Centrale nucléaire de Fukushima : Dix ans après les ravages du tsunami

Centrale nucléaire de Fukushima : Dix ans après les ravages du tsunami

11 mars 2011, 15h27. L’océan commence à frapper l’enceinte de la centrale nucléaire. Une première vague d’environ 4 mètres de haut s’écrase contre la digue. Mais, dix minutes plus tard, c’est une vague de quelque 15 mètres de haut qui déferle sur Fukushima Daiichi.

Les portes des bâtiments turbines ne sont pas étanches : les groupes électrogènes, les compteurs électriques et les batteries sont noyés. Des véhicules et des gravats jonchent les routes. Deux opérateurs qui étaient allés surveiller les machines au sous-sol du bâtiment du réacteur 4 meurent noyés.

Pendant quatre jours et quatre nuits, en mars 2011, des centaines d’ouvriers ont tenté, parfois au péril de leur vie, de contenir les dégâts du séisme et du tsunami qui ont détruit la centrale nucléaire japonaise.

«Les secousses sont devenues de plus en plus violentes. Je ne pouvais plus tenir debout.» Il est 14h46 au Japon, le 11 mars 2011, quand Masao Yoshida, directeur de la centrale de Fukushima Daiichi, est surpris par un tremblement de terre, rappellent plusieurs medias ce lundi 08 mars, dix ans après la catastrophe.

Dans son bureau, les étagères valdinguent, le téléviseur se renverse et les faux plafonds s’écroulent. Le séisme le plus violent jamais enregistré dans l’archipel vient de frapper à quelques centaines de kilomètres de là.

Le point de départ de la plus grave catastrophe nucléaire depuis Tchernobyl, en 1986.

L’horreur….

«Je me tenais à mon bureau, je voulais me glisser dessous, mais je ne pouvais que rester accroché, debout», poursuit Masao Yoshida lors d’une audition devant une commission d’enquête, quelques mois après la catastrophe. Fraîchement nommé à la tête de la centrale, cet ingénieur de 46 ans va diriger les opérations tout au long du désastre.

Ce vendredi après-midi, pas moins de 6 400 personnes travaillent sur le site, situé au bord de l’océan Pacifique. Les trois premiers réacteurs fonctionnent à pleine puissance. Les trois autres sont arrêtés pour des opérations de maintenance.

«J’ai regardé par la fenêtre et j’ai vu des voitures rebondir de haut en bas par la seule force du séisme», raconte au Guardian un ingénieur qui se trouvait dans un autre bâtiment de cette grande usine comme une petite ville.

En quelques minutes, des centaines d’employés se retrouvent dans l’immeuble antisismique tout proche, sur les hauteurs de la centrale, où une cellule de crise a été constituée. Parmi eux, Kenji Tada. Ce salarié était en train d’inspecter des tuyaux dans le réacteur 4 au moment du séisme. Il a réussi à s’agripper à des canalisations et à sortir par une porte de secours. Arrivé près de la cellule de crise, il n’observe ni panique apparente ni cris. «J’ai trouvé ça dingue», confie-t-il au Wall Street Journal.

11 mars 2011, 19h03. Après avoir pris connaissance des nouvelles préoccupantes en provenance de Fukushima, le Premier ministre, Naoto Kan, déclare l’état d’urgence nucléaire.

Deux heures plus tard, le gouvernement donne l’ordre d’évacuer les 6 000 habitants situés dans un rayon de 3 km autour de la centrale.

Un gigantesque chantier

Dix ans après le séisme de magnitude 9 et le tsunami qui a touché le Japon le 11 mars 2011, l’assainissement de la centrale nucléaire de Fukushima se poursuit.

Dans un article publié dans Science, on apprend que Tepco, propriétaire de la centrale nucléaire de Fukushima Daiichi, a estimé que trente ans seront nécessaires pour l’assainir.

Ces travaux importants comprennent l’élimination du combustible intact, la récupération de celui qui a fondu, le démantèlement des réacteurs et l’élimination de l’eau contaminée.

Dès 2022, les travailleurs testeront un bras mécanique télécommandé pour récupérer de petites quantités de débris de combustible que l’on pense se trouver au fond d’un des réacteurs. Les travaux d’assainissement sont estimés à 76 milliards de dollars.

Pour mémoire, la centrale a été construite en dix ans et a coûté 2,2 milliards.

A.O