Ecoles privées ou privées d’école ?

 Une commission d’enquête mixte Education-commerce se penche enfin dessus

Ecoles privées ou privées d’école ?

Le statut d’écoles privées en Algérie a grandement besoin de faire son lifting et de rendre à César ce qui lui appartient.

En effet, sous le cachet combien éloquent avec ce que cela comporte comme attributs et avantages, les propriétaires de ces établissements n’en font en fait qu’un tiroir-caisse prêt à déplumer les parents d’élève.

A cet effet, le ministère de l’Education a enfin décidé de tendre l’oreille aux cris de colère des parents d’élèves  qui n’ont cessé de dénoncer depuis des semaines  le comportement mercantile, voire mercenaire  de certains  directeurs  et directrices d’écoles privées qui exigent le paiement  rubis sur ongle du troisième trimestre, alors que les cours ont cessé depuis  le  12  mars, suite à la décision des autorités de fermer les écoles, pour cause de crise sanitaire. Dans un communiqué rendu public dimanche, le ministère de l’Education a décidé, en effet,  de mettre en place « une commission d’enquête, après avoir reçu des organisations  des parents d’élèves  des réclamations  dénonçant des pratiques arbitraires et abusives », précise le communiqué.

 

Cette commission mixte, ministère Education/Ministère du Commerce est mise en place avec pour mission de « vérifier les conditions pédagogiques et commerciales »  dans lesquelles se   déroulent les  enseignements dans ces écoles privées dont les propriétaires, parfois étrangers à l’Education, ne sont animés que par le souci du gain facile, loin des considérations pédagogiques et éducatives  qui sont la vocation première de l’Ecole.

Il faut se féliciter  de la décision des autorités de mettre en place cette commission mixte , même tardivement, afin de voir de plus  près cette scabreuse affaire de versement exigé aux parents d’élèves pour un troisième trimestre qui n’a jamais eu lieu ; mais  il est plus que jamais souhaitable qu’elle(la commission) puisse poursuivre son travail pour investiguer en profondeur sur ces écoles privées, devenues,(hélas !) synonyme de mercenariat où les notes des élèves se vendent aux plus offrant des parents. Pire que la vente des notes qui est de notoriété publique, dans un pays frappé de déliquescence morale généralisée, les personnels enseignants et administratifs, non seulement ne  sont pas déclarés à la Sécurité sociale, comme exige la loi, mais ils sont soumis  souvent  à des volumes horaires  abusifs, bien au-delà des normes  fixées  par  le ministère de l’Education, sans bénéficie pour autant des  d’heures supplémentaires, ce qui est un droit.

Nous y reviendrons avec un reportage détaillé sur les tenants et les aboutissants de cette catégorie d’écoles qui se rapprochent davantage des tiroir-caisses que d’établissement soucieux de l’éducation de nos enfants

Ferhat Zafane