Abdessalam al-Rajih, directeur du Centre d’études libyen : « l’approche algérienne est une référence »

Abdessalam al-Rajih, directeur du Centre d’études libyen : « l’approche algérienne est une référence »

L’approche algérienne se veut la principale référence pour le règlement de la crise libyenne, notamment en ce qui concerne le dialogue politique inter-libyen sous l’égide de l’ONU, à même de permettre l’édification d’institutions légitimes et unifiées à la faveur d’élections régulières et transparentes qui mèneraient la Libye à bon port, ont estimé des experts politiques libyens. 

Le directeur du Centre d’études libyen « Astrolabe », Abdessalam al-Rajihi a salué, dans une déclaration à l’APS, le rôle « distingué et sage » de l’Algérie dans la résolution de la crise libyenne ainsi que ses interventions « positives » en faveur du peuple libyen, affirmant que « l’approche algérienne qui prône la tenue d’élections et l’instauration d’institutions légitimes dans ce pays voisin, constitue la base de la résolution de la crise libyenne ». 

Dans ce sens, il a rappelé que le Président de la République, M. Abdelmadjid Tebboune, avait mis l’accent sur l’impératif d’aller vers des élections en Libye, ce qui représente, a souligné le même expert, « la véritable revendication du peuple libyen ». Saluant la position positive de l’Algérie dans son interaction avec la crise libyenne, l’expert libyen a soutenu que l’Algérie n’était « pas intervenue de façon négative portant atteinte aux intérêts et la souveraineté du peuple libyen et l’unité de son pays, contrairement à certains Etats qui envoyaient des armes à des mercenaires pour attiser les tensions entre les parties au conflit ». « L’Algérie a tendu sa main aux Libyens, apporté son assistance dans la mesure du possible et œuvré de son mieux à écarter les interventions militaires étrangères, en soutenant une solution politique réunissant les belligérants libyens pour faire cesser les hostilités », a-t-il relevé, soulignant que « le peuple libyen n’oubliera jamais le soutien de l’Algérie durant cette épreuve ». 

Pour sa part, l’expert en questions stratégiques libyennes, Mahmoud Ismail al-Remli, a qualifié « l’approche algérienne de référence du règlement de la crise libyenne », estimant que « l’élection d’institutions légitimes et le référendum sur la Constitution constitueraient la solution à même de garantir la souveraineté et l’intégrité territoriale de la Libye ». « L’Algérie, qui est liée à la Libye sur les plans géographique, politique et culturel, porte une vision contenant plusieurs aspects de la résolution de la crise libyenne.

Il sera important de réaliser que la véritable solution applicable doit être basée sur les constantes du peuple libyen », a-t-il dit, ajoutant que « l’unique solution à la naissance d’institutions jouissant de la légitimité auprès des Libyens est de voter une Constitution avec l’aide de la communauté internationale, notamment les pays du voisinage, en tête desquels l’Algérie ». Rappelant les efforts « palpables » de l’Algérie afin d’accélérer la résolution de la crise libyenne, qui menace, a-t-il dit, « la sécurité et la stabilité de la région toute entière », le même intervenant a fait savoir que « plusieurs problèmes dont souffre la Libye proviennent de l’étranger et plusieurs pays règlent leurs comptes personnels sur les territoires libyens au détriment du peuple libyen ».  

Concernant le Forum de dialogue politique inter-libyen prévu le 9 novembre en cours, le même responsable a affirmé que « la revendication de la majorité du peuple libyen, selon les sondages d’opinion, consiste en l’organisation d’élections régulières et transparentes à même de mettre terme à la période de transition, d’où l’impératif pour tout un chacun d’œuvrer à sa mise en œuvre ». « Je crois que la Mission d’appui des Nations unies en Libye (MANUL) devra procéder à la mise en œuvre de la revendication du peuple libyen pour organiser des élections, préconisées par l’Algérie qui est connue pour son soutien à l’approche du peuple libyen », a-t-il poursuivi, soulignant que la mission onusienne « évoquait, au début, une restructuration de l’exécutif et la répartition du pouvoir dans le processus de dialogue politique ». Il a souligné, à cet égard, que l’accord de cessez-le-feu est « le début de la résolution de la crise, car la crise libyenne est épineuse et un accord entre les militaires des deux parties au conflit n’est pas suffisant pour la régler définitivement », affirmant que la crise libyenne est devenue « très complexe » car « avant 2019 l’intervention étrangère en Libye était politique et médiatique, mais aujourd’hui, l’intervention étrangère est militaire, c’est-à-dire avec des armes, du matériel militaire et des mercenaires par milliers ».

R.N.