des droits de l’homme».

Elle a aussi rappelé qu’elle s’est déjà inquiétée depuis longtemps «du racisme et des contrôles aux faciès des forces de l’ordre qui doivent être traités urgemment».

Ces dérives «risquent d’entamer un peu plus le lien de confiance entre la police et la population, en particulier les minorités raciales et ethniques», a-t-elle insisté.

«J’exhorte la France, comme je le fais pour beaucoup d’autres pays, à examiner sérieusement ses méthodes de maintien de l’ordre et à éliminer les pratiques discriminatoires et les biais envers certains groupes», a-t-elle ajouté.

La conférence de presse de Mme Bachelet faisait suite à son discours sur les perspectives des droits humains dans le monde, dans lequel elle a mené un véritable réquisitoire contre la manière dont les autorités dans le monde entier ont mené la lutte contre la pandémie, sacrifiant souvent les droits humains.

M.M.H