Développement local : il faut rendre des comptes 

 Farid Houali 

Développement local : Il faut rendre des comptes 

Dans l’ensemble, les niveaux de développement enregistrés dans certaines communes au sein des zones de montagne, de l’Intérieur du pays, dans le Sud et dans les « zones d’ombres »,  se «situent bien en-deçà des seuils acceptables».

« L’effort d’investissement consenti par l’Etat à travers les différents plans de développement local a quelque peu favorisé les communes abritant les grands centres urbains de la wilaya, au détriment des espaces ruraux et de montagne qui ont fortement perdu leur attractivité en raison de l’absence d’une vision intégrée du développement», a-t-on en effet relevé dans une récente étude du Centre National d’Etudes et d’Analyses pour la Population et le Développement (Ceneap). 

 Cloîtrés derrière les murs de leurs bureaux « climatisés »,  bon nombre de nos élus locaux et autres « walis et chefs de daïras » sont dans la plupart des cas,  « complètement déconnectés » de la moindre préoccupation citoyenne. Ils ne songent qu’à ce que pourrait leur rapporter leur fonction. 

Dans certaines contrées de cette vaste Algérie, on continue à mener un quotidien  « préhistorique ». Qu’il s’agisse du développement local, du logement, de réseaux d’assainissement,  et/ou de l’eau potable, le citoyen ne peut compter que sur…lui-même. 

Un cumul de mensonges. Entre le citoyen et son administration, le fossé s’est de plus en plus élargi. Une véritable crise de confiance s’est installée. En un mot : le citoyen algérien ne croit plus aux promesses.  

Face à cette réalité « reconnue » en haut lieu de l’Etat,  le président de la République avait signé le 8 août en cours des décrets portant fin de fonctions pour plusieurs  chefs de Daïras et suspension pour enquête de nombre de présidents d’Assemblée populaire communale (P/APC) pour non réalisation de projets tracés dans les zones d’ombre.

Et ce ne serait qu’un « début » d’un processus consistant à exiger des comptes à ceux qui ont fait montre de «passivité» en matière de prise en charge des préoccupations et des problèmes des citoyens dans les zones d’ombre, a averti ce mercredi même, le président Tebboune  dans une allocution prononcée à l’ouverture de la rencontre Gouvernement-Walis.

«Des décisions partielles ont été prises (…) pour mettre fin aux fonctions de certains responsables locaux.

Il ne s’agit que d’un début, car nous tiendrons pour responsables tous ceux qui ne parviennent pas à prendre en charge et résoudre les problèmes des citoyens», a affirmé le président de la République. 

Dans ce sens, il s’est dit « ne pas comprendre qu’en 2020 et malgré le mouvement du Hirak béni et toutes les décisions prises par l’Etat pour soulager le quotidien des citoyens, des images horribles, dont se plaignaient les citoyens ces dernières années, demeurent encore ». Il suffirait en effet d’une virée  à une cinquantaine de kms de la capitale seulement, pour se rendre compte que de ce côté de l’Algérie profonde, des populations entières sont en «attente de jours meilleurs».

Farid Houali