Contribution de Yasmina Houmad : Absurde

Contribution de Yasmina Houmad : Absurde

Cette année aussi, cela semble être le crépuscule des idées et des innovations pour les programmes de divertissement, séries et émissions, notamment d’humour ou dérision, diffusés par les chaines TV, notamment privées, durant le Ramadhan, rares sont ceux ou celles qui ont pu disposer de véritables scénarios ou de remarquables jeux des acteurs, les autres toujours autant insignifiants que fades.

Selon les premières impressions du public, notamment sur les réseaux sociaux et la vox populi, ils ne sont pas arrivés à susciter le moindre engouement des téléspectateurs, certains pourtant confinés chez eux, en raison de la pandémie. Un flop quasi-général, et des émissions d’une indigence sidérale. La plupart des feuilletons et autres émissions TV concoctées spécialement pour les nuits du mois sacré, sont insipides ou carrément des navets. Certaines séries et émissions, n’ont pas été à la mesure de leur ambition, malgré la présence d’une « pléiade d’acteurs » et de « comédiens confirmés ».

Des scénarios ennuyeux, rébarbatifs avec de longues scènes fastidieuses, avec des séquences de déjà vu. Il semble que cette année les réalisateurs, scénaristes et producteurs soient vraiment à court d’idées et de projets novateurs pour cette période sacrée où les chaines de TV, aussi bien publiques que privées, nationales et étrangères, sont censées attirer normalement les plus grandes audiences.

La qualité a quasiment déserté les plateaux TV et les programmes diffusés cette année encore, en l’absence d’idées, d’originalité, d’innovation et de créativité, et les téléspectateurs, malgré le confinement, rechignent, selon les échos, à regarder des programmes bas de gamme, avec des scènes loufoques ressassées et répétées, jusqu’à en perdre tout saveur, dans des programmes concoctés pourtant avec d’importants budgets. Et, ce qui ne doit pas passer inaperçu, ces prétendues émissions parodiques ou « caméras cachées », dont plusieurs sont grotesques, révoltantes, odieuses ou carrément ternes.. Un humour niais ou nauséabond.

Les préjugés et les stéréotypes restent tenaces avec ce genre d’émissions au raz des caniveaux. Dans une autre série à mourir d’ennui, les pseudo comédiens versent dans un ridicule sidéral, la médiocrité dans tous ses états. Il apparait que ces émissions et séries fonctionnent avec tout ce qu’il y a de plus bête dans la société, le rire faux et hypocrite, la clownerie de bas étage. Une sorte de culture du ricanement, qui prend une ampleur insoupçonnable durant le mois du ramadhan avec la concentration de ces émissions et séries sans niveau. Stupides et qu’on ne peut cacher sous le prétexte de la liberté de création ou d’expression.

Enfin, tout laisse à penser que la médiocrité et la détraction ont pris le dessus cette année encore, et qu’il y un tarissement sidéral des idées et des inspirations. Ressasser des thèmes éculés devenus à la longue lassants, n’attire pas le public, un public disponible et disposé, en raison du confinement, à s’intéresser et à s’attacher davantage à la diffusion des films, séries et émissions pour peu que ces produits audiovisuels fassent preuve d’un minimum de professionnalisme, d’originalité, d’innovation et de la qualité requise.

Il y a aussi les difficultés de nombreux comédiens qui n’arrivent à se départir des personnages qui les ont rendus célèbres, restant cantonnés dans des rôles figés et usés. Pourtant, ils ont, plus que jamais, la possibilité d’affronter de nouveaux défis, en jouant des rôles différents dans d’autres registres.

Il est tout de même surprenant que les producteurs de séries TV et d’émissions de divertissement ne fassent pas appel aux écrivains, romanciers, historiens journalistes humoristes ou aux auteurs du monde de la culture pour fructifier leurs idées et leurs livres en les adaptant à l’écran. Autre constat navrant, les chaines tv ont préféré investir uniquement dans l’humour et la dérision avec des idées préconçues sur le public potentiel qui ne serait attiré que par la légèreté et le grotesque.

 

Yasmina HOUMAD