Ammar Belhimer : « L’Algérie a réussi à sortir avec force et détermination d’une situation cataclysmique »

Ammar Belhimer : « L’Algérie a réussi à sortir avec force et détermination d’une situation cataclysmique »

Dans quelques jours, le 22 du mois en cours, l’Algérie célébrera le deuxième anniversaire du mouvement populaire El Hirak.

Pour le ministre de la  Communication, porte-parole du Gouvernement,  le 22 février est inscrit dans la mémoire collective et le droit algérien comme Journée nationale de la fraternité et de la collusion entre le peuple et son armée pour la démocratie».

« En prenant cette décision, il y a un an, à l’occasion du premier anniversaire du Hirak béni, le président de la République précisait que cette décision était un acquis pour le peuple et le militantisme pacifique dans notre pays», a en effet affirmé Ammar dans un entretien au quotidien le Soir d’Algérie, dans sa livraison de ce samedi, relevant un peu plus loin qu’il y a désormais un «Hirak historique», originel, d’une part  et un «néo-Hirak», d’autre part.

« Grâce à sa convergence initiale avec l’Armée nationale populaire (ANP), qui l’a protégé et accompagné, le Hirak originel a permis de mettre un terme à ce qui avait fait de nous la risée du monde : un Président impotent, cacochyme, instrumentalisé comme couverture par des réseaux transvasant d’accaparement et de transfert des ressources nationales. Sage, intelligent et généreux, porté par les voix de la raison qui se sont imposées dans le pays et parmi la diaspora, il a observé une trêve sanitaire et de raison qui a rendu possible le lancement des premiers chantiers d’une réforme structurelle globale », explique le ministre de al Communication.

« A l’origine, le Hirak est transpartisan, transcourant et transgénérationnel, avec une vocation citoyenne, patriotique, démocratique et plurielle avérée », a-t-il soutenu car il avait (le mouvement populaire) à cœur d’associer les revendications politiques et socio-économiques légitimes avec les impératifs de l’ordre public, de la stabilité et de la souveraineté nationale, hors de toute ingérence étrangère au nom des révolutions colorées et des logiciels, ou des «biais» transitionnels et constituants éculés.

Abordant le devenir du Hirak, le porte-parole du Gouvernement affirme que la voix de la lucidité citoyenne et de la raison patriotique mesurent la particularité d’un contexte aussi complexe que périlleux et ne trouvent aucune raison d’être aux manifestations de rue.

« L’état d’urgence sanitaire et l’ouverture du champ associatif autorisent la mise en place de contre-pouvoirs dans un cadre participatif, rendu possible par un regain de libertés individuelles et collectives ordonnées par la nouvelle Constitution de façon à prendre corps sur le terrain », a-t-il soutenu. Pour lui, il convient d’adapter l’offre de gouvernance et les cadres institutionnels à une demande, large et profonde de libertés, de justice, de progrès et d’égalité.

« L’efficacité de la norme et des cadres institutionnels en place réside dans l’adaptation, l’ajustement continu du contenant qu’elles représentent au contenu incarné par le développement de la demande légitime croissante de libertés, de contrôles, de contre-pouvoirs. Cela fait partie intégrante de l’ingénierie juridique qui exige que les lois jouissent d’une bonne réceptivité sociale et qu’elles soient observées par consentement, plus que par contrainte », a insisté Ammar Belhimer.

Le Gouvernement, une année après….

Interrogé quant au bilan du Gouvernement, une année après les prises de fonctions, le ministre de la Communication a rappelé que le modèle de développement multisectoriel et synchronisé qui se met progressivement en place se veut apaisant, inclusif et résilient, d’une part ; continu et cumulatif, d’autre part.

« Il convient de rompre avec l’exclusion, de donner une seconde chance à ceux qui sont tombés, de faire preuve d’assiduité dans la conduite des opérations et de mettre à profit les solidarités et les expériences intergénérationnelles », a-t-il soutenu.

Dans le même contexte, le ministre de la Communication assure que la situation sociopolitique du pays a connu une nette amélioration sur plusieurs plans, même si l’année 2020, marquée par une pandémie mortelle et une récession économique mondiale doublée d’une chute drastique du prix du brut, ne peut être un paramètre propre à notre pays.

« Sur le plan de la légitimité, l’Algérie a réussi à sortir avec force et détermination d’une situation cataclysmique, durant laquelle le pouvoir était entre les mains de forces occultes et anticonstitutionnelles, plusieurs années durant, pour recouvrer une situation de légitimité, et ce, au lendemain de l’élection du président de la République, Monsieur Abdelmadjid Tebboune, par le peuple », a-t-il relevé.

L’autre progrès réside, selon le porte-parole du Gouvernement,  dans le renforcement de la confiance existant entre le peuple algérien et les institutions de son Etat, en particulier la présidence de la République et l’Armée nationale populaire (ANP). Cela a permis une consolidation du « front intérieur » que seuls les aveuglés par la haine qu’ils vouent à l’Algérie osent nier.

Enfin, l’amendement de la Constitution, le débat qu’il a suscité et son référendum dans d’excellentes conditions, fut un défi remporté par le peuple algérien et son Président.

Un champ médiatique en « ruine ».

A la tête du département de la Communication, cela fait une  année, Ammar Belhimer, est catégorique : Selon lui, assainir un champ ruiné et miné exige à la fois du temps et de la persévérance.

« Nous continuons à travailler pour une amélioration de la situation du secteur de la communication qui a été, durant longtemps, rongé par les intrus et les affairistes », a-t-il dit à ce propos.

Notre plus grande réussite, a soutenu le ministre, c’est d’avoir établi un lien direct avec les médias sans aucune bureaucratie, car notre but premier, c’est de fédérer tous les efforts et les bonnes volontés pour parvenir à une presse nationale professionnelle et citoyenne dans le respect de la loi et de l’éthique.

« Tout le long de l’année 2020, nous n’avons pas cessé de communiquer avec nos journalistes via des entretiens (écrits et audiovisuels), des communiqués, des conférences… pour sensibiliser sur l’urgence de remettre la profession journalistique sur les rails et mettre en garde contre les pratiques anti professionnelles qui l’entachent », a-t-il fait savoir.

Notant que plusieurs « objectifs fixés dans notre plan d’action ont été atteints », le ministre a  rappelé dans le même contexte, qu’un arrêté régissant la presse électronique a vu le jour et est désormais en vigueur, alors qu’un cahier des charges, fixant les conditions d’octroi de la publicité publique, est mis en œuvre depuis janvier 2021.

D’autres cadres juridiques comme celui relatif à la publicité (l’activité) ou le sondage, ainsi que la mise à jour des statuts de TDA pour la commercialisation des produits offerts par Alcomsat1 sont à un stade d’élaboration bien avancé.

« Cependant, le grand chantier du secteur de la communication durant l’année 2021 sera l’amendement de la loi organique n° 12-05 du 18 Safar 1433 correspondant au 12 janvier 2012 relative à l’information dans le but de l’arrimer à la nouvelle Constitution », a-t-il estimé.

L’article 54 qui «consacre le principe de liberté de la presse en détaillant les composantes de cette liberté, stipule le droit à la création de chaînes télévisées, de sites et journaux électroniques, interdit le discours de discrimination et de haine». Un article en vertu duquel, «aucune activité de journaliste ne saurait être arrêtée sans décision judiciaire», selon le ministre.

Cet amendement, qui se fera de façon collective et inclusive avec la participation de l’ensemble des acteurs du secteur, nous permettra enfin de créer un Conseil national de la presse écrite au lieu d’une Autorité de régulation, tel que stipulé dans ladite loi, et qui n’existe nulle part au monde.

Synthèse Dj. Am