Contribution de Yasmina Houmad : Le 22 février 2019, la cohésion entre le peuple et son armée

Contribution de Yasmina Houmad : Le 22 février 2019, la cohésion entre le peuple et son armée

Le 22 février 2019 est désormais un jalon important dans l’histoire du pays, une date charnière dans le récit national contemporain. Pour l’édification d’un véritable Etat de droit, un Etat démocratique et social, tel qu’exprimé dans la légendaire déclaration de Novembre.

Décrétée l’an dernier, comme la journée nationale de la fraternité et de la cohésion entre le peuple et son armée, l’ANP, la journée ne peut être autrement, et surtout pas que celle que veulent certains trublions malveillants, toujours à l’affût, pour concrétiser leurs funestes desseins et tenter de plonger le pays dans l’incertitude et le chaos.

Des groupes sectaires et malintentionnés sont descendus dans la rue, à l’occasion de la célébration de cette journée, pour s’attaquer impunément à « l’ANP » et aux services de sécurité à coups de slogans creux mais pas si innocents. Curieuse conception de la « lutte politique » de la part de trublions fourbes que de se tromper volontairement et délibérément de cible, de la part de ces agitateurs manipulés, ces factieux ridicules.

« L’opposition » politique, ou supposée se présenter comme telle, même dans cette phase particulière que traverse le pays, est censée s’impliquer pleinement dans le débat sur le projet du nouveau code électoral, notamment à l’orée d’élections législatives et peut être locales, éventuellement critiquer le pouvoir, le gouvernement, les mesures prises par les autorités en place, à charge de convaincre le peuple avec des arguments « persuasifs », dans le cadre du libre débat démocratique, pas de s’attaquer aveuglément aux fondements même d’une nation et d’un Etat moderne, son armée populaire et ses services de sécurité. A quoi bon investir les rues pour lancer des formules stériles, vaines, fausses, mensongères et surtout attentatoires au ciment social d’une nation.

Ces provocateurs, en manque flagrant d’imagination, n’éprouvent apparemment aucune honte et aucune indignité à ressasser et répéter les slogans fades et rebutants d’un trublion patenté et ignare de la Issaba, prédateur invétéré des ressources du pays, aujourd’hui en fuite à l’étranger.

Car le peuple avait découvert qu’il ne s’agissait nullement de l’instauration d’un prétendu « Etat civil », en fait un leurre méprisable pour couvrir et enrober une lutte féroce pour le maintien au pouvoir de la Issaba et casser toute opposition à cette hégémonie tentaculaire qui voulait transformer le pays en un véritable Makhzen.

Ces trublions reviennent désespérément à chaque fois à la charge pour prétendument exposer, au nom du peuple qui ne les a aucunement mandaté, une revendication mensongère et porteuse de risques majeurs au pays, transition et constituante, alors que chacun sait que ces « deux exigences » étaient auparavant curieusement exprimées par un parti, usant de duplicité, qui était le plus fervent avocat de l’ex oligarchie politico-financière sous couvert de défense des travailleurs et des causes ouvrières.

D’autre part, la journée historique ne peut également pas être accaparée et appropriée, sans la moindre honte ou scrupule par les thuriféraires d’hier qui avaient tant tambouriné pour l’ex système vicié, pour son cadre et ses relais corrompus, et qui, aujourd’hui, veulent se refaire une nouvelle virginité politique et sociale en célébrant le 22 février qui a pourtant sonné le glas de leurs « maîtres ».

Ces flagorneurs tartuffes étaient hier les plus zélés adulateurs des auteurs de la rapine et de la prédation des biens de la collectivité nationale, des encenseurs complaisants qui usaient, à chaque occasion et à chaque échéance électorale, de leur clientélisme et de leur népotisme, pour travestir la réalité « politique et sociale » des différentes régions du pays au profit d’un système inique, dévastateur et toxique.

Il faut se rappeler que le peuple avait subitement assisté à une série de revirements spectaculaires des nombreux faux thuriféraires et adulateurs tartuffes de l’ex non encore déchu à l’époque. Voyant le vent tourner, ces individus rejetés et abhorrés pourtant depuis fort longtemps par les citoyens et par les participants aux manifestations, hués, décriés et vilipendés, avaient changé de masque.

Avec effronterie, impudence, indécence et cynisme, ces courtisans sans limite avaient multiplié les déclarations sur les médias, pour tourner casaque et surtout nier complètement leurs choix mensongers. Sur le même plan, la population n’avait cessé de dénoncer et de combattre ces cercles quasi-mafieux, depuis leur émergence.

Des cercles criminels en col blanc qui s’accaparaient des biens de la collectivité en toute impunité, des cercles en col blanc et bleu qui bénéficiaient de colossaux passe-droits et privilèges dans pratiquement dans tous les domaines de la vie économique, avec souvent l’assentiment et/ou le laxisme de certains commis de l’Etat, devenus ou contraints d’être les serviteurs dociles de ces intérêts privés étriqués.

Avec le hirak, protégé et accompagné par l’ANP, le peuple algérien, sans aucune flatterie ou fierté déplacée, avait su contredire, de manière prodigieuse et exceptionnelle cette vieille maxime, tant vantée par des politiciens de tous bords et de nombreux historiens, « la violence est le seul moteur de l’histoire ».

En Algérie, grâce à la conscience politique et à la maturité des manifestants, notamment des jeunes et des moins jeunes, à l’adhésion sans faille de l’ANP aux revendications populaires et à la réserve des forces de sécurité, il en fut autrement, la seule violence constatée fut la colère des manifestants et le contenu des slogans et des pancartes. Deux ans après, de nouveaux défis attendent le pays et la population, le premier à brève échéance, rompre radicale- ment avec l’ex oligarchie et ses « institutions » décrédibilisées.

Yasmina HOUMAD