Conseil des ministres : l’Agence du médicament sous tutelle de l’industrie pharmaceutique

Conseil des ministres : l’Agence du médicament sous tutelle de l’industrie pharmaceutique

Le conseil des ministres qui s’est réuni ce dimanche,  sous la présidence d’Abdelmadjid Tebboune a tranché sur la question de la tutelle de l’Agence du Médicament (ANPP).

Elle est désormais placée sous la tutelle du ministre de l’industrie pharmaceutique, Lotfi Benbahmed

Parmi les missions dévolues à l’Agence nationale des produits pharmaceutiques, créée en vertu du décret exécutif 19-190 correspondant au 3 juillet 2019, il s’agit de l’enregistrement des médicaments, l’homologation des dispositifs médicaux et le contrôle des produits pharmaceutiques.

Elle est appelée, entre autres, à effectuer des expertises et des évaluations, en sus de l’inspection des unités de production et de distribution.

L’Agence sera chargée aussi de prendre ou de demander aux autorités compétentes de prendre les mesures nécessaires visant à préserver la santé publique lorsqu’un produit pharmaceutique ou un dispositif médical présente ou est soupçonné de présenter un danger pour la santé publique,  

Ces missions étaient confiées auparavant au laboratoire national de contrôle des produits pharmaceutiques (LNCPP), dont le personnel a été intégré à l’ANPP nouvellement créée.

Couper court…..

Le passage « officiel » de l’ANPP sous la tutelle du département de l’Industrie pharmaceutique, tranché par le président de la République  vient mettre un terme à une polémique qui enfle depuis que ce changement de tutelle a été annoncé.

Réagissant à cette polémique,  Lotfi Benbahmed, avait tout fait afin de « calmer » le jeu  en affirmant le 25 du mois en cours que « la politique du Gouvernement est une et indivisible et s’exerce sous l’autorité et en application du programme du président de la République et elle est appliquée et coordonnée par le Premier ministre. Donc à la base, il n’y a pas de conflits entre les ministères», précisant qu’«un ministère n’est pas une entreprise mais représente l’Etat».

Lotfi Benbahmed, avait de la sorte, répondu à des syndicats du secteur, des experts et des professeurs de médecine qui se sont « révoltés » quant au placement de l’ANPP sous tutelle du ministère de l’industrie pharmaceutique. Ils sont allés jusqu’à affirmer, dans une lettre ouverte au président de la  République, que le secteur pharmaceutique est «indissociable des missions et attributions du ministère de la Santé», estimant que «si l’Agence venait à être placée sous la tutelle de l’Industrie, elle serait directement ou indirectement en situation de dépendance vis-à-vis des firmes pharmaceutiques, et ce, avec induction systématique de conflits d’intérêts inévitables qui vont miner et corrompre notre système de santé».

On ne saura peut être jamais quelle mouche les aurait piqués.

Pourtant, Lotfi Benbahmed, avait été l’un des rares à dire carte sur table que l’ANPP manquait, non seulement de  moyens mais qui « n’a aucune existence de fait parce qu’elle elle n’a, à ce jour, pas été dotée de textes réglementaires ni de moyens propres à lui permettre d’assumer ses missions de régulation ».

« Aujourd’hui, il y a des centaines et des centaines de dossiers qui parviennent à cette agence pour être enregistrés, mais qui, faute de moyens, n’est pas à même de les prendre en charge », a-t-il relevé dans ce sens lors de son intervention dernièrement sur les ondes de la chaîne III.  Ce sont assurément les même propos du ministre qui assurait que le Plan d’urgence adopté en faveur de cette branche d’activité allait  permettre de lever les nombreux obstacles dont elle a été l’objet de longues années durant, de la part «d’oligarques », avec comme résultat, « les blocages de la production de dizaines d’entreprises » qui dérangent.   Mais la vérité finit toujours par éclater…..par triompher. 

M.M.H

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