Catastrophes naturelles : Quand l’application des textes de loi fait défaut

Catastrophes naturelles : Quand l’application des textes de loi fait défaut

La  vulnérabilité de nos  villes et cités face aux risques majeurs et autres catastrophes naturelles, « est due à la concentration et la reconstruction anarchique des grandes villes»,  et au grand «nombre de vielles bâtisses et à l’empiètement sur le périmètre de protection des infrastructures sensibles  ainsi qu’aux « constructions anarchiques sur les rives des Oueds», outre « le manque ou l’absence d’assurances contre ces catastrophes ».

C’est là, le constat établis par le ministre de l’Intérieur, des Collectivités  locales et de l’Aménagement du territoire.

A ce titre, Kamel Beldjoud qui intervenait ce samedi, à l’ouverture des travaux de la conférence nationale sur la stratégie nationale de prévention et de gestion des risques majeurs  a indiqué que les expériences précédentes et les  différentes évaluations ont relevé l’existence de «points faibles et de  grandes insuffisances» en matière de lutte contre les risques majeurs et de  gestion des catastrophes, dont la résolution s’est limitée à «l’intervention pour la prise en charge des effets alors qu’il est impératif, dans le cadre de la politique relative aux risques majeurs, d’introduire la prévention et l’anticipation comme deux axes essentiels, suivies de l’intervention et de la prise en charge des conséquences pour un retour à la normale».

Cette situation, estime-t-il, est également due au «manque de la coordination intersectorielle, de l’action commune et de l’association des différents acteurs dans l’organisation des opérations de lutte contre les catastrophes», à l’absence d’adaptation des moyens de lutte contre les risques majeurs et aux interventions anarchiques ainsi qu’à l’absence des plans d’exécution.

Rappelant que la loi du 25 décembre 2004 relative à la prévention des risques majeurs prévoyait 30 textes d’application, M. Beldjoud a indiqué que seulement 4 décrets exécutifs avaient été promulgués, 26 textes d’application n’ayant pas vu le jour en raison de l’absence de détermination des délais d’exécution, des responsabilités et des parties concernées.

Cette situation a donné lieu à une «absence de prise en charge optimale des risques majeurs au niveau des plans de développement locaux», a-t-il ajouté.

Soulignant l’impératif de remédier à cette situation à la faveur de la nouvelle stratégie, en cours de préparation, le ministre de l’Intérieur a appelé à la nécessité de mettre un terme aux «avis divergents et aux débats stériles», en œuvrant dans le cadre d’un véritable partenariat pour la préparation des axes de cette nouvelle stratégie.

Cette stratégie doit avoir pour objectifs «la révision du concept des risques, dans tous leurs dimension, leur traitement optimal, et le développement d’une information préventive», tout en veillant à prendre les risques en ligne de compte dans le politique de développement, au double plan local et national, a ajouté Kamel Beldjoud.

Le ministre de l’Intérieur a également appelé au «renforcement» de l’arsenal juridique et de la base institutionnelle dans ce domaine, tout en veillant à l’adapter aux spécificités nationales, à lever les obstacles, et à faciliter la gestion.

M.M.H