Assassinat de Sidi Brahim Ould Sidati : L’Algérie condamne « un crime odieux »

Assassinat de Sidi Brahim Ould Sidati : L’Algérie condamne « un crime odieux »

L’Algérie a condamné ce mercredi, « avec la plus grande fermeté le crime odieux » perpétré à l’encontre de la personne de Sidi Brahim Ould Sidati, homme de consensus, qui a joué un rôle clé et déterminant dans les négociations et la mise en œuvre de l’Accord pour la Paix et la Réconciliation issu du Processus d’Alger.

« Ce crime constitue une tentative de sabordage du processus en cours de consolidation des Institutions du Mali, en cette période de transition et des efforts consentis pour la mise en œuvre de l’accord de paix et la préservation de l’unité de ce pays frère », lit-on en effet dans un communiqué du département des Affaires étrangères parvenu à notre rédaction.

En cette pénible circonstance, l’Algérie présente ses sincères condoléances à la famille du défunt et réaffirme son appui indéfectible à la mise en œuvre de l’Accord pour la Paix et la Réconciliation qui demeure le cadre idoine pour la consolidation du retour définitif et durable de la stabilité au Mali, pays voisin avec lequel notre pays entretient des relations séculaires de fraternité, de solidarité et de bon voisinage.

L’Algérie a par ailleurs, appelé, «  à la mobilisation de tous les moyens nécessaires pour arrêter et traduire en justice les auteurs de ce crime impardonnable, et dévoiler leurs soutiens extérieurs dont les desseins sont contrariés par les efforts de stabilisation du Mali frère et sa volonté d’une transition apaisée, porteuse de perspectives prometteuses ».

Qui cherche à  saper les efforts de l’Algérie dans le règlement de la crise malienne ?

Au Mali, le président de la Coordination des mouvements de l’Azawad (CMA), une coalition d’anciens mouvements rebelles du Nord, a été assassiné mardi 13 avril dans la matinée. Sidi Brahim Ould Sidati a été tué par balles près de son domicile à Bamako par deux hommes encore non identifiés.

Le choc est encore grand au surlendemain de l’assassinat de Sidi Brahim Ould Sidati. Devenu président de la CMA, il était déjà secrétaire général du Mouvement arabe de l’Azawad (MAA), membre de la coalition.

Il était natif de Ber, dans la région de Tombouctou où il a été enseignant plusieurs années. Sidi Brahim Ould Sidati s’est très vite investi dans sa communauté. Il a travaillé pour plusieurs ONG, notamment dans le secteur de l’élevage. « Ce travail d’animateur auprès des communautés l’a crédité d’une grande estime dans la région », confie un proche du président de la CMA, cité par des médias. Cette estime qui lui permettra de devenir maire de Ber en 2009.

Sidi Brahim Ould Sidati, s’est vite engagé pour la cause de l’Azawad. En 2012, il fonde le MAA. Le mouvement combattra les forces maliennes pour l’indépendance du nord du pays.

En 2015, avec d’autres mouvements, le MAA signe l’accord de paix d’Alger qui mettra un terme au conflit. Sidi Brahim Ould Sidati lui-même paraphe le document.

Depuis lors, il menait la délégation de la CMA qui négociait les termes de sa mise en œuvre. Sidi Brahim Ould Sidati a participé à tous les rounds de négociations depuis 2015. « Dès le début, il s’est investi dans la quête de la paix, ajoute Mohamed el-Maouloud Ramadane, porte-parole de la CMA. Aujourd’hui, nous sommes inquiets, car cette paix est fragile au Mali, un rien peut la déstabiliser », rappellent plusieurs médias.

Mardi après-midi, les autres parties de l’accord ont réagi à l’assassinat de Sidi Brahim Ould Sidati. Dans un communiqué, la médiation internationale a fait part de « sa consternation ». La Plateforme, autre coalition d’anciens mouvements rebelles du Nord, a « condamné ce crime abominable de nature à perturber la paix ».

Tous ont demandé une enquête immédiate et sérieuse, ce qu’a promis le Premier ministre de la Transition, Moctar Ouane.

M.M.H