Coopération économique algéro-francaise : « loin de tout préjugé et esprit de domination »

Coopération économique algéro-francaise : «loin de tout préjugé et esprit de domination»

«L’épanouissement de la relation ‘‘stratégique approfondie’’ entre l’Algérie et la France est systématiquement entravée, pour des ‘‘raisons’’ obscures, chaque protagoniste paraissant s’évertuer à revendiquer le titre le champion de la maladresse», déclare à Visions Afrique Abderrahmane Mebtoul, Professeur des Universités.

Pour le volet économique, il précise que face aux données du commerce extérieur selon lesquelles la France était en 2019, le 1er client de l’Algérie (14 % du total), «les relations économiques entre l’Algérie et la France, malgré des discours de bonnes intentions, sont loin des attentes entre les deux pays, se limitant essentiellement aux hydrocarbures pour la partie algérienne, les services notamment bancaires, l’agroalimentaire, les produits pharmaceutiques et les produits issus de l’industrie automobile pour la partie française, alors que les potentialités sont énormes». La France dans bon nombre d’affaires en Algérie «est devancée par l’Italie et la Chine, qui prennent des parts de marché de plus en plus importantes».

Enchaînant, l’économiste indique que «dans la pratique de affaires, il n’y a pas de fraternité, de sentiments et l’Algérie doit privilégier uniquement ses intérêts, comme c’est le cas de la France, car les opérateurs – qu’ils soient arabes, algériens chinois, français ou américains – étant mus par la logique du gain, ils iront là où les contraintes sociopolitiques et socio- économiques sont mineures, leur objectif étant de réaliser le profit maximum»

Pour le Pr. Mebtoul, l’attractivité du marché algérien découle de plusieurs avantages comparatifs. Il est entre autres question de la taille du marché intérieur estimée à plus de 44 millions de consommateurs, des richesses naturelles importantes, des ressources humaines, un endettement extérieur inférieur à 6 milliards de dollars…et une dette extérieure faible inférieure à 6 milliards de dollar.

L’économiste précise également que «l’Algérie entend ne pas être considérée sous la vision d’un simple marché et qu’il faille favoriser un partenariat gagnant-gagnant. Et c’est dans ce cadre que doit rentrer la coopération entre l’Algérie et la France, loin de tout préjugé et esprit de domination».

Yacine Bouali