Conflit armé au Sahara Occidental : Les raisons de l’omerta marocaine

A soldier holds the Algerian flag as a United Nations helicopter files over the Smara refugees camp near Tindouf, south-western Algeria, Saturday, March 5, 2016. Ban Ki-moon will meet with leaders of the Polisario Front, the organization disputing sovereignty over Western Sahara with Morocco, in the hope to help solving a 40-year conflict. (AP Photo/Toufik Doudou)

 Conflit armé au Sahara Occidental : Les raisons de l’omerta marocaine

Le Secrétaire général (SG) du ministère de la Sécurité et de la Documentation sahraoui, Sidi Oukal a indiqué que le peuple sahraoui était mû par un seul objectif, à savoir étendre sa souveraineté sur la totalité de ses territoires, affirmant que le Maroc tenait secret la guerre au Sahara occidental, car «la reconnaitre serait admettre l’existence d’une partie adverse».

Invité à l’émission «rencontre spéciale» (Likaa khas) sur la chaîne algérienne TV3, M. Oukal a expliqué que le Maroc tenait secret les batailles menées sur le terrain, car «reconnaître la  guerre serait reconnaître le Sahara occidental, et admettre toutes les incidences juridiques et économiques y afférentes».

Depuis la violation du cessez-le-feu, le 13 novembre dernier, «la guerre se déroule au quotidien tout au long du mur de la honte, où plus de 300 offensives militaires ont été recensées, et c’est une réalité en constante progression», a-t-il souligné. L’armée de libération sahraouie a recours à tous les moyens légaux pour atteindre son objectif, «en menant un combat armé, fondement du recouvrement de notre droit», a-t-il estimé.

De surcroît, l’armée sahraouie adopte une guerre d’usure compte tenu du déséquilibre des forces, et ce serait également «une guerre populaire sous-tendant guerre des nerfs et guerre classique», a soutenu M. Oukal, indiquant que la guerre d’usure «se focalise sur le facteur humain et a pour objectif l’amoindrissement des forces ennemies».

Evoquant les pertes enregistrées dans les rangs de l’armée de l’occupant, le responsable sahraoui explique que «l’armée marocaine, étant dans une position statique, constitue des cibles fixes, et les pertes sont d’ordre plutôt psychologique, facteur important d’ailleurs, ajouté aux bombardements jour et nuit causant des pertes humaines et matérielles dans les bases militaires du Makhzen».

De son côté, le chargé du Secrétariat du Front Polisario, Khatri Addouh a affirmé que le Tweet du président américain sortant, Donald Trump, reconnaissant au Maroc une prétendue souveraineté sur le Sahara occidental n’aura pas de conséquences juridiques et ne peut, selon lui, influencer les positions internationales.

Il a en outre écarté la possibilité de changer la nature juridique de la question sahraouie, expliquant que «l’objectif de la déclaration de Trump est la normalisation ouverte et officielle du régime marocain avec l’entité sioniste, d’autant plus que le Secrétaire général des Nations Unies a souligné que la cause sahraouie est toujours une question de décolonisation et d’autodétermination, en faveur de laquelle toutes les organisations ont exprimé leurs positions de solidarité».

Le responsable sahraoui a également évoqué la réunion qu’a tenue récemment le Conseil de sécurité à la demande de l’Allemagne, indiquant qu’il «s’agissait d’une session de consultations, où il y avait consensus sur la nature juridique de la question sahraouie, comme cadre pour le règlement du conflit entre le peuple sahraoui dirigé par le Front Polisario et le Maroc».

Addouh a en outre rappelé le dernier sommet africain, tenu en décembre dernier, où l’accent a été mis sur l’impératif respect de l’acte constitutif de l’Union africaine (UA) et de régler le différend entre les deux Etats membres de cette organisation.

«Faire taire les armes n’est plus à l’ordre du jour après la violation marocaine de l’accord de cessez-le-feu», a-t-il dit, relevant la nécessité d’amener le Maroc à respecter le droit international et les principes de l’organisation panafricaine.

A.O